Joue-moi encore, 6

Publié le par Louis Racine

Joue-moi encore, 6

 

« Et vos vêtements. Si c’est pas malheureux de voir ça.

– Je suis tombé.

– Encore ? Vous tenez pas debout, ma parole. »

Le café m’a redonné un peu d’allant. Et madame Henriette m’a effectivement cédé un comprimé d’aspirine. Ça m’a fait du bien, le geste surtout. La douleur augmentait, mais je me sentais moins seul. En plus il s’est passé un truc, un client s’est pointé au tabac, pas n’importe qui, vous aussi vous l’auriez reconnu tout de suite, c’est monsieur Roger qui l’a servi et à qui je l’ai entendu demander « Vous n’avez rien de plus fort ? », de la même voix exactement que dans ses chansons, je n’ai pas résisté, je l’ai salué d’un Bonjour bien sonore et bien joyeux, il a levé les yeux, nos regards se sont croisés, Bonjour, il a répondu, l’air vaguement ennuyé, je me suis rappelé que je n’avais pas un sourire des plus avenants, il a enfoui son paquet de tabac à rouler dans une des poches de sa vieille parka genre surplus et il est parti, une femme l’attendait dehors, je n’ai pas réussi à voir son visage, ils ont pris la rue Descartes vers Mouffetard.

« Vous avez vu qui c’était ? » j’ai fait.

Personne n’a réagi.

« Georges Moustaki !

– Tu m’aurais dit le pape, a rigolé Roger, ça serait pareil. On connaît pas tous les guignols. »

N’empêche que j’étais surexcité. Les chansons de Moustaki avaient bercé ma prime adolescence, je les avais apprises par cœur et j’enviais ceux de mes copains qui pouvaient les accompagner à la guitare. Ça m’a fait penser à Félix et à notre rendez-vous le soir même au même endroit. Dommage qu’il n’ait pas manifesté plus d’intérêt pour le go, on aurait pu s’arranger. J’avais bien l’intention de mettre ça sur le tapis, puisqu’il y aurait aussi Rémi et qu’on pourrait parler de nos affaires.

Petit à petit je retrouvais le fil, je me raccrochais à la vie, remis en selle par l’apparition du Métèque, je ne suis pas du genre superstitieux mais j’ai vu là un signe du destin, comme dans le fait qu’en sondant mes fouilles à la recherche de clopes dont je savais parfaitement que je n’en avais pas je suis tombé sur une pièce d’un franc, de quoi me payer un flipper, ce qui pouvait le mieux saluer et confirmer ma renaissance. J’ai choisi l’OXO, bien que préférant les Gottlieb aux Williams. Juste comme je nourrissais la bête, j’ai senti une main se poser sur mon épaule.

« Salut, camarade !

– Joseph ! T’es bien matinal !

– Je suis pas le seul. Je viens d’en croiser un que c’est encore plus étonnant.

– Quelqu’un qui vit la nuit ? Il allait peut-être se coucher.

– J’y avais pas pensé. Tu sais qui c’est ?

– Tu me laisses deviner ?

– T’y arriveras pas.

– On parie ?

– Allez.

– Combien ?

– Un coup de pied au cul. Qu’est-ce que tu fous là au lieu d’être au lycée ? Et ton bac ?

– Et le tien ? On fait un double ? »

Là, je me suis admiré, parce que jouer en tandem avec Joseph c’était plus que de l’abnégation, c’était du suicide, l’assurance de tilter au moindre bourrage, de rater chaque fourchette, tandis que dans sa fougue mon partenaire se mettrait à sentir de plus en plus fort, pas seulement lui, mais ses oripeaux, les mêmes toute l’année, parfumés à tous les fluides corporels et autres émanations plus volatiles mais pas forcément moins tenaces, cocktail où surnageait, comme une flaque huileuse irisant les eaux d’un port, un remugle de vieux mégot. Je précise néanmoins que je supportais mieux l’épreuve que celle que m’eût infligée Derambure, à qui je n’étais pas près de proposer un double au flipper, surtout avec ce que je savais maintenant du personnage et de sa perversité. Le double, il se le ferait tout seul.

Distrait par cette dernière pensée, je jouais comme un pied, ce qui n’a pas échappé à Joseph.

« Tu fais n’importe quoi, gamin ! C’est pas de toi !

– Je réfléchissais à ta devinette. J’ai droit à combien de noms ?

– Trois, comme trois balles. Mais concentre-toi !

– Giscard ? »

– Dans le genre noctambule, on fait mieux !

– Le pape ?

– Putain, Norbert, sois sérieux.

– Georges Moustaki ? »

Il a sursauté, mais par un heureux hasard ça lui a fait atteindre le spécial. Il était aux anges :

« Dans le mille ! C’est le cas de le dire ! Comment t’as fait ?

– Et toi ? »

C’est seulement alors qu’il a remarqué le dérangement de mon visage. Il y voyait mal, vous vous souvenez. Pour couper court à ses questions, je suis resté sur Moustaki.

« C’est ton prénom qui m’a mis sur la voie. »

Il s’est marré avant de comprendre, vous, je ne sais pas. Et puis on a claqué à la loterie, ce qui nous faisait une partie chacun. De ce moment je n’ai pas arrêté, jusqu’à ce que comme toujours en pareil cas Roger, dont les sourcils progressivement avaient atteint un tel niveau de fronçage que ses yeux semblaient des feux de broussailles, me rappelle expressément à l’ordre – les jeux étaient réservés aux consommateurs –, non sans signaler à Joseph qu’il était en train de perdre une belle occasion de rendre service, lui qui y tenait tant.

J’ignore encore les termes exacts de leur contrat, mais c’était ainsi : Joseph donnait un coup de main en échange de petits verres et gardait les pourboires récoltés en salle. Je ne l’ai jamais vu derrière le comptoir. En revanche, aux heures creuses, il était souvent attablé dans l’angle diamétralement opposé à l’entrée, à philosopher seul ou en aléatoire compagnie, ou à rédiger ses pseudo-mémoires, couvrant des pages et des pages d’un cahier d’écolier de lignes sinueuses tracées au crayon bleu : censément du moldave, sa langue maternelle. Il y mettait tout son cœur, un enthousiasme si évident que personne ne se fût abaissé à douter tout haut.

Deux élèves du bahut sont arrivés que je connaissais de vue, on leur a offert notre stock de parties, ire du patron ou pas je commençais à en avoir ma claque de claquer, qui plus est en aussi odorante compagnie, après m’avoir laissé tranquille quelque temps les douleurs s’étaient réveillées en pleine forme, surtout celle au pied, qui m’escaladait maintenant la jambe au-delà du genou, jusqu’à la hanche. De nouveau le moral faiblissait. En plus de ça je ne sais quel client n’a rien trouvé de mieux que de passer sur le juke-box Je suis venu te dire, s’il y avait une chanson qui me flanquait le bourdon c’était bien celle-là, j’ai cru que j’allais repartir à chialer, heureusement les nouveaux arrivants m’ont aidé à me dominer en m’interrogeant évidemment sur mon désastre, avec le renfort de Joseph qui n’allait pas me lâcher comme ça. J’ai parlé d’un accident stupide, sans préciser, sans dire où ça s’était passé, encore moins solliciter le témoignage de madame Henriette, je n’avais pas spécialement envie qu’elle incrimine la fatigue des études et découvre que je n’étais pas élève de prépa, ça aussi c’est stupide mais je m’étais fait à cette espèce de mensonge, je ne déteste pas la mystification ni le quiproquo – et alors là comme vous ne tarderez pas à l’apprendre j’allais être servi.

Toutefois, si on m’avait demandé de quoi j’avais envie en cet instant, j’aurais sûrement répondu « qu’on me fiche la paix ». Je rêvais d’un lit, celui de Paula par exemple, c’était un de mes fantasmes, coucher avec elle un vendredi soir et rester à flemmarder dans son pieu pendant qu’elle allait bosser. J’avais vraiment besoin de m’étendre, je sentais bien qu’il m’eût fallu des soins diligents mais j’étais incapable de m’y résoudre. Je me laissais aller, même si ma mollesse me coûtait des efforts supplémentaires. Ainsi je me suis rappelé que Jérôme, le serveur du Petit Suisse, m’avait un jour proposé la chambrette où il se reposait certains jours. J’ai eu l’idée d’y aller.

C’était d’autant plus absurde que je pouvais à peine faire le premier pas. Tant que j’avais été pris par la magie du flipper je ne m’étais plus soucié de mon état, maintenant les abords du Luco me paraissaient à perpète. Pour m’y transporter j’allais devoir souffrir le martyre. Il faut croire que ça m’a semblé valoir la peine, plutôt que de rester aux 4S, bien qu’on fût convenus de s’y retrouver le soir avec Paula, Rémi et Félix, par ordre d’importance dans mon cœur. Pas question d’y passer la journée, d’ailleurs je n’avais pas renoncé au coup de la surprise à Géraldine, j’évitais d’y penser pour ne pas risquer de me rendre à l’évidence que je me faisais des illusions sur mes capacités physiques, à moins que je ne forgeasse sourdement le projet de taper Jérôme d’un billet de cent balles, histoire de me payer le taxi. Oui, c’était probablement ça que j’avais en tête, je savais pouvoir compter sur la générosité de Jérôme, et puis le Petit Suisse c’était le théâtre de mes exploits de joueur de go, dont j’étais plus fier quand même que de ma science de l’OXO, bref, tout ça a fait que me voilà parti, sous l’œil aussi affectueux que myope de Joseph, que Roger n’a pas peu contribué à dissuader de m’accompagner, car l’heure de l’apéro approchait et ils ne seraient pas trop de trois pour assurer le service.

« Promets-moi d’aller voir le toubib, m’a fait l’extra ordinaire ; tu peux pas rester comme ça. Je vois bien que tu boites.

– T’inquiète, c’est rien.

Il a grimacé.

« Tes dents...

– Je vais finir par te ressembler », j’ai dit.

 

 

Tes dents. T’es dans la merde, oui. De là à ressembler à Joseph... Même avec des accessoires...

On faisait la paire, lui et moi. L’aveugle et le paralytique. D’où ça venait, ça ? Encore un truc à demander à Rémi.

En chemin, ça m’a frappé, tous ces non- ou malvoyants que je fréquentais. Ma vue à moi était exceptionnelle, même qu’à une époque, ayant appris que c’était une condition indispensable à remplir pour être pilote d’avion, j’avais imaginé d’embrasser cette carrière. C’est d’ailleurs pour ça que j’avais opté pour la filière C. Une manière peut-être de me démarquer plus radicalement de mon père. À lui l’oppression des terriers, à moi la liberté des hauteurs.

En attendant, je ne décollais guère. Et, rampant, je rampais.

Pour ne pas avoir à me frayer un passage dans la foule qui s’écoulait du lycée, j’avais pris l’autre trottoir, faisant une pause tous les dix mètres, adossé aux vieilles pierres de Saint-Étienne-du-Mont. Je voyais bien qu’il y avait, y avait eu ou allait y avoir du grabuge. Une agitation inhabituelle régnait devant le bahut. Certains élèves avaient le visage masqué par un foulard. Les cyrards semblaient former un groupe plus compact et plus agressif qu’à l’accoutumée. Le nuage sonore qui tournoyait au-dessus des têtes se chargeait d’électricité. J’ai repensé à cette manif dont les flics avaient parlé, à ces mouvements près du Luco et à ces rumeurs que j’avais entendues. Ça m’a plutôt stimulé. J’ai atteint sans encombre le bout de la rue, serrant les dents, ce qui m’en restait, quelque part dans mon dos on se battait, je n’ai pas cherché à en savoir davantage, j’ai tracé, tel un escargot, en moins baveux cependant, après Ginette ça descendait, mais ça n’a fait qu’aggraver mon supplice, arrivé au Boul’Mich’ j’avais tellement mal que des cloches me sonnaient aux oreilles, des feux d’artifice m’explosaient aux yeux, du coup j’ai prêté une attention très superficielle aux vestiges que conservait le décor de récentes échauffourées ainsi qu’aux échos et autres prolongations d’icelles. J’ai pris la rue de Médicis, en passant devant la libraire Corti j’ai jeté un œil à l’intérieur, des fois que j’aurais vu le maître des lieux (rappelez-moi de vous parler de la revue de poésie de Rémi), mais non, pas plus de José que de beurre en broche, j’ai continué jusqu’au Petit Suisse, où je suis entré si flageolant que je me suis raccroché de justesse au comptoir avant de me hisser péniblement sur un tabouret. J’ai regardé autour de moi, tandis que le patron lui-même venait m’interviewer. Première question, de pure routine : qu’est-ce qu’il me servait ?

Quel manque d’imagination. Et qui me forçait à en déployer beaucoup de mon côté, car vos poches à vous se regarnissent peut-être par enchantement, mais moi, mon unique franc, dont j’avais fait un si bon et si long usage, n’avait pas laissé de descendance, puisque justement ma présence en ces lieux s’expliquait par mon projet de me faire dépanner par le serveur.

J’y suis allé au culot.

« J’espérais voir Jérôme. Il me doit cent francs que je lui ai prêtés la semaine dernière. »

Le patron me connaissait, connaissait mes liens avec Jérôme, ça pouvait passer, je le voyais déjà m’avançant le fric en me disant qu’il s’arrangerait plus tard avec son employé. Oui, bon, vous n’avez jamais fait preuve de naïveté ? Quand vous aviez dix-huit ans ?

« Vous réglerez ça entre vous. Jérôme a pris sa journée. Sa mère est à l’hôpital. Et toi, tu m’as tout l’air d’en sortir. Qu’est-ce qui t’est arrivé ? »

J’ai saisi cette occasion de l’apitoyer. « M’en parlez pas », j’ai amorcé, histoire de me laisser le temps d’en inventer une, et j’allais la lui distiller quand la porte s’est ouverte, laissant entrer tout un groupe de jeunes gens parmi lesquels j’ai reconnu Rémi et aussi Clémentine, mais ils n’étaient pas ensemble et même s’écartaient ostensiblement l’un de l’autre, surtout après qu’ils m’ont eu repéré. C’est tout juste si Clémentine n’a pas affiché un air dégoûté.

« Norbert ! Tu passes ta vie dans le quartier ! » a lancé Rémi en s’approchant. Puis, un doute lui venant – et ça m’a bien fait flipper :

« Norbert ! C’est toi ? »

Un peu plus, il me présentait ses excuses pour s’être mépris.

Bon, j’hésite à raconter ce qui suit. J’ai besoin de toute votre indulgence.

« Toi, au moins, t’as réussi à te tirer », a fait une belle voix grave à côté de moi, tandis qu’une main pesait sur mon épaule.

C’était Gravereaux, le leader des trotskystes d’H4. On ne se fréquentait pas vraiment, on avait juste des copains en commun, Rémi surtout, qui se disait sympathisant de la LCR et parfois, le dimanche matin, accompagnait Clémentine sur les marchés ou près des bouches de métro où cette authentique militante vendait Rouge.

Gravereaux était un grand brun aux jambes arquées, qui s’il n’avait pas opté pour la politique aurait pu faire cowboy ou mannequin. Il rendait jaloux pas mal de lycéens et, plus secrètement, de lycéennes. Moi, il m’agaçait moins par ses avantages physiques que par son sectarisme. Tout ce qui ressemble à une récitation me donne de l’urticaire, sorti bien sûr de la littérature. Ce qui me fascine dans la voix de son maître, c’est qu’elle puisse fasciner des gens qui prétendent œuvrer à la désaliénation de l’humanité. Les anars que je connaissais ne me convainquaient pas non plus, du fait de leur soumission à de vieux démons dont j’avais moi-même du mal à m’affranchir, une fascination encore, pour l’action violente, pour toute une mythologie bébête, Dieu sait pourtant si je manquais de maturité.

Je percevais comme une pointe de reproche dans le ton du cowboy. Si j’avais été plus vaillant, je me serais probablement insurgé contre cette potentielle accusation de lâcheté. J’ai préféré jouer fin.

« On est le héros qu’on peut », j’ai fait.

Pour être fin, c’était fin, si fin même que ça ne voulait rien dire. Sauf pour Rémi apparemment, qui m’a dédié un sourire réconfortant.

Attirés par le prestige du chef, un petit groupe de militants et de sympathisants s’était massés autour de nous.

« Lui aussi il s’est pris des coups », a commenté quelqu’un en parlant de moi.

Clémentine s’était approchée, du côté opposé à celui de Rémi, pour mettre les choses au point :

« Il était pas à la manif.

– Tu vois bien que si », a objecté une voix.

Je me demandais sur quel pied danser, si j’ose dire, quand un nouveau contingent de lycéens a fait irruption dans le café, avec force vociférations, d’où il ressortait qu’il y avait eu de la castagne à la sortie d’H4, qu’un jeune mec avait pris la défense d’une nana contre un de ces connards de cyrards qui l’importunait – Putois, je parie ! Bien sûr, qui veux-tu que ce soit ? – et qu’ils en étaient venus aux mains ; puis ça avait dégénéré en bataille rangée, laquelle avait tourné à la défaite des cornichons. Mais le curieux de l’affaire, c’était qu’au moment de porter en triomphe le jeune mec du début on ne l’avait pas trouvé. Il avait disparu. Façon Lucky Luke. On est le cowboy qu’on peut, j’ai failli glisser à Gravereaux. Mais j’ai fait bien pire, vous devinez quoi. J’ai fermé ma gueule et baissé les yeux.

Je sentais ceux de Rémi posés sur moi.

« Non ? » il a dit.

Je l’ai laissé dans l’erreur.

Mon meilleur ami !

Quand enfin j’ai relevé la tête, c’est le regard de Clémentine que j’ai croisé. Je n’y ai pas lu beaucoup d’admiration.

Le comble, c’est que je voyais déjà se profiler les conséquences. Tôt ou tard on saurait la vérité. Comment regagnerais-je alors l’estime de Rémi ? Eh bien, ça ne m’a pas empêché de m’enferrer. Je crois que je m’autorisais confusément du caractère implicite de ma supercherie. C’était aux autres à ne pas croire n’importe quoi.

N’importe quoi.

Bon, j’ai tapé Rémi, qui a poussé l’obligeance jusqu’à m’appeler un taxi.

« T’es sûr que tu veux pas que je t’accompagne ?

– T’as mieux à faire, avec les heures de cours que t’as déjà perdues. »

L’absence de Miremont avait attiré plus de monde que prévu à l’AG organisée par la Ligue, et toute cette population plus ou moins politisée s’était ruée à la manif, pendant que Samba faisait bande à part et me tenait compagnie aux 4S.

Je n’ai pas osé non plus dire à Rémi que je n’avais pas l’intention d’aller à l’hôpital avant d’avoir revu Géraldine.

Vous me trouvez têtu ? Vous avez raison. Vous voyez que je peux être de bonne foi.

 

(À suivre.)

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Épilogue

 

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