Bakounine n’est pas rentré, 18

Publié le par Louis Racine

Bakounine n’est pas rentré, 18

 

Bon, ça peut arriver à tout le monde de se tromper, je n’étais pas au mieux de ma forme, un peu affaibli quand même par toutes ces épreuves, merci, votre compassion me touche, ça n’a pas traîné, j’ai bondi hors de la chambre, je me demande si je n’ai pas laissé la porte grande ouverte, je profite de cette occasion pour présenter mes plus sincères excuses à la personne que j’ai dérangée ce jour-là, une femme je suppose mais je n’en suis pas sûr, j’aimerais tellement pouvoir réparer ma gaffe, tout ce que je peux faire c’est ne pas insister sur l’horreur que pouvait inspirer ce faciès tout enveloppé de bandages avec, fusant des profondeurs comme deux geysers, des yeux d’un éclat et d’un pouvoir perforant inimaginables, mais ce n’était pas le regard de Géraldine, ça non, ni ses mains d’ailleurs, pourquoi avais-je cru les reconnaître ? mystère, bref, je me suis carapaté en quatrième vitesse, et je suis évidemment entré en collision avec l’infirmière qui quelques secondes plus tôt avait tenté de m’arrêter en me voyant partir dans une mauvaise direction.

Ne perdons pas trop de temps, vous avez hâte de retrouver Géraldine et je vous comprends, accessoirement vous ne dédaignerez pas de savoir quelle était cette idée qui avait failli me terrasser tout à l’heure, je serai donc bref, mais franchement l’infirmière m’a bien plu. Il y a comme ça des personnages secondaires, voire très secondaires, de simples silhouettes, qu’on regrette de ne pas pouvoir cultiver davantage. Bon. Géraldine.

En entrant dans sa chambre – pas d’erreur, cette fois –, j’ai été frappé par un détail tellement incongru que j’en ai eu le sourire, juste comme j’essayais de m’en composer un ni trop réjoui ni trop douloureux. Du coup, je ne sais pas ce qu’évoquait celui qui me déformait la bouche, mais ça n’a pas eu l’air de gêner ma copine, vu qu’elle paraissait totalement absente.

Avant de vous préciser cela, juste un mot sur le fameux détail : je percevais un parfum particulier, et, comme une extraordinaire intuition vous l’a fait deviner, ce parfum ressemblait à s’y méprendre à celui de Derambure. Pour le coup, je me suis dit que j’avais des hallucinations... olfactives ? C’était possible, ça ? En tout cas Maurice n’avait pu hanter ces lieux, récemment du moins, vu l’étroite surveillance dont il était l’objet.

La chambre baignait dans la pénombre, et Géraldine dans une demi-mort, voilà l’impression qui m’a saisi ensuite, et là il n’était plus question même d’un demi-sourire. Je me suis approché, elle dormait, elle somnolait plutôt, enfin je ne savais pas, on aurait dit une grande poupée dont les yeux n’auraient plus su se fermer tout à fait, ses cheveux blonds épars autour de sa tête semblaient y avoir été recollés à la hâte, lui appartenant ni plus ni moins que les tuyaux de plastique qui lui sortaient du corps, tout le bas de son visage était pris dans une espèce de muselière translucide et d’un blanc douteux façon tupperware percée de petits trous et comprimant une espèce de cataplasme à l’aide de courroies passant derrière les oreilles, s’il y en a parmi vous que ça excite je vous jure que n’était pas mon cas, je me suis penché, j’ai déposé un baiser sur le front de ma copine, elle n’a pas réagi, mais elle vivait, sa peau était, bien que blafarde, brûlante, je suis ressorti, par chance l’infirmière passait justement, Elle est inconsciente, j’ai fait. Oui, elle a répondu, elle dort. Avec autant de fièvre ? Oui, c’est l’inflammation, mais on contrôle. Vous contrôlez ; et les visites, vous les contrôlez ? C’est-à-dire ?

« C’est-à-dire ? »

Moi aussi, j’ai contrôlé. Les grands yeux attentifs et sexy de mon interlocutrice m’y ont bien aidé. Je l’ai attirée un peu à l’écart pour lui parler en confidence.

« Écoutez, j’hallucine. Cette jeune fille, là, on a essayé de l’assassiner. Vous le saviez pas ? Y a personne pour assurer sa protection, un flic dans le couloir ? Pour filtrer les visites ? Qui est venu la voir aujourd’hui ? »

Heureusement que je contrôlais, parce que je parlais de plus en plus fort. Un type en blouse blanche s’est approché.

« Y a un problème ? »

Je lui aurais bien demandé de retirer ses lunettes pour pouvoir le gifler, mais je contrôlais à merveille.

« Le problème, c’est qu’il risque d’y en avoir un énorme si vous laissez entrer n’importe qui dans cette chambre.

– Vous, par exemple ? »

Mieux valait que ce soit venu d’elle.

« Exactement. Je pourrais avoir des envies de meurtre. D’ailleurs...

– S’il vous faut un calmant, je vous le prescris », a fait le type, de l’air de dire que lui s’en passait allégrement.

J’ai pompé dans mes dernières réserves de patience.

« Vous vous égarez. Je ne m’en prends pas du tout à vous, mais logiquement la police aurait dû mettre en place un dispositif de protection. Vous voulez bien me laisser téléphoner au commissaire Laforgue ? C’est lui qui couvre cette affaire.

– Les téléphones publics sont au rez-de-chaussée. »

Je contrôlais encore ! C’est au bord extrême de l’irréparable que j’ai pu articuler sans sifflements excessifs :

« J’y vais. Mais vous, vous feriez bien d’aller ausculter ma copine, parce que si ça se trouve son assassin vient de passer lui porter le coup de grâce ! »

Il a haussé les épaules et il est parti.

– Venez », a fait l’infirmière en me prenant par le bras. Elle a eu le bon geste. Je ne sais pas quelle expression s’était peinte sur mes traits, mais elle a su l’interpréter. Elle m’a entraîné le long du couloir comme pour m’indiquer le chemin, et passé le premier virage elle m’a fait entrer dans un bureau vitré où se trouvaient deux autres infirmières, assises devant de grandes tasses à motifs poignants de niaiserie. Elle a décroché le téléphone et s’est tournée vers moi pour me demander le numéro. Les autres la regardaient d’un air réprobateur, l’une des deux avec quand même un soupçon de connivence égrillarde.

« Il n’est pas souvent là », j’ai fait, comme pour minimiser le dérangement occasionné. Mais, surprise, l’infirmière a tout de suite obtenu le commissaire.

« Oui, bonjour, hôpital Lariboisière. Je suis infirmière et j’ai là un jeune homme qui voudrait vous parler à propos d’une patiente admise cette nuit. Mademoiselle Parmentier, c’est ça. Il s’agit de monsieur... »

Elle m’interrogeait du regard, mais ça ne l’a pas empêchée de me tendre le combiné. Le commissaire avait déjà pigé. Les deux autres s’entreregardaient avec une intensité accrue, exclusive, leur collègue feignait de ne pas s’en rendre compte.

« Norbert ! Encore vous ! Vous êtes partout !

– Oui, et vous nulle part.

– Ça ne vous ressemble pas, ce manque de rigueur. Qu’est-ce qui vous met en colère ?

– La chambre de Géraldine n’est pas surveillée. On entre ici comme dans un moulin. On m’a juste demandé si j’étais de la famille !

– Pas surveillée ? Attendez, repassez-moi l’infirmière. »

Bien qu’il soit amusant d’écrire ce genre de dialogue à blancs, je préfère résumer celui-ci, parce que j’ai hâte de m’entretenir moi-même de certaines choses avec le commissaire. Ce n’est pourtant pas l’envie qui me manque de m’indigner, ni l’occasion, car, tenez-vous bien, ou, mieux, asseyez-vous, on va vous installer une chaise dans le couloir, voilà, ici, ça ira ? Eh bien ! c’est à croire que ça s’était passé comme ça avec le planton censé garder la porte de Géraldine. On lui avait proposé un siège, Bien aimable, c’est pas de refus, on lui avait trouvé un endroit agréable et où il ne gênerait personne, près d’une porte et même d’une porte de chambre, quant à savoir qui l’occupait, c’était autre chose, apparemment on s’était trompé de numéro, vous me direz que je n’ai pas de leçons à donner en la matière, mais enfin ni le personnel médical ni le flic ne s’étaient inquiétés une seconde de savoir si ce dernier remplissait correctement sa mission, et c’est au point que l’infirmière qui venait de se faire engueuler au téléphone (alors qu’elle n’y était pour rien) et qui est partie à la recherche de l’homme de garde en question a dû traverser tout le service pour le dénicher. Entre-temps, j’avais pu bavarder avec le commissaire, sans me soucier des marques d’impatience des deux nanas qui, leur café avalé depuis longtemps, ont fini par retourner travailler, me laissant seul dans le bureau.

« Alors, Norbert, ce que vous vouliez me dire ce matin ? »

Il s’agissait, vous vous rappelez, de mes appréhensions concernant Sophie Trunck. J’en ai fait état, ce qui était une manière de me réhabiliter à mes propres yeux ; je souffrais d’avoir transmis des informations à l’ennemi, même innocemment. Le commissaire a pris la chose au sérieux et m’a assuré qu’il veillerait sur ma camarade. Je n’ai pas récusé le mot, même si cette fille était restée pour moi une totale inconnue. J’étais tenté de réclamer pour elle une protection efficace, mais j’avais peur de froisser le commissaire, alors je me suis contenté de le remercier. Je n’ai pas non plus osé lui demander s’il avait pu y avoir une faille dans la surveillance dont Derambure était l’objet. Je ne voulais pas avoir l’air de douter de l’efficacité de la police, qui venait pourtant de m’en donner une solide raison. Il était de meilleure politique de souligner ses compétences, et c’est ce que j’ai fait.

« En tout cas, j’ai dit, ce n’est pas Derambure qui nous embêtera, vous l’avez dans le collimateur. De même qu’il n’a pas pu assassiner Isabelle, vu qu’il était avec nous à Étretat. À moins qu’il ait agi indirectement et à distance. Mais, s’il avait commis l’erreur de téléphoner à Paris de là-bas, vous le sauriez. »

Était-ce une illusion ? Le commissaire m’a semblé hésiter une fraction de seconde avant de répondre :

« Évidemment.

– Au fait, ils se connaissaient, Derambure et elle ? »

C’était une des questions que j’avais été chargé par le groupe de lui poser. Il allait répondre, mais l’infirmière a fait entrer un type qui ressemblait exactement à l’idée qu’on peut se faire d’un flic en civil, à ce détail près qu’il était rouge comme un collégien surpris à feuilleter une revue cochonne. Pour ne pas ajouter à sa confusion, j’ai quitté le bureau, et l’infirmière m’a suivi, en fermant la porte, ce qui ne nous a pas empêchés de percevoir, autant que les bafouillements du planton, les vociférations de son interlocuteur. Ça m’a donné le temps de réfléchir sur l’opportunité d’entreprendre celui-ci sur un certain sujet qui m’embarrassait fort depuis un quart d’heure, mais dont vous aurez la primeur, laissez-moi seulement regagner la chambre de Géraldine, puisque décidément personne n’en défend l’accès, et abandonner cette infirmière qui, je le sens, vous plaît bien à vous aussi. Un dernier échange quand même, pour avoir son avis sur les traces que Géraldine garderait de l’agression. Je pensais bien sûr à son petit nez, et je retenais mal mes larmes. Je n’ai pas eu le bilan de l’opération, elle a fait, mais le chirurgien passera dans la soirée. Pas avant ? j’ai dit, sans réussir à prononcer correctement ces trois syllabes. C’est votre petite amie ? Oui. Elle a appliqué sa main contre ma poitrine, elle l’y a laissée juste une seconde, en souriant. J’ai trouvé ça super émouvant. Et elle a tourné les talons, faisant claquer ses Scholl d’une manière très professionnelle.

De nouveau, j’ai frappé à la porte, je suis entré, de nouveau j’ai perçu ce parfum caractéristique, à croire que Maurice était tapi sous le lit. Je me suis approché de Géraldine, toujours plongée dans un faux sommeil, relâchée mais bouillante. Je me suis demandé si elle n’avait pas pu être agressée depuis son arrivée à l’hôpital, je voyais sans effort un salopard pénétrer discrètement dans sa chambre pour lui injecter un produit mortel, j’ai inspecté ses bras, son cou, les poches de liquide suspendues au-dessus de son lit, mais sa respiration régulière et son air tranquille malgré la fièvre m’ont rassuré, je me suis assis à son chevet, espérant être encore là quand elle se réveillerait et souriant à cette pensée, oui, d’accord, je vais vous dire ce qui m’avait tant affecté avant mon arrivée.

Non loin de l’entrée de l’hôpital, j’étais passé – à fond de train – devant la vitrine d’une boutique dédiée au mariage. De cet emplacement, il y avait de quoi s’amuser ; sur son opportunité, de s’interroger. C’était plus plaisant qu’un magasin de pompes funèbres, mais l’un n’eût pas empêché l’autre, je les imaginais tous deux bien symétriques de chaque côté du portail, et je regrettais de ne pouvoir savourer plus longuement cette vision quand j’ai dû prendre une mesure beaucoup plus énergique pour repousser un assaut d’une violence inouïe. Je crois que c’est la devanture du magasin avec ses robes de mariée qui l’a déclenché. Je me suis subitement souvenu d’une parole prononcée quelques jours plus tôt à propos d’Isabelle Messmer : Elle pourrait être mannequin cette fille.

Or vous vous rappelez qui avait dit ça ? C’est dans les Pigeons, vous vérifierez.

Qui, alors ?

Exact : le commissaire.

Quelle importance ? Mais dès cette époque il s’était renseigné sur Isabelle ! Il m’avait même donné son identité. Il ne pouvait ignorer que nous étions dans la même classe, ni, après nous avoir vus ensemble à l’enterrement de ma logeuse, que nous avions une relation plus personnelle.

Tout ça, je le savais au fond de moi, mais je l’avais occulté, et ça m’est revenu d’un coup.

Et ce qui m’est revenu en même temps, c’est que la veille, au téléphone, le commissaire m’avait dit n’avoir pas fait le rapprochement.

Ou il avait oublié – ça m’arrivait bien, à moi –, ou il m’avait menti – ça m’arrivait aussi. Simplement, un tel oubli, dans son cas, c’était peu crédible. J’avais plutôt l’impression qu’il avait compté sur ma distraction pour l’aider à me cacher ce qui m’apparaissait maintenant avec toute la force de l’évidence : il en savait beaucoup plus que je ne croyais sur cette affaire. C’était normal, remarquez, surtout si notre intuition à nous les jeunes était juste et que l’affaire en question débordât le cadre que nous lui connaissions. Et c’était normal aussi qu’il veuille préserver le secret de l’enquête.

D’où la nécessité de la nôtre. J’avais d’autant plus hâte que ma sœur et ma cousine nous livrent les résultats de leurs recherches sur d’éventuels crimes imputables au même assassin.

Tout en cogitant, je regardais Géraldine, son espèce de masque, ses paupières criminelles de dissimuler d’aussi beaux yeux. Et son petit nez, quand le reverrais-je ? Quand saurais-je s’il avait été endommagé ? Il disparaissait sous la gaze et le plastique, l’horrible orifice triangulaire permettant le passage de l’air n’en laissait rien deviner, ou alors il eût fallu s’approcher davantage, quasiment jusqu’au contact. Oserais-je ?

Vous ne l’auriez jamais deviné, j’ai osé.

Tout doucement, bien silencieusement, je me suis penché jusqu’à pouvoir regarder par l’ouverture comme par un trou de serrure.

En vain. Je ne distinguais rien. Il faisait trop sombre. Mais allumer, impossible. Je regrettais de ne pas avoir sur moi une de ces lampes de poche qui nous avaient servi à Étretat, ou à défaut celle de Clichy, nettement moins puissante mais probablement suffisante, quand la porte a commencé à s’ouvrir sans bruit.

Là où j’étais, entre le lit et la fenêtre, je n’avais qu’à me baisser encore un peu pour être invisible du seuil. Et ça a été une réaction instinctive, que j’ai regrettée aussitôt parce que donner l’impression de vouloir me dissimuler ne pouvait que m’exposer à la méfiance voire à l’hostilité du visiteur ou de la visiteuse.

C’était un visiteur.

Vous le connaissez en plus : le flic en civil.

Il venait enfin faire son travail.

Bon, il aurait pu rester dans le couloir et nous éviter cette situation grotesque.

Il n’a pas osé allumer, heureusement. Ça me laissait la possibilité de signaler ma présence avant que ses yeux s’accoutument à la pénombre. J’ai donc produit un discret toussotement, en espérant qu’il ne l’attribuerait pas à ma copine, puis, comme ça n’avait pas l’air de fonctionner, je me suis carrément dressé de toute ma hauteur. Avec un peu de chance, il me remettrait. Mais, soit qu’il fût particulièrement con à la base, soit que l’engueulade qu’il venait de s’appuyer – devant témoins ! – eût altéré un discernement dont tout indiquait qu’il n’était pas exceptionnellement développé, il n’a rien trouvé de mieux que de crier « Haut les mains ! » en allumant le plafonnier et en braquant sur moi son arme de service. J’ai pris conscience que c’était la première fois de ma vie qu’on en usait ainsi avec ma pomme, si ça ne vous est jamais arrivé je ne vous le souhaite pas, je peux vous dire que c’est très inconfortable, il m’est aussitôt venu des images de films que j’avais plus ou moins vus, j’ai pensé à Derambure et à Günther, providentielle prise de recul, je vais essayer de vous expliquer ce que j’éprouvais, indépendamment je crois du risque d’être touché ou même tué, un sentiment terrible d’oppression qui me renvoyait à mes crises les plus aiguës de claustrophobie, si c’est le bon diagnostic, bref, il fallait absolument que je me maîtrise, c’était le moment de contrôler ! sans quoi la folie prendrait le pouvoir, amènerait l’autre crétin à me tirer dessus, je savais qu’il en était capable. J’ai donc sagement levé les mains, tout en inspirant à fond, ce qui a eu un effet calmant salutaire, et en me faisant la réflexion que le commissaire devait être bien débordé pour nous avoir envoyé un imbécile pareil, je ne voulais pas croire qu’il fût représentatif de sa catégorie. Entre-temps, comme vous vous en doutiez, Géraldine s’était réveillée. Le plaisir de croiser son regard a été anéanti par la terreur que j’y lisais, et j’ai pensé que c’était sans doute réciproque.

« On s’est vus tout à l’heure », j’ai rappelé au flic, comme s’il me proposait une poignée de mains, mais dans ce cas on ne tient pas de flingue, puisque c’est paraît-il la signification et la raison d’être de ce geste, et on ne demande pas à l’autre de lever les bras, sauf goût prononcé pour les clowneries.

« Je suis un ami du commissaire Laforgue », j’ai ajouté.

Là, j’aggravais mon cas. L’autre m’a identifié comme le mouchard qui lui avait valu son savon. Il a eu un sourire carnassier.

« Je sais, il a fait, mais moi j’obéis à ses ordres, et personne ne doit entrer ici sans son autorisation. Or il ne m’a rien dit pour vous.

– C’est vrai qu’il faut vous dire les choses. Par exemple, que cette personne (je désignais du regard Géraldine) n’a pas besoin qu’on trouble son repos. Nous devrions sortir et la laisser tranquille.

– Vous ne m’avez pas entendu ? C’est le commissaire qui... »

Et il est mort.

 

(À suivre.)

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