Ça plus ça plus ça, 24

Publié le par Louis Racine

Ça plus ça plus ça, 24

 

Vous vous rappelez Charlotte. Ce n’était pas la première fois que j’avais affaire à un greffier affublé d’un nom humain. Au moins y avait-il concordance des genres. Guillaume était bien un matou. Couché sur le canapé, il me dévisageait avec cet air méprisant, tranquillement haineux que je n’ai vu que chez ses congénères. Je ne connais pas d’autre espèce qui soit capable d’un tel regard. Dans celui des chiens, par exemple, quoi qu’ils aient contre vous, entre toujours un brin de naïveté, dans celui des chevaux, une sorte de grandeur d’âme.

Et celui de Jeanne, qu’y lisais-je ?

Je le connais, le mot, et vous aussi, mais il est tellement banal, il l’est devenu serait plus juste, que j’hésite à l’employer ici où pourtant on s’accommode assez bien de banalités. Que voulez-vous, c’était si nouveau pour moi ! Ça le reste d’ailleurs. Mais n’allons pas trop vite en besogne.

Nous commencerons par prendre l’apéritif. Pardon ? À six heures, oui. Nous dînerons à sept et serons couchés à neuf. Vous n’avez pas oublié que Jeanne devait se lever très tôt ? Or il lui faut ses huit heures de sommeil. Et puis détendez-vous. Goûtez-moi la chaleur et les senteurs de ce bon feu, tandis que descend le soir, que dis-je ? La nuit est là qui effleure les carreaux, non, madame, vous resterez dehors à noyer votre monde, ici on se noie autre chose, les idées noires et le gosier.

« Allez ! on va goûter votre chenin. »

Illumination ! C’était du vin qu’elle parlait tout à l’heure.

« Qu’est-ce qui vous fait rire ? »

Je lui ai expliqué.

« J’ai cru à une expression, trouver son chemin dans un fossé.

– Autrement dit, suivre une ornière plus profonde.

– J’avoue que je voyais pas trop le rapport, mais j’ai pas cherché plus loin.  »

Pas question évidemment de lui parler de cet autre emploi du mot, découvert et expérimenté à la Boissière.

« Il est à la température que j’aime. C’est mon vin préféré. Un pur produit du pays, qui dame le pion à beaucoup d’appellations. Il suffit de vendanger le raisin bien mûr.

– La maturité, y a que ça de vrai. »

Et nous avions à peine commencé à boire.

Le vin nous a fait tout le repas, pris devant la cheminée, simple et savoureux, à commencer par une bonne soupe cuisinée la veille, suivie de paupiettes aux pruneaux, Jeanne s’y entendait en conserves maison, confitures comprises, comme j’allais le vérifier au petit-déjeuner. Pour le moment j’aimerais vous rapporter quelques extraits de notre conversation.

On a reparlé du hangar. Jeanne n’avait pas l’intention de se dénoncer. Elle se réjouissait par ailleurs que les pompiers n’aient pas eu vent de l’autre affaire.

« Vous avez eu de la chance. Hangarnement, va !

– Mais pas hangarde à vue.

– Ni hangarçonnière ! Excusez-moi, je dis n’importe quoi.

– N’empêche, ils ont relevé mon identité et l’ont transmise aux gendarmes. Ils vont bien finir par faire le lien, et ils me mettront ça aussi sur le dos. Oh putain ! »

Je venais de me rappeler cette couvrante qu’ils m’avaient prêtée. Après avoir failli l’oublier chez mes hôtes providentiels, je l’avais effectivement laissée à la gendarmerie de Brive. Bravo les pandores ! C’est comme ça que vous veillez à ce que les particuliers restent en possession de leurs biens.

« Elle porte un signe distinctif, cette couverture ?

– Je l’ai pas examinée en détail. Imagine, pardon, imaginez...

– On se tutoie, va.

– Volontiers. Donc, il suffit d’une étiquette du genre « Pompiers de Brive » ou d’un numéro d’inventaire et les gendarmes feront plus vite le rapprochement entre les deux affaires. Cela dit, ce qu’ils ont déjà devrait leur suffire. Je m’explique pas cette lenteur.

– Plains-toi. »

Et elle a levé son verre pour trinquer.

« À ta santé !

– Pas la prison, j’espère.

– En tout cas ici tu ne crains rien.

– Attends, c’est pas sûr. Si les croquants ont pigé que tu m’hébergeais, ils sont capables de t’envoyer les pandores.

– Ils ne vont pas te ré-arrêter alors qu’ils t’ont relâché.

– Mais si maintenant ils savent pour le hangar ? Ils seront ravis de pouvoir m’interroger. Surtout que je leur ai indiqué une adresse bidon. Je suis censé être descendu à l’hôtel, à Brive.

– Non, écoute, les croquants, comme tu dis, ne peuvent pas t’avoir reconnu sur la photo du journal, ni d’après la description de tes vêtements, et s’ils ont entendu l’annonce à la radio, franchement, sans la voiture... C’est grâce à elle que je t’ai identifié.

– Et mes cannes ?

– L’annonce n’en parlait pas.

– Tu rigoles ?

– Je te jure. Ça m’aurait frappée.

– Remarque, en y repensant... Mais c’est dingue. Pourquoi ils ont gardé ça pour eux ?

– Peut-être que la personne chargée de transmettre a cru à une erreur. C’est vrai qu’a priori on voit mal un invalide conduire. Et peut-être aussi que pour cette raison, la chose a été occultée en amont.

– Mais alors qu’est-ce qu’ils se sont dit au village, quand j’ai connement fait mon intéressant ?

– Au mieux, rien. Au pire, rien de plus que Muriel. »

Ses yeux brillaient d’un éclat étrange. On aurait pu croire qu’elle pleurait, pourtant son sourire s’était élargi et c’est d’une voix joyeuse qu’elle a ajouté :

« Il passe pas mal de monde ici.

– Je vois. T’as l’hospitalité dans la peau.

– Je te laisse la responsabilité de ta formule. »

Bien sûr, ça m’a rappelé les gens du hameau, et je lui ai raconté comme ils m’avaient reçu. Elle voyait sans peine de qui il s’agissait, je n’avais même pas eu besoin de prononcer leur nom : Maillard. Je n’étais pas près de l’oublier. D’abord simple abstraction glanée sur une enveloppe il était devenu pour moi – et il reste – attaché à un souvenir très fort.

« Ça ne m’étonne pas d’eux. Abel et Marguerite ont le cœur sur la main.

– Ce manteau qui a remplacé le mien, c’est elle qui me l’a filé. Je suppose qu’il appartenait... »

Je ne sais pas, la douceur et la quiétude du lieu, la bonne chère, je me suis mis à chialer, devant Guillaume visiblement dégoûté. Jeanne est venue se blottir contre moi et m’a pris dans ses bras comme aurait fait une mère, puis, petit à petit, la comparaison a perdu toute pertinence, tandis que le greffier préférait quitter la scène, avec un miaulement de vieux prélat hypocrite.

Plus tard dans la nuit, comme nous venions de nous étreindre, car ce moment près de l’âtre n’était qu’un avant-goût, un prélude, une ouverture, une gentillesse que je ne me suis pas fait faute de rendre mutatis mutandis à peine on a été couchés, je ne sais si, au village, les langues allaient si bon train, bref, comme nos respirations retrouvaient lentement leur rythme habituel, Jeanne a éclaté de rire. Elle avait certes le sexe joyeux, mais quand même. Je me suis presque alarmé, redoublant son hilarité, qui la rendait désirable à un point affolant. Allions-nous remettre ça ? J’ai entrepris des manœuvres d’approche, elle les a repoussées avec douceur, riant toujours à perdre haleine. Puis, au prix d’un énorme effort, elle est parvenue à articuler :

« Oh Norbert ! Le taureau !

– Hein ? C’est censé être flatteur ? »

Ah non ! ça n’allait pas dégénérer de nouveau ! Je me suis couché sur elle, mais elle s’est dégagée, et, souple comme une anguille, a retourné la situation. Puis, à cheval sur mon bas-ventre, elle a hoqueté :

« Je ne parle pas de toi, jeune taurillon ! Mais du taureau dans le champ !

– Y a pas de quoi rire.

– Tu n’as pas vu ta tête.

– Alors ou maintenant ?

– Les deux.

– J’ai eu peur, rétrospectivement, c’est normal.

– Oh Norbert ! Il n’y a jamais eu de taureau !

– Quoi ! Tu m’as fait marcher !

– Malgré tes cannes !

– Femme sans cœur ! »

Mais le deuxième acte avait commencé.

 

 

Paradoxe ou non, j’ai mal dormi. J’ai été réveillé par un cauchemar ou plutôt un complexe de cauchemars, mêlant meurtres en série, accidents de la circulation et incendies. Tantôt les personnages étaient tous des chats, tantôt je croisais des cadavres qui parlaient allemand avec un accent pourri (« C’est l’accent de la mort », me disait madame Le Hir, mon ancienne prof de français, en tenue de pompiste), tantôt j’étais emmené aux urgences dans une ambulance que je devais conduire moi-même sur des routes vertigineuses et néanmoins bordées par un public en délire, et pour finir (ceci m’a réveillé) la matouze me servait un saltimbocca dont je me régalais avant qu’elle me révèle dans un souffle – et souriant cruellement – qu’elle l’avait préparé avec ma sœur. Laquelle me jetait un regard triste et disparaissait. Avec ? C’est-à-dire ? Mais j’avais compris : ma sœur faisait partie du plat.

Je me suis dressé d’un coup sur mon séant. À côté de moi, Jeanne ronflait légèrement. J’ai attendu que mes yeux s’habituent à l’obscurité et me suis levé. Je suis allé boire un verre d’eau à la cuisine, qu’éclairait la seule lueur des astres. Pas de lune pourtant. Absorbé par ce phénomène, j’ai dû me retenir de crier quand Guillaume est venu se frotter à mes jambes. Puis il s’est dirigé vers la porte d’entrée et m’a regardé fixement. Il semblait vouloir que je lui ouvre, ce que j’ai fait. La porte n’était pas verrouillée. N’importe qui aurait pu s’introduire dans la maison pendant notre sommeil. Ça m’a rempli d’admiration pour Jeanne, pour cette confiance dont elle débordait. À mon tour, je suis sorti.

Oh putain !

Ce n’est pas le froid qui m’a saisi, mais le spectacle du ciel étoilé. Face à moi, semblant m’attendre, étaient réunis parmi les plus magnifiques objets célestes, du beau linge, vraiment, toute une aristocratie, Orion, s’il vous plaît, et plus bas, près de l’horizon, Sirius scintillant comme à la foire, et d’autres attractions, Aldébaran par exemple, et dans les Gémeaux une planète ! Jupiter peut-être, ou plutôt Saturne, moins éclatante. Ça en faisait des beautés rien que pour moi, mais elles n’avaient pas affaire à un ignare ni à un ingrat, j’étais capable de les appeler par leur nom, Bételgeuse et Rigel, la rouge et la bleue, en inversant les initiales, et de savourer le privilège de pouvoir distinguer aussi nettement les Pléiades et même deviner la Nébuleuse (M42 pour les gendarmes).

Guillaume est venu ronronner contre ma jambe malade, ça m’a fait prendre conscience que ma douleur au pied, si violente avant l’incendie, s’était bien atténuée depuis, encore un signe positif, et ces moments tendres avec Jeanne, si ce n’était pas du bonheur pour des années !

Je suis rentré, Guillaume sur les embouts plus que sur les talons, il avait son compte, j’ai bu un autre verre d’eau et je suis allé me poser devant la cheminée. Jamais je ne m’étais senti à la fois aussi à l’écart et aussi proche des choses. C’était comme si je venais de recevoir un nouveau système sensoriel auquel je ne me fusse pas encore accoutumé.

Je n’avais plus sommeil, et pourtant j’étais crevé, vous pensez. Tout en regardant agoniser le feu dans l’âtre, j’ai tâché de réfléchir.

Jeanne partait bosser très tôt, on était convenus que je resterais chez elle à l’attendre, quelle utilité de l’accompagner, et qu’est-ce qu’on aurait fait de moi jusqu’à l’arrivée du mandat ? Elle s’arrangerait avec sa collègue pour récupérer le fric et me l’apporterait dès que possible. À partir de là, soit elle aurait le temps de me conduire à la gare de Brive, soit elle me commanderait un sapin. Tel était notre plan, et je vous interdis d’y trouver le moindre défaut.

Quelqu’un à qui je n’en trouvais aucun, je n’en avais d’ailleurs aucune envie, c’était justement cette femme. Tout ce que j’aurais pu lui reprocher, c’était de mettre la barre très haut. Bon, la jalousie la fera peut-être taxer d’égoïsme par certaines (par certains ?), je les entends d’ici, Elle ne pense qu’à son plaisir, ça lui est facile de se montrer généreuse, elle n’a qu’elle à s’occuper, je voudrais réagir à cette remarque, non pas tant à cause de sa syntaxe approximative que de sa fausseté. La plus grande générosité, je l’ai observée chez les plus démunis. Elle ne saurait donc avoir le moindre rapport avec les conditions matérielles. Quant à la liberté dont semblait jouir Jeanne, et qu’elle avait choisie, elle commençait avec ce choix, infiniment respectable. Merci d’attendre de mieux la connaître avant de la juger.

Moi-même je ne savais pas grand-chose de sa vie, encore ce peu était-il en partie fait de suppositions. Ce qui me paraissait incontestable, c’était sa loyauté. Et aussi sa force de caractère. Jeanne devait en imposer même à ses détracteurs, pour être sûre de pouvoir compter sur la complicité d’une Muriel. J’avais quantité de questions à lui poser, mais il fallait qu’elle dorme. J’avais dit vouloir prendre le petit-dej avec elle, j’avais dans l’idée de l’interviewer, Je me recoucherai après, j’avais dit, On verra, elle tenait à ce que je me repose, et maintenant je faisais de l’insomnie devant un feu mourant en compagne d’un chat qui a fini par venir s’installer sur mon ventre après l’avoir bien malaxé de ses pattes sans se soucier de rentrer complètement ses griffes. Bon, il m’avait adopté.

Jeanne m’a trouvé là vers cinq heures, à son lever. Elle m’a réveillé, envoyé au lit, je ne me suis pas fait prier. Quelle volupté, me blottir dans sa chaleur ! Là, j’ai bien dormi.

Elle avait réglé la sonnerie du réveil sur neuf heures. Je me suis habillé en vitesse et j’ai fait honneur au petit-dej qu’elle m’avait préparé, je n’avais plus qu’à me réchauffer le café. Guillaume est réapparu, on a bavardé tous les deux, on était d’accord pour décréter Jeanne la meilleure maîtresse possible.

À part ça le ciel s’assombrissait, je tournais en rond sans grâce particulière, maladroitement même, sur mes cannes inertes et pas toujours contrôlables, j’allais finir par casser quelque chose. J’ai vaguement fouillé la baraque, me gardant de toute véritable indiscrétion, préférant examiner ce qui s’offrait aux regards, affiches, photos, bouquins et revues. Jeanne lisait beaucoup de polars, beaucoup de bouquins écrits par des femmes aussi, sur les photos, assez rares, on ne la voyait jamais, la plupart montraient des vieux, l’une représentait sans doute ses parents, tout ça manquait de renouveau, une tristesse commençait à m’envahir, j’en avais assez de fouiner, je me suis mis à feuilleter des magazines télé en fumant, mais ça m’est rapidement devenu insupportable, trop de gens, trop de scènes, trop de visages accusateurs, surtout avec trois chaînes désormais, de quoi ne plus savoir où donner de la tête, la télé elle-même ça aurait été bien pire encore, heureusement il n’y avait rien avant midi et demie, au passage j’ai repéré une émission diffusée l’avant-veille dimanche et annoncée comme une grande première, Le Petit Rapporteur, ça m’a fait penser à mes auto-stoppeurs, quels faux-culs ces deux-là, j’avais de plus en plus besoin de tendresse, je me suis rappelé avoir aperçu dans un coin une petite bibliothèque garnie de bouquins pour enfants, j’y suis allé voir, il y avait là plusieurs albums des aventures de Caroline, j’en avais lu tout gamin à La Boissière, et ça m’a sauté aux yeux, ça alors ! La Caroline en question était toujours vêtue de rouge et de blanc, ça ne pouvait quand même pas être pour cette raison que le papa ambassadeur avait surnommé sa bagnole ainsi ! Cette simple interrogation a achevé de me déprimer. Je me suis senti définitivement hors jeu, incapable de me prendre en mains, tout juste apte à empoigner mes cannes et à me faire entretenir, même ma clope (oh putain ! j’étais en train de perdre mes cendres partout), je la devais à autrui. Pour me changer les idées, j’ai réappris les noms de tous les compagnons à quatre pattes de la blonde à couettes, sans oublier Pitou la panthère et en veillant à ne pas confondre Pipo et Bobi, c’est vous dire où j’en étais rendu.

Au cours de mes toupillages, j’avais aussi repéré le téléphone, présence qui m’avait d’abord rassuré ; mais, paradoxalement, à considérer ce lien avec le monde je m’en suis vite senti coupé. Qui appeler un mardi matin ? Tous mes copains seraient en cours. Carmen, pareil. Marie-Jo ? Vous plaisantez. La matouze ? Tant que je n’avais pas mon fric, ça ne servait à rien. Au moins, pour aller à la poste, elle se serait bougée, habillée, au lieu de traîner en robe de chambre dans l’appart à faire semblant de chercher du boulot. Jules ? Ma mauvaise conscience restait impuissante à m’ôter de l’esprit le sentiment qu’il était le principal responsable de ma dérive. C’était injuste et stupide, je le savais, je n’en démordais pas.

La seule personne peut-être à qui je fusse tenté, sérieusement s’entend, de passer un coup de grelot, c’était le commissaire. Lui au moins m’aurait éclairé sur mon sort, sur les sanctions que j’encourais. J’aurais même pu lui parler du hangar. Mais j’étais comme l’homme qui, se sentant atteint d’une grave maladie, refuse de consulter, se dérobe devant le diagnostic. Par défaitisme. Ou, au contraire, avec l’espoir naïf qu’il peut s’en sortir tout seul.

Je passe rapidement sur les coups de fil fantaisistes auxquels j’ai pensé. À l’ambassadeur par exemple, histoire de venir aux nouvelles, ou de jouer au con, ou les deux. Autre excellente idée, appeler l’hôtel de Brive et demander à parler au loufiat dont vous vous souvenez, pour le remercier de ses bons soins, tout en exprimant le vœu qu’il n’eût pas alerté les gendarmes, auquel cas il eût été un beau salopard. Non, de tels agissements étaient indignes de moi. En revanche, j’ai vraiment failli téléphoner à l’hôpital pour dire à l’ambulancier combien j’étais désolé de ce qui lui était arrivé par ma faute. Puis j’ai pris conscience que ça lui ferait une belle jambe, qu’il voudrait plutôt savoir comment j’allais payer sinon réparer.

Décidément, il fallait que je parle au commissaire. Je me suis assis sur le petit banc près du téléphone, j’ai respiré à fond, tendu la main pour décrocher le combiné et suspendu mon geste.

Je sentais comme une présence toute proche. Guillaume ? Non, il roupillait dans la chambre.

Je me suis retourné.

Debout derrière la fenêtre, quelqu’un me regardait.

 

(À suivre.)

Accès direct aux épisodes :

1

2

3

4

5

6

7

8

9

10

11

12

13

14

15

16

17

18

19

20

21

22

23

24

25

26

Épilogue

 

Publié dans Ça plus ça plus ça

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article