Ça plus ça plus ça, 15

Publié le par Louis Racine

Ça plus ça plus ça, 15

 

J’ignore si c’est la faim, la colère ou les deux, mais j’étais en verve. Je me suis incliné devant la fille malgré ma jambe raide et je lui ai débité en grec les premiers vers du discours d’Ulysse à Nausicaa au chant VI de l’Odyssée ; chez Bérard, ça donne : « Je suis à tes genoux, ô reine ! que tu sois ou déesse ou mortelle ! Déesse, chez les dieux, maîtres des champs du ciel, tu dois être Artémis, la fille du grand Zeus : la taille, la beauté et l’allure, c’est elle !... » Du coup, je me suis rendu compte d’un truc évident et qui pourtant m’avait échappé, c’est qu’il est plus facile de toucher les genoux de quelqu’un de grand. Rémi m’avait expliqué la signification de ce geste du héros. Il ne m’avait pas dit qu’à la limite, la déclaration d’Ulysse a un petit côté marrant qui n’est pas pour déplaire à Nausicaa. Mais la fille ça ne l’a pas du tout amusée, on sentait que ce n’était pas sa taille qui lui faisait regarder les gens de haut, j’ai connu assez de géants respectueux voire humbles pour vous le garantir et les nabots hautains sont monnaie courante, bref, elle s’est détournée vers Félix qu’apparemment elle avait à la bonne, un peu moins peut-être maintenant du fait de ses fréquentations, mais bon, elle lui laissait sa chance, saurait-il se justifier de s’être encombré d’un tel déchet, à moins que le mieux ne fût pas d’en faire abstraction pour parler d’autre chose, notez au passage que Félix à la différence de Rémi et même, comme je devais l’apprendre plus tard, de son grand ami Marc, ne connaissait pas le grec, il étudiait seulement le latin, pour ce qui est de la fille ça n’eût sans doute rien changé à son décret, déchet je restais et resterais, si du moins elle ne m’effaçait pas purement et simplement de sa conscience. Eh bien ! croyez-moi ou pas, je suis remonté au créneau. Puisque mon intuition m’avait révélé non seulement son identité – sinon son nom (d’ailleurs, après l’avoir appris, j’ai continué à l’appeler Caroline) – mais aussi l’objet de son discours, je l’ai complimentée sur son carrosse.

« Tu es donc, j’ai fait, l’heureuse propriétaire de ce somptueux cabriolet ? »

C’était aggraver mon cas. Lui parler de sa caisse ou en lâcher une, l’effet était le même.

Félix a fait les présentations comme si de rien n’était, et la fille m’a tendu une main aussi avenante que celle d’un éboueur au travail. Pour son nom, vous l’avez compris, j’ai décidé de vous le laisser attendre. Pas plus d’intérêt qu’elle. D’un bon milieu pourtant. Papa était ambassadeur de je ne sais plus quel pays, marié à une Française, une ex-miss, fifille suivait vaguement des études de quelque chose à Paris et fréquentait entre deux beuveries ou pour une troisième le Centre américain, où Félix et elle s’étaient rencontrés.

Me désintéressant d’elle, et sans Félix pour me cornaquer vu qu’il n’en avait que pour sa copine manifestement nouvelle en ce lieu (je ne l’étais pas moins, mais je comprenais qu’il jugeât plus nécessaire que pour moi de présider à cette première rencontre), j’allais de l’un à l’autre de ces brillants sujets pour m’introduire moi-même et commencer à me forger une opinion sur chacun d’eux, bien que je ne me fisse guère d’illusions à ce sujet, mais vous connaissez mon dégoût des préjugés, il est assez normal que les miens parfois n’y échappent pas. Lesquels en l’occurrence, à mesure que je progressais dans mes investigations, se transformaient tous en certitudes, jusqu’à ce summum, quand une espèce de roquet qui venait sans que je lui demande rien de se déclarer partisan inconditionnel de l’action violente contre toute forme d’oppression s’est découvert avec la fille de l’ambassadeur des amis communs, pas des copains de bistrot, vous pensez bien. J’assistais incrédule à ce miracle, quêtant dans l’œil de Félix un minimum de complicité, que dalle.

Ce n’est pas possible, me disais-je, il ne se trouve pas un de ces révoltés pour être issu de la classe ouvrière ou pour ne pas s’en cacher – mais pourquoi ? Celui dont les origines étaient les plus modestes avait pour parents, je l’ai su plus tard, des instituteurs radicaux-socialistes du Tarn. Il avait réussi à se débarrasser presque complètement de son accent méridional et parsemait son discours d’expressions argotiques ou populaires. Ça n’ôtait évidemment rien à la sincérité de son action, mais au cours du repas j’ai suggéré (sans la moindre malice ; j’avais décidé de me tenir à carreau) que nous (oui, je disais nous, je m’en expliquerai dans un instant) allions travailler et militer en usine (Rémi m’avait parlé des « établis »), et c’est lui qui a réagi le premier.

« Tu rigoles ? Se coller un patron sur le dos ! »

Ce qui a secoué de rire toute la compagnie, en particulier un étudiant en médecine affublé d’un bleu de travail qui lui donnait l’air d’un prolo comme une mitre à un âne celui d’un évêque. Remarquez, avec une blouse blanche il aurait fait davantage garçon boucher qu’interne. Débrouillez-vous avec ces éléments, moi je vois très bien, j’y étais.

Je me sentais seul, doublement, en quelque sorte. Au moment de passer à table, une table tout en longueur, façon banquet, n’ayant pu me résoudre à me séparer de Félix, je m’étais assis à côté de lui, symétriquement à la fille, et pas fâché de cette occultation. Mais lui ne s’occupait que de sa voisine, à qui il a servi le morceau que je reluquais, un truc énorme, oh putain ! elle avait intérêt à le bouffer en entier sinon je n’aurais pas hésité à finir son assiette pour lui apprendre la politesse, mais je vous rassure elle n’a laissé que les os. Seul, disais-je, d’où mon souci d’apparaître aux autres comme un des leurs, déjà gagné à leurs idées et impatient d’aller au feu avec eux. Hélas ! ils ne l’entendaient pas de cette oreille, en tout cas mes commentaires ne rencontraient aucun écho, sauf la répartie plus haut mentionnée du rejeton des hussards de la République.

Je sombrais donc dans une relative morosité (heureusement le coq au vin était très convenable), quand une autre fille, assise en face de moi, et qui jusqu’alors m’avait ignoré, m’a demandé si je n’avais pas des origines espagnoles. Or ce devait être son cas, à en juger par son accent, que je trouvais exagéré. Décidément, ils avaient tous tendance à l’affectation ces gens-là, sans parler de Caroline, qui n’eût pas voulu laisser ignorer une seconde son appartenance à l’aristocratie (ah mince ! j’avais omis de vous livrer ce détail). Entre ceux qui faisaient mine de ne plus savoir où ils avaient enfoui leurs racines et ceux qui les exhibaient, je me sentais entouré d’une joyeuse bande de connards.

Mais bon, je ne voyais aucune raison de ne pas répondre, et je l’ai fait le plus simplement du monde, parlant de mon père, fils de réfugiés espagnols.

Ou ces mots sont tombés dans le silence, ou ils l’ont produit, ce qu’il y a de sûr c’est que tous les visages se sont tournés vers moi. On attendait que j’en dise davantage. Moi, j’avais recommencé à manger. Tandis que la fille me souriait pour la première fois depuis le début du repas, le vis-à-vis de Caroline, le roquet partisan de l’action violente, m’a apostrophé :

« Où ? Quand ? Comment ? Pourquoi ? »

Le ton, désagréable au possible, ne m’engageait guère à confesser mon ignorance de ces choses. Je ne tenais pas à en avoir honte devant lui. J’ai livré la seule information dont je fusse à peu près sûr, que mon grand-père avait combattu dans les rangs des communistes.

« Lesquels ?

– Le mien aussi », m’a glissé la fille, de l’air de dire : Ne l’écoute pas.

Il s’en est pris à elle.

« Compliments ! Tu confonds le POUM et le PCE.

– Mon grand-père était membre du PCE », j’ai précisé, sans m’adresser à personne en particulier.

Il a grimacé de pitié.

« Un coco. Je l’aurais parié.

– Un coco vain ? » j’ai fait. « Tu semblais pourtant l’apprécier.

– Plus que le meilleur des calembours, ce graal de la médiocrité bourgeoise. »

(« Enfin le coco vint », m’a glissé Félix. « Tu Malherb...ien faux-cul », j’ai rétorqué. « Boileau cul. – Je préfère le pinard. » Etc.)

Le roquet m’avait définitivement snobé pour se lancer avec ses voisins du bout de la table dans une vive controverse où il était question de Catalogne et où saillaient toutes sortes de mots en iste dont je ne connaissais pas toujours l’existence. La fille en face de moi continuait de me sourire. Je crois que sans ce discret renfort, cannes ou pas, j’aurais décampé. La fille m’a raconté des tas de trucs sur sa famille, j’avais du mal à me concentrer, à enregistrer ses informations, à les distinguer même de ses questions, devant un tel soliveau la plupart des gens se seraient découragés, mais je devais lui plaire, ou alors elle avait l’habitude de parler pour elle seule, de mener ce genre de pseudo-conversation qui du moins ne m’empêchait pas de m’enivrer gentiment, tout le monde d’ailleurs donnait des signes flagrants d’ébriété, le plus gros buveur étant sans conteste le fils des instits tarnais.

Je réfléchissais néanmoins. Je prenais conscience de mes lacunes, source pour moi d’ébahissement, mais aussi j’en entrapercevais un semblant d’explication – et d’excuse. Mon père était toujours resté discret voire taiseux sur ses origines et n’aimait pas que je l’interroge à ce sujet. Je savais que mes grands-parents avaient été internés en France dans des camps puis séparés et déportés dans un autre camp beaucoup plus à l’est où ils étaient morts. Par chance, mon père avait été recueilli par des militants communistes du Massif central apparentés à la famille Bourzeix, c’est comme ça que mes parents s’étaient connus. Je n’avais des circonstances de leur rencontre que des notions très vagues, que je me promettais depuis quelque temps de préciser et de compléter, mais maintenant que mon père était parti de la maison ça serait plus délicat, et il ne fallait pas compter sur la matouze pour éclairer ma lanterne, parler de son époux devant elle lui donnait des boutons, comme d’ailleurs d’évoquer ses origines à elle, orpheline elle aussi, née en France de parents italiens qui avaient fui le fascisme. Son père était mort avant la guerre dans je ne savais quelles carrières de la Creuse, sa mère en quarante-et-un, elle avait été élevée par sa sœur Alice, de douze ans son aînée. Je me contentais de ces fragments, de ces bribes. Il en ressortait deux ou trois réalités indéniables : mon père comme ma mère haïssaient la politique au sens étroit du terme, cultivaient un individualisme farouche émaillé d’élans de générosité, de solidarité, et malgré des preuves accablantes de trahison gardaient une confiance aveugle et entière à la France pour leur tenir lieu de patrie et offrir à leurs enfants, Annette et moi, une vie décente. Ils votaient communiste et bouffaient volontiers du curé. N’importe qui les aurait dits de gauche, et d’une certaine manière ils l’étaient, à la différence par exemple de nos voisins du dessous à Clichy, d’origine italienne eux aussi ou, plus exactement, sicilienne et qui ne dissimulaient pas mieux leur amour du petit Jésus que leurs sympathies pour Giscard.

Tout en réfléchissant, je gratifiais la fille en face de moi de mimiques peu compromettantes, elle était vraiment mon seul soutien, et pour tout vous dire s’appelait Carmen (Super, j’ai fait, ce qui m’a valu un sarcasme du roquet), j’avais autant besoin de son aide pour surmonter le sourd mais intense sentiment de culpabilité qui m’oppressait que l’agressivité ou l’indifférence des autres, lesquels sont revenus à la charge avec à leur tête un beau mec à la face angélique, une espèce de Rémi en blond, jamais vous ne l’auriez imaginé dans un tel cadre, entouré de tels crétins, mangeant et buvant avec une telle avidité, qui après avoir roté un bon coup m’a entrepris d’un ton traînant :

« C’est triste qu’on puisse se foutre à ce point d’une occasion aussi exemplaire de comprendre comment l’histoire individuelle se cheville à l’histoire collective. (Il mettait un soin maniaque à prononcer cette formule, se cheville, dont il était fier comme d’une arme imparable.) Surtout s’agissant de soi.

– Pourquoi surtout ? Tu défends le narcissisme ? Le nombrilisme ?

– Aucun rapport. »

Il avait raison, mais je n’en ai pas tenu compte.

« En fait d’anarchistes, vous êtes tous inféodés à des discours qui vous dépassent, ou à des théories qui vous arrangent. Toi et tes chevillages, toi et ton action violente. La seule chose qui vous attire, c’est de faire le coup de poing avec les flics. Vous tenez à votre petit confort, sans parler de votre luxe. Je serais vous, je saccagerais la bagnole garée devant le restau. T’as pas peur, Artémis, qu’ils y foutent le feu ? Mais non, t’inquiète, ils y toucheront pas. Trop attachés aux biens matériels. Comme, y a pas longtemps, Félix a dû garder un chat de race, un bleu russe ou je ne sais quoi, un chat qui coûte au bas mot cent mille balles. Ses propriétaires l’avaient baptisé Bakounine. Des anarchistes bon teint, appartement rue Monge et tout. Sauf que leur chat était une chatte. Bon, on peut pas toujours être riche et malin. Ils s’étaient mis dans la tête d’aller fêter la révolution portugaise sur place, infoutus de prévoir que sans documents valides ils seraient refoulés à la frontière espagnole. Je voudrais pas généraliser à partir de telles caricatures, et je suis bien désolé de ce qui est arrivé au greffier, mais quels abrutis ! »

Il y a eu un silence, la tête du coq posée juste devant moi gardait l’œil fermé dans un plissement forcené. Le garçon boucher et sa voisine se sont entreregardés, et ils ont dit en chœur :

« Les abrutis, c’était nous. »

Félix cherchait comment arrondir les angles, mais Caroline en était restée à ce qui la concernait, et sans le vouloir volait à mon secours :

« Tu fais une fixation sur cette voiture. Elle ne représente rien pour moi.

– Alors pourquoi tu lui as donné un petit nom ?

– Ce n’est pas moi, c’est mon père. Mais lui aussi s’en fout, si tu savais ! La preuve : il me la laisse tout le temps.

– Et moi, tu me la laisserais ?

– Pourquoi pas ?

– T’es complètement bourrée.

– Je suis bourrée mais lucide. Toi, tu délires. Imagine. Tu pars au volant de Caroline. Pour faire de la route, je suppose ?

– Exactement.

– Okay. Tu roules mettons cent kilomètres. C’est ça, hein, Félix ? Et après ?

– Après, je continue. »

J’ai vidé mon verre et me suis resservi. Tout le monde se taisait, sauf les anciens propriétaires de feu Bakounine, qui causaient à voix basse avec Félix.

« Tu continues ? Tu ne veux vraiment pas comprendre. Il n’y a pas de cervelle dans cette tête un peu amochée. Ceci résultant de cela, peut-être ? »

Félix a cru bon d’intervenir.

« Il a cassé la gueule à un cyrard à la sortie d’H4.

– Merci, Félix, mais en réalité...

– Joue pas les modestes.

– Alors, a repris la fille, que se passe-t-il après ces cent kilomètres de pure jouissance ?

– Elle t’aide, a dit Félix, pense à la rime. »

De nouveau j’ai vidé mon verre.

« Chacun son carburant », a fait le garçon boucher.

« In vino veritas », a commenté l’angelot.

Ma parole, tous désormais se payaient ouvertement ma tête. Même Félix, qui s’est exclamé :

« Ça y est, j’ai une chanson. Pile pour le dessert.

– Attends, y a le fromage avant. »

Deux gamins d’une dizaine d’années, un garçon et une fille, avaient surgi qui emportaient les reliefs du coq au vin. J’ai fait mine de participer au débarrassage.

« Garde ton couteau, m’a dit le type assis à ma gauche. On changera les assiettes pour le baba.

Le patron, à vue d’œil le père des gamins, a fait son apparition. Toque et tablier de cuisinier, avec ça grand, voûté, maigre comme un clou, sous des pommettes proéminentes un sourire qui lui cerclait la tête, planté d’une gitane maïs éteinte, à demi consumée. Il a été applaudi.

« Bravo Émile ! » j’ai fait.

Il m’a regardé comme si j’avais eu un trou de chiottes à la place de la bouche.

« Pourquoi pas Armand ?

– Émile Armand », a précisé Félix. Je n’étais guère plus avancé.

« Je peux prendre la guitare ? »

Sans attendre la réponse, il a décroché l’instrument du mur derrière lui et a commencé à grattouiller, tandis que les gamins apportaient un immense plateau de fromages.

« On va la faire ensemble. J’ai déjà trois rimes. Ploum ploum et vroum vroum, Norbert et camembertjouissance et...

– Essence ! » j’ai crié. Illumination tardive.

Une voix a frappé mon oreille. J’ai sursauté. La copine du garçon boucher, une certaine Odile, s’était accroupie près de moi et me disait en confidence, d’un ton glacial :

« On est peut-être des abrutis, mais dans la pire des hypothèses on sera très bien remboursés. Et on n’en a pas voulu une seconde à Félix, qui est un charmant garçon. Tu n’arriveras pas à nous fâcher avec lui, même s’il s’est trompé en t’amenant ici. »

Elle puait le vin. J’avoue, j’étais tenté de lui parler de la seule et dernière et inoubliable image que j’avais de sa bestiole, mais je me suis épargné ça comme à elle. Après tout, Paula et moi on n’avait que des présomptions concernant l’identité du chat de Clichy. J’ai vite chassé le souvenir de Paula, tandis que la fille se relevait avec une aisance inattendue. Elle a rejoint son mec, qui ne m’adressait plus un regard. Seule Caroline était restée branchée sur moi. Elle a enfoncé le clou.

« La voiture ne suffit pas, il faut avoir les moyens de la faire rouler.

– Toi, évidemment, tu les as.

– Ah ! la magie American Express.

– Comment t’es venue ? Félix m’a pas dit que tu serais là.

– Tu ne devais pas y être non plus, j’ai l’impression. Je suis venue en taxi.

– Comme je repartirai.

– À moins que je te dépose. Où habites-tu ?

– Chez Félix, je crois.

– Mieux vaudrait en être sûr, monsieur le parasite. Le nomade. L’aventurier. Ulysse.

– T’as reconnu mon speech de tout à l’heure ?

– C’était très convaincant.

– Qu’est-ce qui te prend tout à coup de faire comme si j’existais ? C’est l’exotisme de la pauvreté qui te grise ?

– Non, c’est ton côté écorché vif qui me fascine.

– Tu veux jouer au docteur ?

– Sers-moi, au lieu de dire n’importe quoi. »

Et elle m’a tendu son verre.

 

(À suivre.)

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Épilogue

 

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