Joue-moi encore, 2

Publié le par Louis Racine

Joue-moi encore, 2

 

Que les plus fidèles d’entre vous me pardonnent – quelle meilleure preuve de fidélité ? –, mais il me paraît indispensable de fournir ou de rappeler aux autres quelques informations concernant cette affaire sur laquelle mes proches et moi-même avions été forcés par les circonstances à mener une enquête clandestine mais opiniâtre, et, j’ose l’affirmer, non dénuée d’efficacité.

Tout a commencé avec l’assassinat d’Isabelle Messmer, une de mes camarades de classe, étranglée chez elle dans son sommeil, le dernier week-end de décembre. J’en avais été d’autant plus affecté qu’Isabelle et moi venions de nouer une relation plutôt intense bien que notre ultime entrevue se fût soldée par un fiasco. Bref. Mon trouble se renforçait de l’obscurité du mobile. C’est alors que par une étrange et double intuition j’ai entrevu la possibilité que ce meurtre gratuit, du moins en apparence, ne fût pas un cas isolé mais un nouveau maillon de la série de crimes inexpliqués qui depuis quelques semaines accaparait notre ami le commissaire Laforgue. Lequel, à mots couverts, m’a laissé supposer que j’avais vu juste.

Je maintiens le terme d’intuition, mais, comme le disait ma prof de français de Seconde, madame Le Hir, l’intuition est une méthode souterraine, et quand je relis aujourd’hui cette histoire, ou plutôt quand je peux enfin la lire à travers ce petit travail d’écriture, je ne sais ce qui me frappe le plus de ma clairvoyance ou de mon aveuglement. Il semble que d’indices minimes j’aie inconsciemment tiré des conclusions exactes et décisives, négligeant par ailleurs ce qui aurait dû me sauter aux yeux. Ce n’est pas faute d’avoir souvent tenu conseil et qui plus est avec une personne d’une grande perspicacité, je parle bien sûr de Paula. Tout ce que j’ai compris, elle l’avait compris la première. Et, curieusement, ça ne m’a jamais gêné, malgré mes dons pour la jalousie.

Ce qui donc relevait de l’intuition, c’était que le meurtre d’Isabelle puisse être lié à la visite de la fille au numéro bidon ; je vais y revenir. Ce qui aurait dû nous mettre sur la voie, c’est ce numéro lui-même ; si vous ne voyez pas, vous en êtes au même point que nous à l’époque, et tant mieux pour le suspense.

Je vous résume la chose : une jeune fille blonde se présente chez moi un samedi matin, en mon absence. Elle tombe sur ma mère à qui elle raconte une histoire à dormir debout : elle venait voir notre voisin, il n’est pas là, elle ne sait pas comment le contacter, elle laisse à ma mère un numéro de téléphone à lui remettre quand elle le verra. Ce numéro, c’est MOZart 23 78. Or il n’y a pas de Z sur les cadrans. La fille a eu recours à un vieux truc que ma mère apparemment ne connaissait pas. Quant aux chiffres, je découvrirai plus tard qu’ils terminent le numéro de Sophie Trunck, une nana qui me court après (et blonde elle aussi). Mais, sur le coup, j’ignore les motivations de la visiteuse, je gobe son boniment et comme par une étrange coïncidence j’en ai l’opportunité je transmets le numéro au fameux voisin. Il a l’air plutôt contrarié. La nuit suivante, Isabelle Messmer est assassinée. Pas par le voisin, qui est avec nous à Étretat. Cependant Paula et moi le soupçonnons de complicité. Surtout que ce drôle de zozo, un certain Maurice Derambure, respire l’intrigue et la malveillance. Il a autrefois travaillé aux renseignements généraux, dont il a été viré pour faute grave. Le commissaire le fait surveiller pour nous protéger. Un souci de plus, alors qu’il est mobilisé en permanence par une affaire dont nous l’aidons à prendre conscience qu’elle n’est pas si éloignée de celle qui nous occupe.

Il nous en est reconnaissant, mais pas au point de nous associer à son enquête. Il supporte déjà mal l’ingérence de son frère, également notre ami, un type extraordinaire à tous points de vue, comédien hors pair, prestidigitateur de génie bien qu’amateur, d’une sagacité à faire pâlir Sherlock Holmes, et avec ça généreux et drôle, une crème d’homme.

Jules.

Jules que nous venions de voir périr dans d’atroces souffrances.

Mais revenons quelques jours en arrière.

Nous avons deviné que son frère René planche sur une série de meurtres commis à Paris au cours des dernières semaines. Nous essayons d’abord de les recenser. Notre équipe comprend, outre Paula et moi, ma sœur Annette et notre cousine Carmen. Ajoutez nos copains Constant et Rémi.

Nous cherchons des meurtres en apparence gratuits, cette gratuité les liant de manière aussi solide qu’énigmatique. En épluchant les archives des quotidiens, les deux cousines trouvent :

- un touriste allemand lardé de coups de couteau le matin du 11 novembre, rue de Dunkerque ;

- le 7 décembre, une pharmacienne égorgée comme elle fermait son officine, avenue de la République ;

- un libraire de la rue de Vaugirard tué d’un coup de masse dans sa boutique, le 21 décembre.

Ces deux derniers meurtres ont eu lieu un samedi, celui d’Isabelle Messmer dans la nuit du samedi au dimanche.

C’est encore un samedi, le 4 janvier, qu’une femme est défenestrée boulevard Saint-Michel. Nous décidons d’intégrer ce fait-divers à la série, d’autant plus que le meurtrier, qui s’était caché dans l’appartement du dessus, y a laissé des traces qui pourraient faire penser à Derambure. Lequel prend l’avion pour Londres le surlendemain.

Entre-temps, ma copine Géraldine Parmentier a été victime d’une tentative d’assassinat chez elle, dans la nuit du 30 au 31 décembre. Elle est parvenue à échapper à son agresseur, qui n’a pu être arrêté ni même identifié.

Quel lien entre tous ces meurtres ? Impossible à dire, sinon qu’ils sont en apparence dépourvus de mobile. À une énorme nuance près : il semble qu’Isabelle et Géraldine doivent à leur blondeur d’avoir été visées. Notre hypothèse, c’est que l’assassin voulait éliminer la malheureuse messagère au numéro bidon. Il savait seulement qu’elle était jeune et blonde. Il s’est concentré sur les blondes que je fréquentais.

Vous voyez quelle responsabilité je sentais peser sur mes épaules ?

Passons. Et venons-en, pour que ce résumé soit complet, à cette bizarrerie : en les repérant sur un plan de Paris, Paula et moi avions remarqué que quatre des lieux où avaient été commis les meurtres étaient alignés : la librairie de la rue de Vaugirard, l’appartement du Boul’Mich, celui d’Isabelle Messmer et la pharmacie de l’avenue de la République. Si en outre on reliait ce dernier point au domicile de Géraldine, et si on prolongeait le trait dans la même direction nord-ouest, on coupait la rue de Dunkerque.

On ne s’exagérait pas l’importance de cette découverte. On ne confondait pas dessin et dessein. On percevait la contradiction entre une telle clé et le mobile plus haut évoqué. Et je n’aurais pas rappelé le fait sans la réaction du commissaire, à qui j’avais cru bon de le signaler. Il ne m’a pas dit pourquoi, mais j’ai bien vu que ça lui parlait. Et fort.

 

 

J’ai pris ma Nanette dans mes bras, elle a dû trouver quelque peu incongrue cette démonstration de tendresse, mais enfin elle ne s’est pas plainte, de mon côté je me remettais de mon ébahissement, heureux de cette diversion inopinée et impatient d’en apprendre davantage.

« T’as plus qu’à te réchauffer ta pizza », a crié la matouze du fond du canapé où elle s’exerçait à l’admiration du commissaire Valentin. Il fallait qu’elle fût bien éprise du fringant moustachu pour déroger à un principe aussi sacro-saint que La pizza, ça se réchauffe pas, et ma sœur bien impatiente de m’éclairer pour avoir réussi à guetter mon retour tout en suivant un de ses feuilletons préférés. Quelque hâte que nous eussions de nous entretenir, ça attendrait la fin de l’épisode. Sauf à éveiller les soupçons de notre mère.

Ce n’est pas – ou plus – que nous la tinssions à l’écart de l’enquête. Nous avions fini par la mettre dans la confidence, comptant d’ailleurs sur ses bonnes relations avec un vrai commissaire, de qui elle se laissait courtiser, pour obtenir des informations. Elle s’était indignée : jouer les espionnes, elle ? Pas question. Et, tout en se passionnant visiblement pour cette affaire, elle nous avait interdit de poursuivre nos investigations. La police était là pour ça. Nous avions déjà pris trop de risques, et je ne devais pas être fier d’avoir entraîné ma petite sœur et notre jeune cousine dans une aventure aussi dangereuse.

Vous lui donnez raison, bien sûr.

Mais, si nous avons pu désobéir à notre mère, comment nous serions-nous conformés à vos arrêts ?

Nous avons donc continué.

J’ai mangé ma pizza telle quelle, contrevenant par là à une autre règle sacro-sainte, La pizza, ça se mange chaud, je vous laisse applaudir la puissance de ce double bind, j’aurais bouffé n’importe quoi, j’avais l’esprit ailleurs, je pensais à Jules, impossible de chasser ces images d’apocalypse, j’oscillais entre l’horreur et l’abattement, plus rien n’avait d’importance, et puis mon regard a rencontré une photo fixée à la porte du frigo, Annette à la Boissière posant radieuse près de sa luge debout et aussi grande qu’elle, mes larmes refoulées ont afflué d’un coup, des larmes de tendresse, je n’avais pas le droit de laisser tomber, au contraire on allait tous remonter de plus belle au créneau pour venger notre ami, et si jamais son frère était pour quelque chose dans sa disparition on le lui ferait payer cher, et d’abord on ne le laisserait pas ignorer à la matouze, qui pourrait toujours se consoler avec le commissaire Valentin de la perte de l’autre. Vivement la fin de l’épisode, j’ai été tenté d’aller l’attendre devant la télé mais j’ai trouvé cette perspective vaguement indécente alors je me suis roulé un pétard que j’ai fumé à la fenêtre, le premier de la journée, franchement je n’abusais pas, un tout petit en plus, en tripotant le poste de radio j’étais tombé sur de la musique planante, je n’ai pas vu le temps passer, et quand ma mère est entrée dans la cuisine seul un réflexe providentiel m’a fait jeter mon mégot dans la rue.

« La fenêtre ouverte ! Avec le froid qu’i’ fait !

– C’était pour aérer, maman.

– T’as qu’à pas fumer. »

On en est restés là, d’abord parce qu’elle-même clopait, ensuite parce que c’était l’époque où elle croyait encore que l’odeur particulière de mes tiges tenait à mon tabac à rouler. L’idée de cette mystification m’était venue à Étretat au contact de Félix, un garçon que vous verrez ou reverrez bientôt, tant pis pour vous si vous ne l’appréciez pas. Enfin, ma mère avait un autre sujet en tête.

« Raconte donc, elle a lancé, juste comme Annette nous rejoignait ; c’était comment ce tournage ? »

J’avais beau m’être préparé, la partie n’était pas facile. J’ai dit que Jules avait eu un empêchement. Alors Annette : Rien de grave, j’espère ? Comme tu y vas, j’ai fait – admirez la rhétorique. Je me sentais déraper vers l’abîme. Je me suis raccroché à la question de savoir dans quelle mesure la matouze se réjouissait de ce contretemps. Vous l’ignorez peut-être, mais elle était sous le coup d’une déception, ayant été pressentie pour jouer dans un film – un long métrage ! – puis finalement écartée par la productrice.

« Ben qu’est-ce que t’as fait tout ce temps ? »

Le mensonge de la philo lui a plu, et va me permettre de vous donner en même temps qu’à elle des nouvelles de ma dissert’.

« À propos, cette fameuse dissertation sur laquelle t’avais passé une nuit blanche à me piquer toutes mes cigarettes, on devait pas vous la rendre hier ? »

Bien renseignée. Une mère attentive, quoi. Le problème n’était pas de lui répondre, mais de lui faire un rapport ni trop long ni trop sec. Ça vous arrange aussi ?

Quand même, je suis chez moi, je vais vous parler de mon rêve. Vous pouvez sauter les trois paragraphes suivants, et même tous les autres, sauf ceux que vous avez déjà lus, désolé.

D’abord un mot du contexte. J’avais pris l’habitude, moyennant quelques piécettes, d’amender les devoirs d’un camarade de classe, un certain Douvenou, et, cette fois encore, je lui avais corrigé les fautes d’orthographe de sa dissert’. Quant à la mienne, le prof l’avait acceptée en retard au vu de mes soucis personnels du moment. C’était la première que je lui donnais à lire, je ne sais plus quel bobard j’avais forgé pour justifier l’impossibilité de lui remettre la précédente, mais ça avait marché. L’opinion qu’il se faisait de moi était donc fondée sur mes interventions en cours, dont il avait parfois salué la pertinence, et sur mes notes de français, que la modestie m’interdit de vous révéler ; toujours est-il que j’avais un joli capital de points d’avance.

Ce prof rendait les copies par ordre alphabétique, se déclarant hostile à tout autre classement ; en revanche il demandait à chaque élève une estimation de sa note avant de la lui annoncer. Exercice périlleux, pour lequel les derniers de la liste possédaient plus d’éléments que les premiers, car nous, notre valeur relative, nous en avions une idée.

J’étais plutôt satisfait de mon devoir, sur lequel j’avais sué sang et eau. Mais, je l’ai dit, c’était la première dissert’ de philo de ma vie, et même avec tout le recul dont j’étais déjà capable j’avoue que je m’inquiétais de ma note. Au point que j’en ai rêvé la nuit précédant le jour fatidique. Rêve très réaliste, à quelques étrangetés près, comme ce quarante sur vingt obtenu par la fille qui me précédait dans la liste et qui avait deviné juste. Mon tour venu, je me pronostiquais treize, histoire de dire que je pensais mériter largement la moyenne sans me prendre pour un génie, et là le prof arrondissait les lèvres en un cercle parfait qu’il désignait silencieusement du doigt. J’en déduisais que j’avais zéro, et c’était effectivement le cas. Le prof alors se déchaînait contre moi, soutenu par toute la classe y compris Douvenou, qui m’avait dénoncé comme ayant copié sur lui, du coup il n’avait que cent au lieu de deux cents, comment ? la moitié, c’est ça, et dans le brouhaha et les rires je ne parvenais pas à articuler le moindre son ni surtout à concevoir le moindre argument pour ma défense. La suite serait intéressante mais n’a plus aucun rapport avec notre intrigue, je laisse donc tomber, et je reprends ma narration là où vous l’avez peut-être laissée tomber aussi.

J’ai cru revivre mon rêve, malgré de grandes différences. Très vite, mon tour arrive, la pauvre fille juste avant moi a claironné quinze et s’est pris un cinq, tout le monde me regarde avec curiosité, Douvenou plus intensément que les autres, pris au dépourvu je dis treize, et le silence qui suit me paraît interminable.

« Treize », fait le prof.

Serait-ce réellement ma note ? Non, il ne répète l’hypotreize que pour mieux en souligner l’erreur. Je commence à flipper velu. Toute la classe retient son souffle, comme pour mieux écouter le tam-tam qui me bat les tempes.

« Treize... insuffisant », dit le prof, pourtant peu porté sur les calembours. « Treize... en-dessous. Pourquoi seulement treize ? Quels défauts trouvez-vous à votre devoir ? »

Me revient opportunément un commentaire glané lors de la correction de la première dissert’ (où j’étais donc non seulement présent mais à l’écoute, alors que je n’avais pas rendu ce devoir) :

« Le manque de références philosophiques. »

Il boit du petit lait.

« Exactement. C’est dommage. Vous auriez pu avoir une meilleure note encore. (À la cantonade :) Vous savez, je n’hésiterais pas à noter vingt sur vingt une copie qui le mériterait ; avis aux amateurs. Je n’en ai jamais eu l’occasion, c’est tout. Vous, je vous ai mis dix-sept. Mais j’attends mieux. »

Voilà. Ni trop long ni trop sec. Ma mère était aux anges, ma sœur rose de fierté, et moi malheureux comme les pierres, parce que je pensais à Jules. Depuis cette époque, immanquablement, je trouve un goût amer à ce genre de succès. Je ne dirais pas que c’est pour ça que je n’ai pas cherché à les accumuler, mais la question se pose, je trouve. Les tôles, à l’inverse, me réjouissent. Ça m’a fait détester de quantité de profs ; les enseignants aiment rarement qu’on éclate de rire en réaction à une sale note.

« Ben t’as pas l’air content », a dit ma mère.

« Je suis fatigué, je crois. »

Une parade comme une autre. Maintenant je n’avais qu’une envie, c’est de me retrouver seul avec ma sœur pour causer de vous savez quoi. Mais elle apparemment elle avait oublié, et elle ne se démenait pas beaucoup pour favoriser cette entrevue. J’ai pensé que délai pour délai j’augmenterais encore mon prestige en jouant les fils diligents, et j’ai demandé à la matouze où elle en était dans ses recherches d’emploi. Mauvaise pioche. « Attends, elle a fait, j’ai pas eu de vacances, moi, je peux bien m’accorder une ou deux semaines de repos. – Bien sûr, j’ai dit, je voulais pas te fâcher, n’en parlons plus », mais je sentais que j’avais gardé un air sinistre et c’est dingue comme il est difficile de donner le change dans ces cas-là. Ma mère était retombée des anges à ses vieux démons, elle s’est levée avec un mélange que je connaissais bien de lassitude et de résolution et elle nous a plantés là pour aller se coucher. Avant de quitter la cuisine, elle s’est tournée vers moi pour me balancer ce dernier swing : « J’ai pas eu ta chance. »

Au moins, on allait être tranquilles. On a attendu qu’elle s’enferme dans la salle de bains, puis d’un même élan on s’est rapprochés l’un de l’autre comme des conspirateurs.

« Alors, ce meurtre ? » j’ai fait.

« Ça s’est passé ce matin gare de Lyon. Un type a été poussé sous un train qui arrivait.

– Un accident, peut-être. Ou un suicide.

– Non, non, il a été poussé. Y avait des témoins.

– Comment tu sais tout ça ?

– J’ai appelé la gare.

– Mais pourquoi ?

– Pour vérifier.

– Je pige pas.

– Je venais de rentrer du collège, le téléphone a sonné, j’ai décroché, un inconnu, c’était justement à moi qu’il voulait apprendre la nouvelle. Un meurtre avait été commis gare de Lyon.

– Un inconnu ? T’es sûre ?

– Sa voix me disait rien. Ou alors...

– Quoi ?

– Non, c’est pas possible.

– Dis quand même.

– Elle ressemblait un peu à celle du commissaire. »

 

(À suivre.)

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Épilogue

 

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