Ça plus ça plus ça, 2

Publié le par Louis Racine

Ça plus ça plus ça, 2

 

Alicia et son fils étaient partis. Je me suis rassis à ma place, je ne me sentais pas le droit d’en changer, surtout pour la banquette, encore tiède probablement de la présence de qui vous savez.

Maintenant que me voilà écrivain, je suis peut-être censé vous décrire enfin la dame. Mais elle venait à peine de quitter mon champ de vision et déjà j’étais incapable de me rappeler précisément ses traits, paradoxe ordinaire s’agissant de personnes extraordinaires, qui nous ont fascinés ou pour qui on a eu le coup de foudre. Malgré tous mes efforts, j’échouais à recomposer son visage. Tantôt c’était son regard qui faisait écran, tantôt la forme de ses yeux, leur couleur, leur éclat se dérobaient, je ne parvenais plus à dessiner son nez, sa bouche, à retrouver la teinte de sa chevelure. J’aurais donné cher, moi qui n’avais rien, pour posséder la photo que Jules m’avait montrée un jour et où j’avais immédiatement reconnu la femme du cimetière des Batignolles.

Idem pour Ian. Il faut dire que je l’avais moins longuement regardé. Mais Petit prince en brun, ça vous suffit, non ?

Tu te rends compte, disais-je en pensée à mon image dans le miroir (à moins que j’inverse les rôles), il y a une heure tu étais une épave. On t’a bien remis à flot.

Qui, on ?

Alicia, certainement, mais aussi, et surtout, par son entremise...

Ce n’est pas pour rien que j’ai commencé le récit de mes aventures par le jour où j’ai rencontré Jules. Le jour aussi, certes, d’une macabre découverte, comme disent les journaux. J’avais déjà été confronté à la mort, et de gens auxquels je tenais davantage, et des rencontres décisives j’en avais fait d’autres, mais quand je me suis lancé dans l’écriture mon début m’est venu tout seul. En le relisant je perçois mieux ce que ce premier chapitre a de générique.

J’aurais pu partir du naufrage.

Ou du sauvetage.

Qui ne furent pas les premiers.

En vérité, j’ai toujours été un rescapé.

Je continuais à dialoguer avec mon reflet, muettement ou non, pas impossible qu’un mot m’ait échappé de temps à autre, je m’en foutais. En arrière-plan de ce dialogue, qui lui servait de paravent, s’accomplissait ce miracle intime : je pouvais désormais céder en toute confiance au remords, puisqu’il n’était plus le maître.

Magique.

J’étais passé de la fuite et du déni à une conscience entière, claire et sereine du passé, du présent et de l’avenir, du moins pour ce qui avait dépendu, dépendait et dépendrait de moi.

Non, ce n’étaient pas les trois bières, ou pas seulement. Sinon j’eusse connu plus tôt cet état, lequel n’avait rien de trompeur.

Dans le miroir en face de moi, j’ai vu la patronne s’approcher pour débarrasser. Je me suis emparé du verre à moitié plein d’Alicia comme si c’était le mien. Je ne crois pas qu’elle ait été dupe, mais après tout, peu lui en chalait. La note était réglée, je me tenais tranquille, pourquoi me chercher des poux ?

Je fréquentais ce rade depuis environ un mois, depuis mon retour dans la capitale. Je l’avais élu sans raison précise, sinon son impersonnalité. Je n’y passais pas non plus mes journées. Quand j’avais réussi à me procurer quelques francs je ne me précipitais pas au troquet, je me dépêchais d’acheter de la bibine au Félix-Potin ou au Goulet-Turpin le plus proche. Et de quoi manger, évidemment. Du pain, des sardines en boîte, des rillettes.

Je m’interdisais de faire la manche. Si ça m’est arrivé, c’était exceptionnel, et parce qu’à ces moments-là précisément ça m’amusait d’entreprendre tel ou tel spécimen d’humanité pour voir sa réaction. Du reste, je n’ai jamais été démenti. Ceux qui donnaient, c’étaient les pauvres. Ça m’a définitivement dégoûté de cette pratique.

J’avais dépensé tout ce que j’avais réussi à mettre de côté sur l’argent gagné à faire les vendanges ou à jouer les guides pour touristes. Je vous raconterai plus tard où j’avais passé le dernier hiver, ça fait partie des nombreux épisodes de ma vie qu’il allait falloir rattraper, mais bon, ça irait, au risque de me répéter j’étais regonflé à bloc, il avait suffi de ces retrouvailles avec une inconnue célèbre, lesquelles je m’en rendais compte avaient été annoncées par d’autres, fugitives mais déterminantes, c’était quand déjà ? l’avant-veille peut-être. Je vous rappelle le truc : je touchais le fond, je venais de m’étaler sur le trottoir, et la dame au Ricqlès a surgi de nulle part, elle qui des années plus tôt m’était venue en aide, un soir que j’avais fait un malaise dans le métro. Je ne pouvais plus douter que ce fût bien elle. Et, plus j’y pensais, plus je me disais que c’était elle aussi qui avait glissé dans ma poche la pièce de cinq francs sans laquelle je n’aurais pas retrouvé Alicia. Tout se tenait. Par deux fois la providence venait de se manifester, à moi d’en tirer les leçons et d’arrêter de faire le con.

Les images du passé proche en appelaient de plus anciennes, par analogie. Je revoyais le pharmacien qui avait désinfecté mes plaies au visage sans dissimuler son dégoût (Vous puez l’alcool il disait, mais bon, c’était le seul prix à payer), ça me ramenait à l’infirmière d’H4, à l’officine de la rue Descartes d’où on s’était fait jeter Samba et moi, et, plus loin encore, à celle où Isabelle Messmer avait reçu des soins diligents d’une pharmacienne qui me tenait pour le bourreau de ma copine. Ce qu’était devenu Samba, vous le saurez bientôt, quant au sort d’Isabelle vous ne l’avez pas oublié j’espère, je repensais à tout ça, et ça me remuait velu, mais pas question de flancher, j’étais bien décidé à suivre les sages conseils d’Alicia.

J’ai fini son verre, je suis allé pisser, voluptueusement, et j’ai demandé de quoi écrire. Me voir en bons termes avec une femme magnifique avait dû rehausser mon prestige aux yeux des tenanciers, qui m’ont fourni sans barguigner un bic et deux fiches Ricard.

Ma première phrase m’est venue facilement, puis la deuxième, puis tout le premier paragraphe, et ainsi de suite jusqu’à ma rencontre avec Jules.

Vous connaissez ce texte. Sinon, il n’est pas trop tard. Il n’est jamais trop tard.

Pour l’instant, revenons au passé proche.  

Donc, au sortir de l’hiver, j’avais repris la route. J’étais du côté de Barcelone (oui, je vous raconterai, promis), après avoir vaguement visité l’arrière-pays je m’apprêtais à descendre vers le sud, puis, je ne sais pas, brusquement le réveil de la nature m’a donné la gerbe, et la Catalogne, et la Méditerranée, et le soleil trop sûr de lui, j’ai eu envie d’une ville du nord, une énorme et soudaine nostalgie de pavés luisant sous la pluie, de bancs vert sapin s’écaillant dans la solitude des squares, de toits en zinc poudrés de grisaille urbaine et gouachés de fientes. Si ça vous paraît absurde, si vous répugnez à fuir avec moi ces contrées méridionales, eh bien restez-y, je peux vous indiquer des coins, surtout si vous aimez coucher à la belle étoile. Les nuits là-bas sont splendides, c’est vrai. Je ne regrettais pas mon séjour, les rencontres que j’y avais faites, les richesses que j’y avais acquises. J’avais même pu y entretenir mon allemand. Mon vertige, aussi, dans les tours de la Sagrada Familia. Mais il me fallait Paris.

Quand j’en ai pris conscience, j’étais en train de faire du stop direction Tarragone. Sans égards pour la voiture qui s’arrêtait, la première depuis une demi-heure, j’ai traversé pour aller tendre le pouce de l’autre côté. Je me suis fait copieusement insulter, tant pis. Le lendemain soir je débarquais porte d’Orléans, j’avais eu un fameux bol, trois étapes en tout et pour tout, un routier jusqu’à Millau, un autre jusqu’à Clermont, où j’avais dormi dans un jardin public, et un couple de profs de lettres qui allaient passer les vacances de Pâques dans la capitale, se saouler d’expos, de concerts, de cinés et de balades, le temps s’annonçait particulièrement clément, pendant tout le voyage ils ont clopé vitres baissées, je m’étais enroulé dans mon manteau et pour ne pas avoir à faire la conversation j’avais feint de m’assoupir dès les premiers kilomètres, s’ils avaient su que je venais de Barcelone ils étaient capables de m’infliger un cours sur Gaudí, un sujet que je connaissais à fond, avec les routiers je n’avais pas eu besoin de feindre quoi que ce soit, si ça se trouve ils connaissaient Gaudí aussi bien que moi mais ils étaient plutôt taiseux, posaient peu de questions, posaient et causaient peu, tout simplement, je risquais moins de devoir aborder des sujets flippants comme les études, les projets professionnels ou la famille.

À propos de risque, plus on approchait du but mieux je mesurais mon inconséquence ou mon culot. Je n’étais absolument pas prêt à renouer avec mon passé, et pourtant je faisais tout pour lui être confronté. Certes, Paris était assez grand pour nous abriter lui et moi sans qu’on se croise, et puis j’avais confiance dans mes talents de joueur, mais cette seule idée prouvait l’existence du danger. Même en limitant mes déplacements aux endroits et aux heures les moins critiques je n’étais pas assuré de l’incognito. Peut-être qu’au fond de moi c’était ce que je souhaitais, une intercession du hasard, allez savoir ! En tout cas il s’est bel et bien manifesté, et pas qu’une fois, vous avez pu en juger.

Peut-être que j’en avais assez de l’éloignement, des galères, que la honte d’avoir abandonné les miens me devenait plus insupportable encore que la perspective d’une comparution devant leur tribunal. Non que je me proposasse d’y faire le malin. Fini, tout ça. J’avais changé. Maintenant le hâbleur que j’avais été m’inspirait terreur et pitié. Je n’avais pas grand-chose à dire pour ma défense, mais plus aucune intention de mentir. Ce jeu-là, non.

Ce qui approchait avec Paris c’était l’heure de vérité.

 

 

Peu de temps avant l’arrivée, mes bienfaiteurs m’ont réveillé, j’avais fini par m’endormir pour de bon, ils m’ont précisé leur destination, le quatorzième, chez des amis, « Rue Sarrette, on s’arrête » avaient-ils dit en chœur, ils ne devaient pas en être à leur coup d’essai mais ça les faisait encore marrer, tant mieux pour eux, vous connaissez Boby Lapointe ? j’ai fait, Non, pas plus que ça (des profs de lettres !), alors pour les remercier je leur ai chanté sans erreur Ta Katie t’a quitté, ça leur a plu, l’exactitude de ma mémoire les a même bluffés, mais il était temps que j’arrive à la coda parce que j’étais tout près de me mettre à chialer, belle sonnerie ou pas cette histoire de dépit amoureux m’affectait bien plus que je ne l’aurais imaginé.

Ils m’ont déposé au métro, vous parlez si j’étais tenté de braver ma claustrophobie, elle ne s’était pas spécialement arrangée durant mon exil, ça m’aurait fait plaisir de retrouver certaines sensations propres à cet univers souterrain mais je n’allais pas risquer de me payer une crise aiguë d’angoisse dès mon retour. Du reste, tout le temps qui a suivi jusqu’à mes retrouvailles avec Alicia je n’ai pas pris une seule fois le métro.

La vraie question c’était plutôt où aller, avec en poche dix balles à peine, ce que j’avais gardé d’argent français. Il était treize heures, un samedi, les banques étaient fermées, il faudrait que j’attende lundi pour changer mon fric espagnol, or je n’avais rien avalé depuis la veille, vu qu’à Clermont les profs m’avaient cueilli comme je levais machinalement la main sur le chemin d’une éventuelle boulangerie. On en a vu plusieurs en passant, toutes bien appétissantes, je n’ai pas osé broncher, comptant sur une halte en cours de route, en vain. J’aurais volontiers interrompu mon pseudo-pionçage pour m’acheter quelque chose à grignoter, mais apparemment ils avaient fait le plein, le vide aussi, ils traçaient, ils étaient attendus pour le déjeuner, bon appétit ! Bref, j’avais la dalle.

Je me suis reproché d’avoir préféré la route au rail. J’aurais débarqué gare d’Austerlitz, où j’aurais pu prendre une douche et, probablement, trouver un bureau de change ouvert. Voyager en train du reste ne signifiait pas forcément payer son billet, formalité à laquelle je ne me soumettais plus depuis des années. Ça vous choque ? Pourquoi ? Ah ! oui, bien sûr. C’est drôle, ça. C’est toujours aux petits délinquants qu’on administre la leçon archiconnue : Si tout le monde faisait comme vous. Jamais aux gros, plus sympathiques sans doute, méritant l’impunité des héros. Moi, je dis que si on fait rouler des trains c’est dans l’espoir d’y voir monter au moins un passager. Un seul suffit. Ça coûte cher ? Ce n’est pas mon problème. Je ne fais que souligner les contradictions du système. Je vous entends : à cause de gens comme moi il n’y aura bientôt plus de trains. Je suis désolé, ça ne tient pas. En revanche on aperçoit clairement la solution : les trains doivent pouvoir rouler à vide ; ou alors, il faut qu’ils soient gratuits.

Je n’admets pas non plus qu’on s’enrichisse sur le dos des gens qui ont seulement besoin d’un abri pour dormir. Je n’ai pas parlé d’un lit, juste d’une surface où poser un duvet, de préférence sous un toit, dans un local fermé aux visiteurs malintentionnés. Qu’est-ce qu’il en coûte au proprio ? Rien. Ça peut lui valoir au contraire une solide reconnaissance et peut-être une protection efficace contre d’éventuels ennemis.

Je suis entré dans un café, me suis renseigné sur les prix, bon, j’avais de quoi m’offrir un croque-madame et un demi, je me suis installé et j’ai fait un truc qui peut paraître absurde, la liste de tous les gens à qui j’aurais pu demander de l’aide, mais parce que je ne voulais justement pas les solliciter. C’était comme pour me garder de la tentation, en étant sûr de n’oublier personne, et vous allez rire mais malgré la longueur de ma liste, à laquelle je n’arrêtais pas de rajouter des noms, c’est fou finalement ce que j’avais compté comme amis, je n’y ai pas inscrit la dame au Ricqlès ni la madone du cimetière. On peut comprendre que je n’aie pas pensé à cette dernière, mais la femme qui m’avait secouru autrefois méritait mieux.

C’est plus facile quand on écrit de déjouer l’oubli. Là, je n’écrivais pas, pas encore, il y a écrire et écrire, torcher un poème par-ci par-là je savais faire, mais je crois bien que l’idée ne m’était jamais venue d’entreprendre une œuvre de longue haleine, roman, autobiographie, je vous vois sourire, pour raconter sa vie il faut en avoir une et qu’elle soit intéressante, je répondrai que le moindre mioche a suffisamment vécu pour avoir des choses à dire et que pour savoir si elles sont intéressantes ou pas il faut commencer par s’y intéresser.

Mon inventaire achevé, j’ai vu quels quartiers éviter, et ils étaient nombreux et diversement situés, avec quand même une concentration autour de trois pôles, la place du Panthéon, la rue Dieu et Clichy. J’ai donc opté pour le quatorzième arrondissement, où le sort m’avait conduit, mais pas trop à l’ouest, de manière à limiter les risques de rencontrer Jules (plus que Paula, dont j’étais certain qu’elle avait quitté sa chambre de l’avenue Ségur), ni trop au nord. Alésia me paraissait idoine.

Alicia, Alésia. Aujourd’hui cette coïncidence me frappe, à l’époque je ne me doutais pas que j’allais bientôt faire plus ample connaissance avec la pianiste. Oui, la madone du cimetière. C’est bien, vous suivez.

On m’a plus ou moins viré du café, jugeant que j’y avais passé trop de temps, les consommations étaient renouvelables toutes les heures, j’ai tenté de faire valoir que ça ne concernait pas les clients qui déjeunaient, Non, monsieur, ici c’est le bar, si vous voulez déjeuner c’est là-bas, mais le service est terminé, vous prenez autre chose ? Tu parles, le loufiat savait bien que je n’avais plus un radis, je n’ai pas insisté, je n’allais pas marquer d’un esclandre ma première journée, je n’ai pas non plus réagi quand en sortant j’ai entendu le patron se plaindre des routards qui venaient empuantir son académie, c’était d’autant plus injuste qu’en attendant ma pitance j’étais passé aux toilettes où je m’étais décrassé vite fait bien fait, je n’étais pas responsable du parfum du savon, lequel avait failli me gâcher un croque-madame très correct. J’ai quand même eu une pensée pour les profs de tantôt. J’espérais qu’ils ne s’étaient pas trop enrhumés pendant le voyage. Je les imaginais au concert, se retenant à grand-peine de tousser et de se moucher.

Ça m’a mis en joie, ça et aussi et surtout une idée qui m’était venue juste comme je posais le pied sur le trottoir. Au lieu de remonter l’avenue, j’ai pris le boulevard extérieur vers la Cité universitaire. Comment n’y avais-je pas pensé plus tôt ? Là, je trouverais forcément des étudiants espagnols que mes pesetas intéresseraient et qui me dépanneraient pour le week-end.

Je ne me débrouillais pas si mal, les copains.

Champion de la liberté !

N’étais-je pas une bête au go ?

Ma dernière partie, soyons honnête, remontait à... OK, encore un truc à vous narrer le moment venu. C’était avant mon exil, en tout cas. Mais je n’avais rien perdu de ma science. Non content de pouvoir reconstituer mentalement des parties entières, j’en inventais de nouvelles. Au moins, il y avait toujours une moitié de moi qui gagnait.

L’autre perdait, d’accord. Bravo pour votre sagacité.

C’était ce qui m’avait toujours aidé à garder la tête haute et l’esprit clair, d’avoir des défis à relever.

Celui-là était de taille. Règle du jeu : ne rencontrer personne de connaissance ; terrain de jeu : la ville où j’étais le plus connu et connaissais le plus de monde.

Chiche !

Battant le trottoir d’un pas guilleret, je respirais à fond le bon air de Paris. J’étais chez moi. Pas propriétaire pour un sou, capable de concevoir que n’importe qui à ma place, même de passage, puisse légitimement partager ce sentiment. C’est ce qui est génial avec les villes. Si vous voulez vous sentir chez vous dans un village où vous n’avez vécu que quelques années, bonne chance.

Il faisait beau, un vrai temps de printemps, né la veille il était déjà en pleine forme. Devant moi grandissaient les bâtiments de Sèvres, je commençais à croiser des normaliennes, et ça n’a pas manqué, d’un coup d’un seul j’ai perdu toute mon assurance.

Qu’est-ce qui m’avait pris de passer par là ?

De ce côté du boulevard, en plus !

Moi qui me prétendais si malin !

Trop tard. Un visage, une voix, un corps avaient surgi à mon esprit. Plus possible de les chasser. Ni de faire machine arrière. J’y suis allé au bluff. Mais la bouche pâteuse et le cœur serré.

« Bonjour ! » j’ai lancé à un bouquet de jeunes filles éclairant le trottoir. « Je cherche une sévrienne qui s’appelle Paula Masurier.

– C’est moi. »

 

(À suivre.)

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Épilogue

 

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