Bakounine n’est pas rentré, 3

Publié le par Louis Racine

Bakounine n’est pas rentré, 3

 

On ne cache rien à Paula. Ou pas longtemps. Et à moi ? Qui sait – ou plutôt comment saurais-je – si je ne suis pas de ces faux lucides qu’il est si facile de tromper ? Si j’eusse compris tout seul que Constant ne nous avait pas livré la totalité de ses observations ?

On n’a pas eu besoin de se concerter Paula et moi pour décider de retourner dans le bureau à la première occasion. Je peux même vous dire ce qu’on avait prévu chacun de notre côté, en parfait accord cependant : Paula veillerait avec moi, on convaincrait Constant, le plus éprouvé de nous tous, de prendre un peu de repos, et on profiterait de son sommeil pour mener nos investigations.

D’ici là, on avait une partie d’assassin à jouer. Et Derambure dans nos pattes. Bon, il ne tarderait probablement pas à partir, maintenant qu’il avait pu constater que nous n’avions pas besoin de ses services.

C’était compter sans son opiniâtreté. Il lorgnait si intensément sur nos fringues et sur nos lampes que je craignais une indiscrétion de l’un d’entre nous, mais comme ça ne venait pas il est remonté au créneau :

« Vous alliez sortir ? »

On s’est regardés, conscients que cette seule consultation nous condamnait à l’aveu. Annette m’a lancé une œillade interrogative à laquelle j’ai répondu par un léger mouvement de paupières. Je faisais confiance à ma sœur pour sauver la mise.

« Ben, elle a commencé, c’est ma faute. J’ai perdu mon portefeuille sur la plage, ça peut être que là, alors on allait le chercher. On s’est dit qu’à tous on avait plus de chances. »

Bravo, sœurette !

« Je vais vous aider. »

Oh putain !

Je passe sur les détails pénibles. Vous aussi vous avez hâte de vous débarrasser du fâcheux. Alors on a écourté la plaisanterie ; après quelques minutes de recherches infructueuses – étonnamment –, Carmen s’est exclamée :

« Mais Annette c’est pas possible ! »

Et, dans le silence glacial :

« Rappelle-toi, tu m’as montré la photo de... enfin... (gloussements), tu avais ton portefeuille au dîner.

– Mais oui, t’as raison ! Ah ben du coup je sais où il est ! »

On a engueulé Annette, on s’est platement excusés auprès de Derambure, qui a tenu quand même à nous raccompagner, et ne nous a lâchés qu’une fois que par une fenêtre du premier étage Annette lui a eu montré le portefeuille de Paula, avec le sourire de piteuse reconnaissance qui convenait. Quelle comédienne, elle aussi !

On l’a vu s’éloigner, on a attendu un quart d’heure, en éteignant progressivement les dernières lumières, et on est ressortis, non mais !

 

 

Pendant qu’on gravissait la rue vers l’hôtel désaffecté, j’ai félicité Carmen pour son sens de l’à-propos et le naturel de son jeu. Cette fille me plaisait, plus que je n’eusse osé le reconnaître. Elle n’avait qu’un an de différence avec ma sœur (elle était toutefois en seconde, ayant sauté je ne sais quelle classe) et je n’aurais voulu ni faire de la peine à Paula ni susciter ses sarcasmes en sortant avec une gamine, laquelle de surcroît était ma cousine (une cousine éloignée, mais quand même). Bref, je me croyais suffisamment désintéressé pour pouvoir affecter avec elle les franches manières d’un grand-frère sans donner l’impression d’un flirt dont mon comportement avait pourtant toutes les apparences. Et l’on m’eût certainement scandalisé en me prêtant des désirs que j’avais bel et bien ; j’en veux pour preuve les démonstrations de tendresse plus fréquentes et plus appuyées qu’à l’ordinaire dont me gratifiait Paula. Je sens que cet imbroglio sentimental vous intéresse, mais je vous rappelle qu’il est question de jouer à l’assassin.

Il existe quantité de variantes de ce jeu. On avait opté pour l’une des plus simples.

On prépare autant de petits papiers que de joueurs. Sur l’un de ces papiers est écrit ASSASSIN. On tire au sort, on regarde son papier, et on se disperse, dans les limites du terrain de jeu. Le tueur désigné doit exécuter un par un tous les autres joueurs, symboliquement, bien sûr, en usant d’un signe convenu. Nous, on avait choisi la petite tape sur l’épaule. Une fois mort, on n’a plus le droit de parler ni d’agir ; on reste immobile et sourd aux appels. Les survivants continuent de se déplacer en attendant d’être tués ou de prendre l’assassin sur le fait. À tout moment un survivant peut accuser nommément un joueur, qui doit alors montrer son papier. Si l’accusateur s’est trompé, il est éliminé jusqu’au prochain tirage. Quand il ne reste plus qu’un survivant, l’assassin est déclaré vainqueur.

Telle était la règle. Nous y avions ajouté deux clauses, liées au fait que nous jouions dans le noir. D’une part, était aussi éliminé l’accusateur qui prenait un joueur pour un autre (et dans ce cas l’accusé n’avait pas à montrer son papier). D’autre part, les joueurs munis d’une lampe ne devaient s’en servir que pour faciliter leurs déplacements, sans jamais la braquer sur un autre joueur, à des fins d’identification par exemple.

Le décor, maintenant.

Imaginez une grande vieille bâtisse à toits pointus et colombages. Vous dites ? Comme la villa Morgane, dont je vous ai pourtant épargné la description ? Soit, mais en beaucoup plus grand. L’accès en était défendu par de simples écriteaux. Les portes étaient verrouillées, mais deux fenêtres du rez-de-chaussée dépourvues de vitres et de volets compensaient ce défaut d’hospitalité. L’intérieur montrait de nombreuses marques de délabrement voire de vandalisme. Certains escaliers étaient impraticables ou dangereux, des portes manquaient, d’autres battaient en grinçant aux courants d’air qui s’engouffraient dans les couloirs. Paula avait vu juste : l’endroit se prêtait idéalement à notre jeu. Surtout de nuit.

L’hôtel comptait trois niveaux en surface, c’était largement suffisant. On a exclu le sous-sol, malgré les protestations de Félix. De toute façon je n’y aurais pas mis les pieds.

Si vous aimez jouer, vous avez dû entrevoir quelles finesses tactiques et stratégiques permettait la règle que nous nous étions donnée, avec ses aménagements. Une idée qui vient tout de suite à l’esprit, c’est que si l’on n’est pas l’assassin on a intérêt à faire le mort en attendant qu’il se dévoile. Car il ne peut rester indéfiniment immobile. Bref, il est piégé. Mais vous savez ce que c’est : les survivants se lassent vite d’attendre, ils ont envie de surprendre l’adversaire et sont tentés de le provoquer, quitte à y perdre une vie toute virtuelle. La meilleure tactique pour lui est donc de gagner la confiance de ses victimes en jouant les survivants impatients. La meilleure stratégie, de se faire passer pour mort après avoir tué les joueurs les plus aisément identifiables dans le noir. Le tout en s’efforçant d’empêcher les éliminations, qui resserrent l’étau autour de lui.

On a commencé par reconnaître les lieux, histoire de se pénétrer de leur atmosphère et d’enregistrer les informations utiles, surtout concernant les difficultés, obstacles et dangers. Les lueurs des lampes tremblaient et dansaient d’excitation. Chacun sentait les autres jubiler par avance en imaginant cachettes et scénarios et s’efforçait vainement de contenir sa propre joie. Ce n’étaient que brèves exclamations et ricanements étouffés.

La visite terminée, on s’est rassemblés sur le palier du premier étage, au-dessus de ce qui avait été la réception, on a brassé les papiers dans le béret de Paula, chacun s’est servi et a secrètement lu le sien à la lumière d’une lampe qui circulait. Bon, je n’étais pas l’assassin. Je me suis consolé en me faisant fort de le confondre, et on s’est égaillés dans les ténèbres.

Moi, je me suis posté à l’entrée d’un local technique d’où le regard embrassait le palier du premier étage, celui de l’étage supérieur et l’axe d’un couloir distribuant une dizaine de chambres.

Cependant, mes yeux avaient beau s’habituer peu à peu à l’obscurité, j’aurais été incapable de reconnaître personne, sauf sans doute ma sœur, du fait de sa petite taille. Je tendais l’oreille, sachant dans quelle direction chacun était parti, mais tenant compte des ruses et des leurres possibles et gardant en permanence à l’esprit le plan de l’hôtel et en particulier l’emplacement des escaliers ; outre celui qui montait de la réception, il y en avait de plus discrets, aux extrémités des couloirs principaux. Certains joueurs avaient pris le parti de se déplacer bruyamment, on entendait de tous côtés chocs et craquements, parfois même un petit cri. Cette phase de jeu a duré une poignée de minutes, puis le silence s’est installé, durable, profond, épais de toute son inconsistance, un silence de mort.

Non : le sang battant à mes tempes disait au contraire la vie, une vie menacée pour de rire mais qui, en d’autres circonstances, pouvait l’être aussi pour de vrai.

En d’autres circonstances seulement ?

Toute paranoïa mise à part – au passage, une pensée pour Rémi ; ce jeu lui aurait sûrement plu ; et pour Clémentine ; dont les yeux se sont mis à irradier leur feu noir dans la nuit avec une telle intensité que j’aurais pu croire qu’elle était là devant moi, bref –, il n’était pas mauvais de prendre la menace au sérieux. C’était même le meilleur moyen de gagner.

J’écoutais les cognements de mon cœur et ma respiration, et en même temps, mais dans un autre espace, plus près de moi en un sens, je percevais les frottements de mes fringues, j’entendais le décor réagir à ma présence, bruits étrangers, qu’il fallait chaque fois interpréter bien que j’y eusse une part déterminante. Au-delà, ce silence qui lui aussi se dédoublait – que la mécanique interne de mon corps me parût y résonner ou que des sons contingents me rappelassent mon opacité.

Soudain, j’ai compris que je m’étais laissé abuser par la discrétion d’au moins deux joueurs. Leur position quand je les ai remarqués, en deux endroits différents, n’avait pu être atteinte qu’à la faveur de mon inattention. Ça m’a fouetté l’amour propre. Ils se déplaçaient avec une infinie lenteur et dans un silence irréel. Je n’aurais su dire de qui il s’agissait. Aucun des deux certainement n’avait repéré l’autre. Quant à moi, je me jugeais invisible. Je les regardais se rejoindre peu à peu, l’un descendant du second étage, l’autre s’apprêtant à déboucher du couloir sur le palier. Avec un peu de chance, l’un des deux était l’assassin, il tuerait l’autre et je le prendrais sur le fait. Encore fallait-il pouvoir le nommer.

Un craquement alors a retenti dans la cage d’escalier. Quelqu’un montait de la réception. Les autres se sont figés, puis l’un s’est baissé et a repris sa progression en tapinois, tandis que l’autre demeurait immobile et que le troisième continuait à gravir l’escalier.

Impossible de savoir qui. Une image m’est venue, celle de Maurice Derambure, décidément il s’invitait partout celui-là, je l’ai vite chassé de mon esprit, faut pas charrier.

Je distinguais donc désormais trois silhouettes, et j’ai sursauté en voyant un quatrième joueur surgir derrière celui qui ne bougeait plus et s’enfuir vers le fond du couloir donc vers un autre escalier. C’était lui l’assassin ! Je me suis lancé à sa poursuite, le plus discrètement possible, mais le joueur qui descendait à quatre pattes a débouché sur le palier juste comme je passais près de la victime (Félix) et, jugeant trop rapidement de ce qu’il voyait, a crié : « Norbert ! Ton papier ! »

J’étais partagé entre l’exaltation et le dépit. Car mon accusateur était en l’occurrence une accusatrice : Carmen. Bon, elle m’avait reconnu, c’était déjà ça. Mais elle allait être éliminée, alors que je connaîtrais dans quelques secondes le nom de l’assassin, dès que j’aurais identifié le quatrième joueur : il n’en resterait plus qu’un, puisque ce ne pouvait être Annette, beaucoup plus petite que l’ombre que j’avais vue s’enfuir.

J’ai sorti le papier de ma poche et l’ai tendu à Carmen, qui avait allumé sa lampe. À côté de nous, Félix souriait énigmatiquement. Je lui ai rendu son sourire, et aussitôt son expression s’est modifiée du tout au tout. Il écarquillait maintenant les yeux d’un air épouvanté en fixant un point derrière moi. Je me suis retourné, Carmen me tendait mon bout de papier en fronçant les sourcils, C’est quoi, ce bordel ? elle a fait, je finissais de tourner la tête, ma cousine accompagnait le mouvement et on a dit ensemble : Oh putain !

Derambure prenait pied sur le palier.

« J’ai encore l’impression de déranger.

– Nous dites pas que vous avez vu de la lumière », a lancé Carmen tout en maintenant sa lampe braquée sur l’arrivant. Et, me rendant le bout de papier que je lui avais donné :

« Bon, c’est quoi ce bordel ? »

« C’est pour lui », j’ai fait en désignant Derambure. « Tenez, c’est pour vous. »

À son tout d’être éberlué. Il l’avait bien mérité.

Vous vous rappelez ce que m’avait raconté ma mère concernant cette blonde qui demandait après notre voisin. Moi, j’avais complètement oublié. Y compris quand le voisin en question s’était pointé à la villa Morgane : j’avais gardé dans ma poche le bout de papier sur lequel j’avais noté le numéro de téléphone de la fille.

Derambure l’examinait sans comprendre, nous laissant le temps, spécialement à Carmen et à moi, d’apprécier une fois de plus la rémanence de son sent-bon.

Je lui ai rapporté le récit maternel, sans ambages ni fioritures je dois dire, on était en pleine partie et je résistais difficilement à l’envie de précipiter l’intrus dans les marches.

Son visage s’était fermé.

« Merci », il a fait. « Vous en avez encore pour longtemps ? »

Oh putain !

Percevant notre agacement, il a retrouvé son onction habituelle.

« Excusez-moi, j’ai des soucis. Et je suis sincèrement navré d’arriver parmi vous comme un cheveu sur la soupe, ou plutôt comme un chien dans un jeu de quilles. Mais il fallait que je vous parle. C’est très important. Écoutez, finissez votre jeu et retrouvons-nous en bas, ou à votre villa si vous préférez. »

Les parents de Constant, et maintenant Derambure. Qu’est-ce qu’ils avaient, tous ces gens, à être si pressés ?

« Bon, j’ai dit, on termine, mais vous restez à l’écart et vous attendez qu’on vous sonne. »

On l’a pratiquement fichu dehors, et Carmen, éliminée, donc, s’est proposée pour garder les fenêtres du rez-de-chaussée, des fois que.

Entre-temps j’avais fait le point. Il restait non pas une, mais deux hypothèses concernant l’identité de l’assassin : c’était ou Constant ou Paula. Pour gagner, j’avais deux concurrents à devancer, l’un des deux susnommés plus ma sœur. À moins qu’elle n’eût déjà été « tuée », pour la raison que j’ai dite. Ça ne coûtait rien d’appeler, même si l’absence de réponse ne prouvait rien non plus : n’importe qui pouvait se faire passer pour mort.

J’ai donc crié : « Nanette, t’es là ? »

Silence.

Je n’avais aucune raison, aucune vraie raison rationnelle de flipper, mais brusquement me sont revenus à l’esprit, pêle-mêle, les consignes de la matouze, le sentiment de ma responsabilité, quelques faits divers et deux ou trois cauchemars, coalition que je combattais à coups de certitudes (Annette avait sa lampe, ma sœur n’était pas une oie, elle et moi on avait pas mal de chaudes équipées à notre actif), l’ennemi néanmoins était en passe de l’emporter, quand une voix bien connue, hélas ! a résonné dans tout l’hôtel :

« Les flics ! Tirez-vous ! »

Comment on a fait ? Cinq minutes plus tard on était tous dans la salle à manger de la villa Morgane, où Constant avait entrepris de ranimer le feu tandis que Félix grattait sa guitare, que les cousines se mettaient en pyjama et que Paula rassemblait pour les brûler dans la cheminée restes de joints et autres traces susceptibles de faire vibrer la fibre policière, dont son papier marqué ASSASSIN. J’avais encore du mal à retrouver mon souffle, non que j’eusse couru plus vite que les autres, au contraire j’étais en queue de peloton pour mieux protéger les petites, ni plus difficilement que Félix avec ses deux paquets de goldos par jour, mais parce que je m’étais senti talonné par nos poursuivants dont seuls pourtant avaient pu nous atteindre leurs sifflets et peut-être le faisceau de leurs lampes.

Et quand je dis tous, j’y inclus Maurice Derambure, qui faisait horreur et plaisir à voir avec les boursouflures violacées de son visage et son sourire de môme espiègle. Transfiguré, le vieux.

On était prêts à recevoir les flics, qui n’ont pas tardé à tambouriner à la porte de derrière. Constant leur a ouvert, en fait c’étaient des gendarmes, les cousines se sont montrées juste ce qu’il fallait pour accréditer la thèse du couchage imminent, la conversation s’est déroulée dans le couloir, La porte ! a crié Félix, on se les gèle ! Je m’étais joint à notre hôte pour jouer avec lui les innocents, Maurice, qui avait retrouvé tout son sérieux, incarnait l’adulte raisonnable et protecteur, les pandores n’étaient sûrement pas dupes mais ils manquaient d’éléments, ils nous ont parlé rôdeurs et violations nocturnes de propriétés privées, sans préciser s’ils nous mettaient en garde ou en accusation, mais enfin pas plus tard que la veille il y avait eu un cambriolage dans notre rue, Félix est apparu la mine défaite, disant entre deux sanglots qu’après le drame de l’après-midi on avait plus besoin de réconfort que de frayeurs ou de gronderies, puis il est retourné dans la salle à manger où il a commencé à improviser un truc lugubre. Les gendarmes ont enfin battu en retraite et on s’est retrouvés devant la cheminée à rigoler avec notre nouveau copain, sauf les filles qui effectivement s’étaient couchées sur les deux petits canapés.

« Je vais vous laisser, a dit Maurice, mais auparavant...

– C’est vrai ça, s’est rappelé Constant, de quoi vous vouliez nous parler de si important ? »

Il a baissé la voix.

« Du coffret. »

Constant en est resté comme deux ronds de flan.

« Vous voulez que j’aille le chercher moi-même ? » a repris Maurice.

« Non non, j’y vais.

– Soyez prudent. »

Constant s’est levé tel un somnambule, il a pris une lampe est s’est dirigé vers le bureau. Paula, Félix et moi on regardait Maurice, qui fixait obstinément les flammes.

On a entendu des exclamations, puis Constant est revenu, et, l’air hagard :

« Il n’y est plus. »

 

(À suivre.)

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