Ça plus ça plus ça, 20

Publié le par Louis Racine

Ça plus ça plus ça, 20

 

On arrivait à ce panneau que j’avais aperçu de loin et que je n’ai pas eu le temps de déchiffrer. La postière en effet a tourné dans le chemin dont il marquait l’entrée, à droite de la route, juste comme on allait croiser les deux gendarmes à moto. Je craignais qu’ils ne m’aient vu ou, pire, qu’ils veuillent nous interroger. Si on s’arrêtait, j’étais fichu. Mais ils sont passés sans un regard pour nous.

« Ça vous arrange, ce petit crochet, j’ai l’impression. Vous vous êtes baissé en voyant les gendarmes.

– C’était pour vous arranger vous. Vous m’avez dit que vous étiez en tort.

– Oh ! ils ont d’autres chats à fouetter. »

Elle s’est garée devant une maison qu’on découvrait au dernier moment, a donné un petit coup de klaxon, ajusté sur sa tête la capuche de sa veste imperméable, puis elle est descendue avec un colis qu’elle avait sur le siège à côté d’elle et qu’elle a agité devant une fenêtre avant de le dresser contre la porte d’entrée, à l’abri de la pluie.

« Il était en train de bosser sa flûte », elle a dit en revenant, comme si ça pouvait m’intéresser, et effectivement ça ne m’a pas laissé indifférent, j’ai pensé à Géraldine. Pour échapper à l’angoisse j’ai mieux regardé la postière. Je l’ai trouvée assez belle. Elle avait surtout de grands yeux clairs et bienveillants, qui faisaient dans son visage hâlé comme deux reflets d’un ciel sans nuages.

« Allez zou ! Demi-tour. »

On a rebroussé chemin jusqu’à l’embranchement. De là on distinguait nettement Caroline. Les motards avaient garé leurs engins sur le bord de la route et descendaient vers la bagnole à pas calculés.

« Ils vont se demander où vous êtes passé avec vos cannes.

– Pourquoi vous continuez à croire que j’ai quelque chose à voir là-dedans ?

– Je ne le crois pas, je le sais. Vous parliez de l’autoradio, pour me tester je pense. Hé bé oui, j’avais écouté les nouvelles. Et je vous ai reconnu tout de suite.

– Pourquoi alors vous m’avez pas dénoncé ?

– Je me pose moi aussi la question. Peut-être parce que vous êtes trop jeune pour tomber entre les pattes des gendarmes. Je parie que vous n’êtes pas majeur.

– C’est dix-huit ans maintenant.

– Oui, merci. Mais je maintiens. J’ai connu un garçon qui vous ressemblait.

– Le pauvre !

– Comme vous dites. Il est plus âgé que vous maintenant. À l’adolescence il a fait plein de bêtises.

– Justement, vous n’êtes pas très prudente. Par exemple, quand vous avez livré ce colis, vous avez laissé tourner le moteur. »

Elle a éclaté de rire et de beauté.

« Excusez-moi, mais qu’est-ce que j’avais à craindre ? Et puis, si vous étiez dangereux, ils l’auraient dit dans le poste. Non, c’est plutôt vous qui devriez vous méfier de moi. Vous êtes en mon pouvoir. »

Elle avait dit ça sur un tel ton et en m’adressant une telle œillade que j’en ai été profondément troublé.

« Quoi ? Vous avez coutume d’enlever les jeunes gens ?

– Moins quand ils sentent le fennec tombé dans la vase. »

Elle prononçait moinsse.

« Le fennec plus ultra ?

– Le fennec des hôtes de ces bois.

– De ces boues. »

On se marrait bien. En même temps je réfléchissais. Si je n’étais pas considéré comme dangereux, c’était que le message avait été rédigé avant ma prise d’otage ou que celle-ci s’était déjà révélée bidon. L’info concernant le pistolet d’alarme pouvait alors venir de Sonia ou de mon homonyme. En tout cas, dans l’éventualité d’une rencontre avec les forces de l’ordre, je n’avais pas intérêt à exhiber ma pseudo-arme. Si on s’y trompait encore, on risquait de me tirer dessus. Aucune envie de me faire descendre aussi connement.

« Vous ne voulez pas me raconter, alors ?

– Vous avez qu’à écouter la radio. »

Elle a ri. Plus ça allait, plus cette femme m’attirait. Elle a continué comme ça sa distribution, empruntant toutes sortes de chemins plus ou moins carrossables. Parfois la boîte aux lettres se trouvait loin de l’habitation, au départ d’un sentier. Ça nous faisait gagner du temps et favorisait mon incognito.

À un moment, elle s’est tournée vers moi et m’a demandé d’un air malicieux :

« Vous avez pas eu peur des vaches ?

– Je vous l’ai dit, j’ai surtout pensé à vous. »

Elle a ri comme une fille de mon âge.

« Je parlais des vraies vaches.

– Non, franchement, je me sentais pas en danger. Elles étaient imposantes, mais pas menaçantes.

– Et le taureau ?

– Quoi le taureau ? Y avait un taureau ? »

Là, elle n’en pouvait plus.

« Ça se voit que vous êtes pas de la campagne ! Vous avez pas remarqué une vache un peu plus grosse que les autres ?

– Maintenant que vous le dites... »

Rétrospectivement, j’en avais des sueurs froides. En plus de ça :

« Oh putain ! La capote rouge ! »

Elle tenait à peine son volant.

« Mon pauvre ! Mais vous savez, c’est pas tellement la couleur qui les excite, c’est toute l’agitation autour. Celui-là devait pas être trop hargneux, ou la pluie l’a calmé. »

N’empêche, je me revoyais à trois pattes dans la boue, vulnérable à l’extrême, il y avait de quoi être malade, et d’ailleurs...

« Vous pourriez vous arrêter un instant s’il vous plaît ? »

Ça m’a soulagé, mais douloureusement. Quand on n’a rien dans le ventre...

On est repartis. Elle me demandait régulièrement si ça allait, notamment quand elle ouvrait les portes arrière pour prendre un paquet ou une lettre. Je lui en passais aussi par l’intérieur, selon ses indications. J’avais l’impression qu’on faisait la tournée à deux. Peu à peu je remarquais de nouveaux détails. Ainsi, elle avait une poitrine magnifique. Quand elle se penchait, j’en devinais mieux le volume, la douceur et la fermeté. J’étais en proie à une excitation grandissante, laquelle cependant ne suffisait pas à me faire oublier ma faim, mais au contraire l’augmentait, toutes deux se renforçant l’une l’autre.

Nous croisions peu de véhicules. À chaque fois, je me dissimulais, comme bien sûr lorsque paraissait quelqu’un à une halte.

Il restait encore pas mal de paquets à distribuer, certains plutôt volumineux, quand on s’est arrêtés devant une petite maison aux volets clos, entourée d’un jardin, à l’écart d’un hameau assez grand pour comporter une chapelle et un cimetière.

« Vous allez m’attendre ici. C’est la maison d’une amie, elle est absente en ce moment. Cachez-vous dans le hangar, il n’est pas fermé à clé. Avec ce qui me reste à livrer, si vous restez dans la voiture, vous avez toutes les chances d’être vu. Je reviendrai vous chercher à la fin de ma tournée, dans deux heures au maximum. D’ici là réfléchissez à ce que vous voulez faire. Mais, permettez-moi de vous le dire, vous ne pourrez pas fuir indéfiniment.

– J’ai faim.

– On verra ça plus tard. »

Elle est partie. Je me suis dit qu’elle-même ne devait pas trop savoir où elle en était. Pourquoi me protégeait-elle ?

La pluie avait cessé. Une foule de senteurs fortes, entêtantes affluaient du sol, de la végétation, des pierres. Dommage que ça ne nourrît pas son homme. Une fois de plus, j’ai regardé ma montre, cassée depuis belle lurette. Je n’avais aucun moyen de connaître l’heure, même approximativement, le soleil restant impossible à localiser. Ni de suivre l’actualité. Ni rien à bouffer ni à boire. Je puais la charogne et j’étais condamné à vivre dans la clandestinité. Et, comme si ça ne suffisait pas, il y avait autre chose de très emmerdant, dont je n’avais pas vraiment pris conscience dans le feu de l’action mais qui maintenant me pourrissait gentiment le moral, c’est que j’avais mal au pied, à toute la jambe, jusqu’à la hanche et même un peu au-delà, sans qu’aucune position valût mieux qu’une autre, diminuât la douleur. Ça n’avait pas peu contribué à me maintenir éveillé à La Boissière ; en fait, ça n’avait pas arrêté depuis que ça s’était déclaré, aux Enfants d’Émile, où j’avais attribué ça au stress. Si bien que le projet qui m’avait brièvement réchauffé de dormir un bon coup dans la calme obscurité d’un abri sûr m’apparaissait maintenant dans toute sa candeur. Pauvre niais !

Le hangar était une construction légère, en planches. N’importe qui pouvait y entrer, et au moment d’en franchir le seuil j’ai eu un mouvement de recul : si l’on m’avait précédé ? L’instant d’après ça m’a fait sourire, cette crainte irrationnelle de gus fatigué, les lieux étaient sinon accueillants du moins tranquilles, plongés dans une apaisante pénombre, la lumière provenant seulement des interstices entre les lattes, et il m’a semblé que la douleur y serait plus supportable qu’ailleurs. Je me suis aménagé un coin à ma guise et m’y suis allongé.

J’ai cru que cette fois serait la bonne. Quel que dût être l’avenir, je m’y préparais mieux en me reposant. Pensée des plus positives. Hélas ! Une autre l’a vite chassée, d’une perversité absolue.

Qu’est-ce qui me prouvait que cette femme à qui j’avais accordé ma confiance alors que je ne savais quasiment rien d’elle n’avait pas l’intention de me livrer ? De finir sa tournée avant de revenir, admettons, mais avec les gendarmes ? Ou de les envoyer me cueillir en s’en lavant les mains ? Tout conspirait à aviver ce soupçon : elle m’avait amadoué pour mieux me trahir.

Quant à ce qui l’avait retenue de me dénoncer d’emblée, peut-être avait-elle voulu éviter une trop grande violence ou s’en tenir éloignée, négocier une arrestation en douceur tout en s’en épargnant le spectacle.

Convenez-en, c’était plus que convaincant : limpide.

Du coup, là non plus je n’ai pu trouver le sommeil.

Le moindre bruit me paraissait suspect. Et les bruits, ça ne manquait pas. Je pourrais facilement vous infliger toute une page sur les différentes formes de craquements, claquements, crépitements, battements, frottements, glissements, pétillements, chuintements, halètements et j’en passe qui se relayaient ou se combinaient pour faire de cette attente une torture.

Je ne tenais plus en place, j’avais du mal à me déplacer, et pratiquement l’interdiction de sortir.

Il me restait une seule consolation, mes Dunhill, mais sans rien pour les allumer.

Mes yeux s’étant accoutumés à la pénombre, j’y voyais maintenant suffisamment pour me mettre en quête d’un moyen de produire une flamme. Et du bordel aussi, il y en avait. Je vous en épargne l’inventaire, parce que vous avez mieux à faire que de tuer le temps en ma compagnie. Je préfère vous laisser deviner ce que j’ai fini par trouver pour faire du feu. Des bouts de bois bien secs à frotter l’un contre l’autre ? Des morceaux de silex à entrechoquer pour produire des étincelles ? Je connaissais ces procédés, mais les rares fois où je les avais mis en pratique ils étaient demeurés improductifs, et aujourd’hui encore je me sens incompétent en la matière. Je sais en revanche enflammer un bout de papier à l’aide d’une loupe, mais en l’occurrence je n’avais pas ça sous la main et je vous rappelle qu’il n’y avait pas de soleil. Un rayon pourtant aurait suffi. Et une loupe, oui.

Alors ?

Des allumettes ? Pourquoi pas ? Ça aurait pu. Mais c’était à la fois moins et plus que ça.

J’ai remarqué, accrochée dans un coin à une patère, une vieille veste en velours. Instantanément, l’espoir m’en a fait fouiller les poches, tandis que j’imaginais un jardinier fumant sa clope. Et là, grand bonheur, mes doigts ont rencontré un briquet.

Un vieux briquet à couvercle, un truc que je n’étais pas sûr de savoir faire fonctionner, mais je n’avais pas droit à l’erreur, et, stimulé par cette interdiction d’échouer, j’ai réussi.

Un peu trop bien même. Ce briquet devait avoir un défaut, car une flamme bleue l’a vite enveloppé tout entier, et j’ai dû le lâcher, ou plutôt le jeter devant moi d’un mouvement réflexe.

Ce n’était sûrement pas prémédité. J’ai d’ailleurs aussitôt mesuré la gravité de mon geste, vu tout ce que ce hangar contenait d’inflammable. Si vous ajoutez à ça mes difficultés de locomotion, vous concevrez que j’aie pu hurler de dépit, de colère et de peur.

Le mal était fait.

Le briquet avait atterri parmi un tas de vieilleries dont il était déjà trop tard pour dire de quoi il s’agissait mais qui semblaient avoir été amassées là dans le seul but de permettre un bon départ de feu. En une minute il avait si bien pris que les flammes atteignaient un mètre de haut. J’ai tenté d’étouffer l’affaire avec la veste en question, n’ayant pas grand-chose d’autre à ma disposition. Voyant que ça ne suffisait pas, j’y ai ajouté mon manteau, en pure perte : j’ai juste réussi à me brûler les mains, avant de devoir renoncer à récupérer mon bien tant le feu gagnait rapidement, alors que moi, je ne me mouvais pas avec la célérité ni l’aisance qu’il eût fallu. En reculant, je heurte une tondeuse à gazon dont le capot porte des traces si visibles d’essence et de graisse qu’il vaut mieux que j’éloigne l’engin. Juste comme je venais d’en saisir la poignée, une chose incandescente tombe sur ledit capot et en quelques secondes l’ensemble n’est plus qu’une torche. Vite, sortir ce chariot de feu. J’y mets toute mon énergie, mais quand j’ouvre la porte le courant d’air fait son œuvre, et, si je réussis à pousser la tondeuse au dehors, tout l’intérieur s’embrase. Je referme précipitamment la porte, et repousse la tondeuse quelques mètres plus loin, où elle pourra flamber à son aise sans danger pour son entourage.

Dans cinq minutes au maximum le hangar sera entièrement la proie de l’incendie, qui risque de se propager à la maison.

En regardant éperdu autour de moi, je remarque un robinet sortant du mur. Il est en service, mais aucun baquet, aucun tuyau. Un tuyau ! J’en ai vu un accroché dans le hangar. J’y retourne, je l’en rapporte, non sans me casser la gueule, mais ça m’aide à étouffer les flammes collées à mes vêtements. Je parviens à le brancher sur le robinet, que j’ouvre en grand. Ça marche ! L’espoir renaît d’un coup. Je délaisse la tondeuse, j’ai toujours détesté cet objet, et j’arrose consciencieusement le toit du hangar, que les flammes n’ont pas encore traversé, ses parois. L’idée, c’est de bloquer le feu à l’intérieur pour pouvoir l’y attaquer ensuite. Le moment venu, j’entrouvrirai la porte, juste assez pour glisser l’extrémité du tuyau, et je m’en donnerai à cœur joie. Je sais, merci, pour un pompier amateur je ne me défends pas trop mal.

C’est seulement alors que je prends conscience qu’avec mon manteau j’ai perdu mon portefeuille et l’enveloppe qui contenait tout mon fric. Il ne me reste que ce que j’avais rangé dans la poche poitrine de ma chemise, notamment la lettre de Géraldine.

Mais ce n’est pas le moment de faiblir.

Comme prévu, j’entrouvre la porte, après l’avoir méthodiquement imbibée, et très vite je vois que c’est impossible, que je n’y arriverai jamais. Or je n’ai pas inspecté le hangar à fond. Qui sait s’il ne recèle pas une bouteille de gaz ou autre farce ? De nouveau je regarde autour de moi, et je tombe sur la chapelle et sur son clocher. Un fantasme me visite fugitivement, celui d’aller sonner le tocsin. Oublions. Il n’y a plus qu’à espérer que les habitants se rendent enfin compte de ce qui se passe et réagissent. C’est là que le klaxon de Caroline me serait utile. À défaut, j’appelle au secours, de toutes mes forces, pendant de longues minutes, jusqu’à l’épuisement. Entre-temps le feu a réussi une sortie, du côté bien sûr où il m’était le plus difficile d’intervenir, c’est pourtant là qu’il m’eût fallu concentrer mon jet, car maintenant les flammes se dirigent vers la maison via une haie, comme si elles empruntaient un pont.

J’arrive à ralentir leur progression, mais l’artillerie et les forces aériennes s’en mêlent, commencent à bombarder le toit, dont les tuiles résistent, tandis que désormais celui du hangar, crevé, laisse passer une colonne de feu. L’incendie repart de plus belle, avec des ronflements si bruyants que je n’entends pas d’abord la sirène. Elle vient du clocher. Derrière moi, une autre retentit. Une camionnette rouge fonce dans ma direction.

 

 

Du hangar, il ne restait pas grand-chose, mais l’expression « réduit en cendres », que les journaux locaux ont employée dans un de leurs titres, était exagérée, de même que, pour me désigner, le mot « handicapé ». Car l’événement a fait l’objet de plusieurs articles, le plus inspiré s’intitulant Un handicapé sauve une maison des flammes. Comprenez : j’avais, par mon intervention, avant l’arrivée des pompiers, empêché un feu de hangar de se communiquer à la maison voisine. C’était sympa de présenter les choses comme ça, vu que par ailleurs j’avais plutôt mauvaise presse.

Je m’y attendais, remarquez. Pendant que j’assistais au combat des soldats du feu, les vrais, j’avais eu tout le loisir d’imaginer la suite. En gros, il y avait deux hypothèses. Soit la postière m’avait tendu un piège, et j’avais moins à rougir de ma maladresse, qu’on ne se priverait pas d’ajouter à la liste de mes crimes, en en faisant une nouvelle manifestation de ma méchanceté, plus ou moins dictée par la vengeance, soit elle avait réellement eu l’intention de me protéger, et je la plaignais de toute mon âme de s’être mise par ma faute dans une situation aussi délicate à l’égard de la propriétaire son amie. Le moins que je pusse faire, dans ce cas, était de la tenir en dehors de tout ça, de laisser croire que cherchant une planque j’avais trouvé seul ce hangar, distant de cinq kilomètres de l’endroit où j’avais abandonné Caroline. Avec mes cannes, ça représentait au moins une heure et demie de crapahutage, mais ça restait vraisemblable, comme le fait que personne ne m’ait croisé. Le coin était peu fréquenté, et j’avais pu me cacher des éventuels témoins.

Bref, mes pensées d’alors tournaient principalement autour de cette femme et de ses motivations. Peut-être voulais-je les distraire de sujets plus graves, comme les ennuis que me vaudraient mes frasques précédentes, à commencer par ma fugue. Moi qui aimais tant contrôler la situation, ou du moins en avoir l’illusion, je me trouvais comme un aveugle au pays des borgnes. Je l’avais bien mérité, en fuyant les voyants.

 

(À suivre.)

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Épilogue

 

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