Joue-moi encore, 12

Publié le par Louis Racine

Joue-moi encore, 12

 

Je me suis recouché plein d’amour pour la terre entière, et d’autant plus guilleret que j’avais un super plan. Je me lèverais à six heures et demie, sans réveiller Paula, qui n’allait pas tarder à venir s’allonger à côté de moi, et je lui préparerais le petit-dej. Si elle s’était endormie dans la cuisine, j’attendrais le dernier moment pour lui faire son caoua. Elle aurait eu à tout casser deux heures de sommeil, la pauvre. Tout ça pour finir sa dissert’. Ça me rappelait celle où j’avais eu dix-sept en me couchant à trois heures. Combien aurait Paula en se couchant à quatre heures et demie ? J’ai commencé à faire des calculs à la con, ça a très vite dérapé du genre disserte fois trois cinq Kant et un quoi ? – un cinquante-et-un sur dix huîtres et un demi et l’addition ! – à un moment j’ai eu un sursaut, une idée m’a traversé l’esprit à la vitesse de l’éclair sans malheureusement y laisser la moindre trace, à part le sentiment que ça concernait la série de meurtres, j’ai fouillé tous les recoins de mon labyrinthe mental et n’y ai trouvé que le sommeil.

 

 

Quand j’ai émergé, il faisait jour. J’ai soulevé mon oreiller. Mon réveil était là, bien détendu, il avait sonné tout son saoul, le remontoir offrait une résistance des plus molles. Les aiguilles indiquaient neuf heures moins le quart. Un grand calme régnait dans l’appart’. Je me suis assis, reposé et furieux, et j’ai tenté de me consoler. Au moins je n’avais pas fait l’erreur de promettre quoi que ce soit à ma copine. Ensuite elle m’avait sûrement pardonné mon manque de disponibilité. Bon, j’aurais l’occasion de me rattraper, et pas plus tard que le lendemain. La matouze donnerait son feu vert, j’en aurais mis ma tête à couper, et ce soir Paula viendrait habiter chez nous.

Je me suis levé, j’ai claudiqué jusqu’à la fenêtre, l’ai ouverte.

Le froid a achevé de me réveiller. Je me suis penché pour regarder dehors.

Pas de doute, la 504 était là.

Garée à l’entrée de la rue, avec du monde à l’intérieur, m’a-t-il semblé.

Les flics planquaient donc toujours.

Cela voulait-il dire que Derambure était chez lui ? Non ; ils pouvaient attendre qu’il rentre. Mais alors qui le surveillait pendant ce temps ?

Je me suis soudain avisé que je ne connaissais pas sa voiture. Il en avait forcément une.

J’ai commencé à passer en revue celles qui s’alignaient sous mes yeux. Toutes pouvaient faire l’affaire, et aucune en particulier. Je me suis tourné de l’autre côté, vers la Seine, sans plus de profit, jusqu’à ce que...

J’ai cru que j’allais basculer dans le vide.

La bagnole d’Axel !

 

 

N’eût été mon infirmité, je me fusse précipité dans la rue, en prenant l’escalier quand même, ce qui eût été une connerie, pas de prendre l’escalier, bien sûr, mais d’agir sur un coup de tête, au risque de tomber dans un piège, une chute potentiellement aussi dangereuse que l’autre, danger ou pas quel intérêt de se précipiter si ce n’est pas pour plus d’efficacité ou de sécurité, bref, merci la fêlure du calcanéum avec double entorse du genou, je me suis contenté d’empoigner mes cannes et de gagner la cuisine, tout en songeant à ce que pouvait signifier la présence de la Capri en bas de chez moi, de chez nous, et là pas de risque d’erreur, les bagnoles de ce modèle ne couraient pas les rues, même dans une banlieue cossue comme la nôtre, non, je plaisante.

J’ai tout de suite vu que Paula et Annette avaient pris leur petit-dej, leur vaisselle s’égouttait près de l’évier, j’ai crédité ma sœur de cette délicate attention, en revanche le bol de ma mère traînait sur la table, elle avait dû se lever pour dire au revoir à sa fille, peut-être même à Paula si elle n’était pas déjà partie, et se recoucher, sans oser ouvrir l’enveloppe que ma copine avait laissée en évidence contre la boîte d’Ovomaltine, une enveloppe à mon nom qu’elle avait pris soin de cacheter, légère offense à la discrétion maternelle. Mais peut-être qu’elles s’étaient vues, qu’elles s’étaient parlé, et de quoi je me mêlais encore ? Lis ta lettre, Norbert, et fiche-nous la paix.

Je me suis assis et, d’une main tremblante, intimidé que j'étais rien qu'à voir mon nom ainsi calligraphié, j’ai déchiré l’enveloppe.

Elle contenait un simple feuillet plié en quatre, à réglure seyès et perforations renforcées par des œillets argentés, avec l’encre violette c’était du plus bel effet, et voici ce que m’écrivait Paula :

 

Mon cher Norbert,

J’espère que tu as bien dormi, et je te prévois un bel avenir dans la psychologie.

Tu avais raison.

Rolande s’est levée spécialement et juste à temps pour me donner la route, comme diraient tes amis sénégalais, gens si hospitaliers, mais aussi pour m’annoncer la bonne nouvelle : je pouvais considérer sa maison comme la mienne jusqu’à ce que je me trouve un nouveau logement plus près du lycée et mieux adapté à mes besoins.

Elle a dit faire cela autant pour toi que pour moi.

Norbert, ta mère t’adore. J’en aurais bien voulu une comme elle.

Je dois partir, je rentrerai vers dix-huit heures, d’ici là repose-toi bien, et sois prudent.

Il faudra que nous trouvions un moment pour parler du livre de Maurice. Rémi l’a épluché et ses conclusions sont inquiétantes. D’où mes conseils de prudence.

C’était sympa l’autre soir aux 4S, je te raconterai ; mais tu nous as manqué, et la nouvelle de ton hospitalisation nous a beaucoup émus. Tout le monde croyait que tu t’étais battu avec Putois. Quand j'ai appelé l’hôpital le lendemain, hier donc, tu venais de sortir. Avec ton frère, m’a-t-on dit. Un malentendu de plus. L'infirmière-chef m’a confirmé ton départ sans préciser qui était venu te chercher.

Annette est devant moi et me sourit par-dessus son bol. Tu n’as pas de frère, mais tu as une sœur que je t’envie. Je t’envie beaucoup de choses.

Je file.

Je t’aime,

Paula

 

Il y en a peut-être parmi vous que ce message écrit à la va-vite ne remue pas plus que ça, je les comprends, on n’a plus vingt ans, que dis-je, dix-huit en principe pour ce qui me concerne, seize pour Paula, qui toutefois allait sur ses dix-sept et même y courait vu que son anniversaire était fin janvier, mais moi ça m’a fait quelque chose, je n’arrivais pas à détacher mes yeux de ses derniers mots, et quand j’ai senti un souffle chaud me caresser la nuque je n’aurais su dire depuis combien de temps la matouze lisait par-dessus mon épaule. Mais naturellement elle a fait comme si elle venait d’entrer dans la cuisine. Et moi, comme si je ne pouvais pas en douter. Sans rien dire, j’ai replié la lettre, l’ai glissée dans l’enveloppe et celle-ci dans ma poche de pyjama.

Je me suis réchauffé le fond de café qui restait et j’ai fini le pain. Ma mère s’était assise et me regardait. C’était inhabituel de se trouver comme ça tous les deux à la maison un jour de semaine. L’espace d’une seconde, j’ai entrevu à peu près tous les avantages et inconvénients de la situation. Ça faisait une bouillie bien épaisse et lourde et plutôt goûteuse ma foi, mais rien de très folichon. Question petits plats, je pouvais compter sur les réflexes et le savoir-faire maternels, pour la conversation on s’en tiendrait à l’essentiel histoire de ne pas s’engueuler, les distractions se borneraient pour la matouze au film de l’après-midi à la télé et le reste du temps aux mots croisés ou éventuellement à la recherche d’emploi. Elle irait peut-être faire un tour, seule ou en compagnie de Würtz s’il était encore en congé. En tout cas, s’ils avaient projeté de se voir chez nous, c’était râpé. Mais non, ils n’avaient pas pu imaginer ça, je ne leur en avais pas laissé le loisir.

De son côté ma mère ne supporterait pas de me voir glander. J’allais devoir au moins faire semblant de bosser. Ça ne m’enchantait guère, car je déteste jouer la comédie. Non, soyons sérieux, ce qui me pesait le plus c’était de devoir rester enfermé toute la journée. Mieux valait ne pas y penser.

« Qu’est-ce que tu dis, maman ?

– Ah ! quand même, monsieur daigne quitter sa bulle. Je te demandais ce qu’elle t’écrivait, Paula.

– Des choses gentilles. Pour toi aussi. Merci d’avoir accepté de l’héberger.

– Et c’est pour me remercier qu’elle colle l’enveloppe ? Pourquoi faire des mystères ? Enfin, ça me regarde pas. Eh bien si, ça me regarde, t’es mon fils, je veux pas qu’il t’arrive n’importe quoi.

– Mais maman, t’as confiance en Paula, non ?

– Pas si elle a des choses à cacher.

– Écoute, t’as qu’à la lire, sa lettre, tu verras qu’y a rien dedans de secret.

– Alors pourquoi elle l’a collée ? Elle manque vraiment de savoir-vivre.

– Eh ben tu referas son éducation. Moi, je vais replier le canapé. »

Ça promettait, les jours tranquilles à Clichy. Encore une référence à demander à Rémi.

Tout en retransformant ma chambre en salon-salle à manger, je gambergeais à plein régime. Les pensées les plus diverses et parfois les plus folles se télescopaient dans mon bocal intime. Je vais essayer de vous restituer ça.

D’abord, j’admirais Paula, qui avait pris le temps de m’écrire malgré d’autres urgences, dont celle de se reposer. Peut-être n’avait-elle pas dormi du tout. Je trouvais sa lettre un peu bizarre par certains aspects, mais j’attribuais ça justement à sa fatigue. Plus bizarre me paraissait sa visite. Je ne doutais pas un instant de cette histoire de déménagement forcé, Paula n’était pas du genre à fabuler, enfin, pas comme ça, et en me représentant mieux ce qu’elle avait subi je me suis senti vaciller, qu’est-ce que j’aurais éprouvé à sa place ? J’y étais un peu, du reste : j’imaginais sa chambre, ce théâtre de nos échanges et de nos étreintes, dévastée par l’explosion, et bien sûr j’ai fait le rapprochement avec Étretat, par deux fois le sort avait détruit notre nid, et la première, en fait de sort, c’est ce malade de Derambure qui avait agi. Se pouvait-il que le suicide du voisin soit une mise en scène ? Si vous m’avez lu attentivement, vous savez déjà de quoi il retourne, j’ai d’emblée levé le doute, mais à l’époque je m’interrogeais. Par ailleurs, pourquoi Paula avait-elle renoncé à l’hospitalité de Félix ? Dans son malheur elle avait eu de la chance, il n’habitait pas très loin de chez elle, ils étaient dans la même classe, alors ? Ça ne me dérangeait évidemment pas de partager mon canapé-lit avec ma copine, mais tout ce temps que ça lui ferait perdre dans des transports moins charmants (encore que le salon-salle à manger de Clichy ne me semblât guère se prêter à nos ébats, à moins que nous eussions été seuls dans l’appart’), n’était-ce pas payer trop cher un confort très relatif ? Plus exactement, que s’était-il passé chez Félix ? Je savais depuis Étretat combien ce gus différait de l’image que je m’en étais faite, ce n’était pas l’élève studieux que je m’étais figuré mais bien plutôt une espèce de marginal dénué de scrupules. De là à décourager Paula, il y avait aussi un écart important. Je craignais de trop bien voir comment Félix avait pu le combler : en exigeant, mi-sérieux mi-badin, un loyer charnel, sous prétexte qu’ils avaient déjà couché ensemble. Le salaud !

De toute façon Paula n’avait pu me parler librement, l’intervention de ma mère l’avait même empêchée de commencer, je n’avais plus qu’à attendre son retour. Moi aussi j’avais des trucs à lui raconter, par exemple le drôle de coup de fil qu’on avait reçu dimanche après-midi, mais j’avais surtout hâte de l’entendre elle. J’allais devoir prendre mon mal en patience.

À moins qu’elle ait glissé des indices dans sa lettre ?

Cette idée m’a ragaillardi d’un coup. Un tel procédé eût bien ressemblé à ma copine, et eût expliqué les bizarreries de sa prose, à la fois trop longue et trop courte.

Tout excité, j’ai relu son texte.

Bon, la première chose c’était cette allusion à mes amis sénégalais pour justifier une formule parfaitement gratuite. Paula n’avait pas coutume d’étaler ainsi sa science, surtout avec moi. Il y avait là un message caché. Ça voulait dire : n’oublions pas Samba. Mais pourquoi ?

Ensuite, le caractère désordonné de la lettre invitait à la considérer comme suspecte. Ça ne me disait rien de plus, mais ça m’apparaissait maintenant comme une évidence : je devais creuser.

Ainsi la mention du bouquin de Maurice, les conseils de prudence, tout ça se tenait, mais aurait eu sa place dans le paragraphe suivant : pourquoi le dissocier de la soirée aux 4S ? Et pourquoi parler du malentendu de l’hôpital ? Juste pour dire du bien de ma sœur ?

Restait ce détail qui clignotait sous mes yeux : bien que Paula n’affectionnât guère les jeux de mots, elle avait appelé Pithois par son surnom.

Voici comment j’ai retraduit sa lettre :

 

Mon cher Norbert,

Je te rappelle que Samba a mis Sophie Trunck enceinte.

Selon Rémi, le bouquin de Maurice confirme son implication dans la série de meurtres.

Méfie-toi des faux frères, comme ce type qui t’a ramené de l’hôpital. Il y a peut-être un rapport entre Maurice et lui.

 

Je m’applaudissais d’une telle sagacité. Mais le mieux était à venir.

Le problème, me disais-je, c’est que ça n’explique pas la concession aux jeux de mots, ni ne colle avec le collage. En d’autres termes, pourquoi cacheter l’enveloppe si le message devait sembler si anodin ? Juste pour suggérer qu’il ne l’était pas ? Peu probable. Paula n’aurait pas pris le risque d’offenser ma mère sans une raison plus impérieuse.

Je tournais et retournais l’enveloppe entre mes doigts, de nouveau frappé par l’élégance de la suscription. Belle enveloppe, assurément, on ne l’aurait pas jetée comme ça. Et au fait, où Paula l’avait-elle trouvée ? J’ai levé machinalement les yeux et ils sont tombés sur le petit meuble de l’entrée où reposait le téléphone et dans les tiroirs duquel la matouze serrait son nécessaire pour la correspondance. C’est là que Paula s’était servie. Mais pourquoi une enveloppe, et pourquoi la cacheter ?

J’ai visualisé la scène, Paula léchant les bords gommés du rabat, et j’ai compris.

Oh putain !

Par chance ma mère était dans la salle de bains. Je suis entré dans la cuisine, j’ai fait bouillir de l’eau, décollé le rabat à la vapeur. J’ai eu à peine le temps d’apercevoir une inscription, ma mère jaillissait du couloir.

« Qu’est-ce que tu fabriques ?

Une tisane. J’ai adoré celle d’hier soir. T’en veux ?

– Oui, mon fils, merci. J’ai mal dormi. Mais Paula, la pauvre ! Je sais pas comment elle va faire.

– Elle est costaud, tu sais.

– Tu relisais sa lettre. T’es mordu, hein ? Il t’en faut pas beaucoup.

Bon, on a parlé de Paula, de son émancipation, qui impressionnait fortement la matouze. Je me suis rendu compte que je ne savais pas grand-chose de ma copine. Elle était discrète concernant sa famille. Ce que j’avais compris, en gros, c’est que ses parents ne s’étaient jamais attachés à elle. Des gens riches pourtant, des gens bien, comme on dit. Père médecin. Bonne bourgeoisie de province. N’empêche qu’ils l’avaient plus ou moins mise à la porte en lui donnant une somme d’argent qu’elle gérait. Émancipée à seize ans. On sentait qu’il y avait autre chose, mais on n’avait pas envie de la bassiner avec ça, vu l’air triste et las qu’elle prenait quand on abordait la question.

« Elle est fille unique ?

– Je crois.

– Les enfants uniques, elle a dit (comme si je n’avais pas entendu ça cent fois), c’est des enfants d’égoïstes, et ça fait des égoïstes. »

Je connaissais par cœur le couplet, ou plutôt le refrain, mais elle me regardait avec une intensité inhabituelle, comme déjà à une ou deux reprises ces derniers temps. Seulement moi, j’avais hâte de me retrouver seul pour déchiffrer le message que vous savez, et j’ai écourté la dégustation en commun de la magique potion. Les confidences maternelles attendraient, on n’avait pas fini de se rencontrer dans nos cinquante mètres carrés.

« Ben où tu vas ?

– Une envie pressante. »

Désolé pour le cadre, mais ce qui vous intéresse c’est le message secret. Il faut savoir ce qu’on veut.

J’ai sorti l’enveloppe de ma poche. J’avais bien lu : Une société de myopes.

Qui ça ? Nous ? Je ne pigeais pas.

Puis j’ai été comme illuminé.

Oh putain !

Les cannes de chez Zerbib m’ont propulsé au salon, j’ai ouvert le placard sous la bibliothèque  entendez : quelques étagères plutôt désœuvrées , j’en ai sorti ce que je cherchais.

J’étais sonné. Je venais d’encaisser trois chocs en même temps, d’une telle violence tous les trois que chacun eût suffi à m’envoyer au tapis.

Au tapis. Elle est bien bonne.

Le premier, c’était la découverte de la vérité.

Le deuxième, ce que cette vérité avait de choquant.

Le troisième, le dépit de ne pas l’avoir trouvée moi-même.

On peut parler de jalousie.

Comment Paula avait-elle fait, elle ou les copains ? J’espérais que c’était elle toute seule. Ça m’aurait moins embêté d’être jaloux de ma copine.

Une société de myopes. Quand même, j’avais du mal à y croire. Il fallait que je vérifie.

J’ai posé mon fardeau sur la table. Le couvercle a résisté, puis s’est décoincé d’un coup. En retombant, la boîte a craché deux petits objets qui ont roulé sur le bulgomme.

Deux fois six douze.

Libéré ?

 

(À suivre.)

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Épilogue

 

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Commenter cet article

Cardamome 11/12/2018 14:17

La solution sur un plateau ?

Louis Racine 11/12/2018 20:13

Comme vous dites !