Tous les pigeons s’appellent Norbert, 5

Publié le par Louis Racine

Tous les pigeons s’appellent Norbert, 5

 

Le mercredi est arrivé. Je suis parti encore plus tôt que les jours précédents, parce que j’avais rendez-vous avec Douvenou devant le bahut. Il me laisserait sa copie, je la lirais au café (il finançait) et la lui rendrais corrigée à la récré de dix heures. Du coup, j’irais peut-être en cours, pour une fois. D’accord, je n’avais pas fait ma dissertation, mais je comptais sur les circonstances pour obtenir un délai, et si ça se trouve la prose de Douvenou m’inspirerait, je modifierais ce qu’il fallait, je formulerais les choses mieux que lui, ce qui n’était pas difficile, et le tour serait joué.

Tout le monde bien sûr était au courant de ma situation, on s’écartait respectueusement sur mon passage, sauf mes meilleurs copains, qui au contraire m’approchaient avec des mines compassées, et bien sûr quelques connards qui ne se gênaient pas pour blaguer tout haut sur mon infortune voire ma supposée malice.

Douvenou avait l’air soucieux.

« Tu sais, si ça te pose problème, je comprendrai fort bien...

– T’en fais pas, va. J’en ai vu d’autres. »

Il m’a serré la main comme à un chirurgien capable de sauver sa mère, m’a filé cinq balles et est retourné plaisanter avec ses copains, pas sur moi j’espère.

Sa copie était nulle. Heureusement, je ne m’occupais que de l’orthographe. Les deux heures n’ont pas été de trop, ni les deux chocolats. Quand j’avais un doute, je recopiais au brouillon les graphies en concurrence jusqu’à ce que la seule valable s’impose. Il faut dire aussi que j’étais perturbé par ce sujet à la con : un mal peut-il être la condition d’un bien ? Douvenou prenait comme exemple la maladie : sans elle, pas de traitement, pas de guérison. Ce qui nous ramenait au chirurgien de tout à l’heure. J’avais envie de dire : sans l’incompétence de Douvenou en orthographe, je n’aurais pas pu me taper ces deux chocolats à l’œil. Puis je me suis laissé aller à réfléchir à la question inverse : un bien peut-il être la condition d’un mal ? Ma compétence n’aidait pas Douvenou à progresser. Le mal en l’occurrence c’était de la mettre au service de mon mécène. Ça m’a donné des idées pour mon propre devoir. Finalement le suicide de la Rondelle m’avait peut-être servi : j’allais rendre une dissert’ de philo.

À dix heures, j’ai regagné le lycée. J’ai remis son bien au mauvais, il m’a quasiment forcé à accepter un billet de dix francs en échange. Ça m’a plutôt revigoré pour aller négocier mon délai avec le prof, lequel me l’a spontanément accordé, m’a juste précisé que cette mesure de clémence ne pouvait être qu’exceptionnelle, et sans plus attendre a commencé son cours. Je suis allé m’asseoir au fond de la classe, d’où j’avais une vue d’ensemble et tout le recul souhaitable sur l’actualité pédagogique, mais aussi une belle échappée sur la rue et un angle de visée idéal vers la nuque d’Isabelle Messmer, dont je tenais à vérifier une fois pour toutes si j’avais le pouvoir de la faire se retourner en fixant cette partie de son anatomie ou si je devais au seul hasard ma performance du début de l’année.

Comme, malgré cette passionnante expérience, je m’ennuyais un peu, j’ai décidé de commencer à rédiger mon devoir. Je bouclais l’introduction quand, saillant du monologue magistral, un mot m’a fait sursauter. J’ai tendu l’oreille, guettant une confirmation. Je n’ai guère eu à patienter.

J’aurais été incapable de dire comment le prof en était arrivé à parler de René Laforgue, mais j’ai vu là un signe. J’en ai perdu le fil de mon raisonnement. J’ai essayé de le retrouver, mais les mots dansaient sur ma feuille. Mes propres mots ! Je les relisais sans les comprendre. J’ai fini par me lasser, par lever les yeux, les tourner vers la fenêtre, et là, aussitôt, j’ai distingué, immobile, debout sur le trottoir de l’autre côté de la rue, la silhouette à nulle autre pareille de mon magicien.

Même à cette distance, je voyais bien qu’il dardait sur moi les yeux, en souriant et en agitant son parapluie en guise de salut, non sans quelques courbettes. Ce petit manège s’est prolongé, je me sentais sourire à mon tour, le temps s’était arrêté, je baignais dans un grand silence et une douce torpeur.

C’est alors que j’ai pris conscience d’un autre regard posé sur moi.

Isabelle Messmer me contemplait bouche bée. C’est drôle, j’ai pensé, c’est en détachant mes yeux de sa nuque sans plus du tout songer à cette fille que j’ai obtenu l’effet escompté. Il doit y avoir là une loi. Je vais travailler dans ce sens. Et puis j’ai constaté qu’en fait toute la classe me dévisageait avec la même expression stupide, tandis que le prof s’était levé et, de sa lointaine estrade, m’apostrophait ironiquement : il se réjouissait de mon retour parmi eux, mais craignait que je ne sois revenu par la porte pour repartir par la fenêtre.

J’ai balbutié je ne sais quoi, en jetant un dernier regard vers la rue, vers mon magicien.

Il avait disparu.

J’éprouvais brusquement une grande détresse.

Puis j’ai entendu un élève glousser, d’autres à sa suite, ça m’a comme électrisé. J’ai lancé au prof :

« Il me semble quand même que Laforgue présente surtout un intérêt épistémologique. »

Le silence est revenu, mais pas mon magicien. Le prof me fixait, les sourcils froncés, les bras croisés. Il a articulé, détachant chaque syllabe avec une cruelle netteté :

« C’est ce que je viens de dire. Vous vous moquez de moi ? »

Douvenou m’a lancé une œillade consternée. Malgré ça, je me sentais très seul. Tout ce que je pouvais faire, c’était présenter des excuses et me tenir à carreau jusqu’à la fin du cours. J’en ai profité pour commencer le poème que voulais offrir à ma sœur comme cadeau de Noël.

Ça aussi, j’ai dû laisser tomber. J’étais trop troublé par tous ces événements. Peut-être que je n’avais pas besoin de beaucoup de sommeil mais depuis cinq jours je n’avais sûrement pas assez dormi. Une fois sortis du commissariat, Paula et moi, on était allés chez elle et on avait passé une partie de la nuit à discuter en buvant du thé. Je lui avais raconté en détail ma rencontre avec Jules Laforgue. Elle connaissait évidemment le poète et avait goûté l’homonymie. On avait fini par s’endormir tout habillés sur son lit après une étreinte très chaste. À l’aube, j’étais rentré à Clichy. Mais le pire ç’avait été la nuit de samedi à dimanche. Ma mère avait fait une crise de larmes et avait dû prendre un somnifère, ensuite c’est Annette qui s’était réveillée terrorisée par un cauchemar, j’avais eu le tort de mimer, à table, la tête de la Rondelle en suspension. Ma sœur apaisée et rendormie, je n’avais pas réussi à trouver le sommeil, alors j’avais relu des Pif Gadget jusqu’au petit matin. Je pensais récupérer dans la journée de dimanche, mais il avait fallu me chercher un nouveau logement. Comme la veille, ma mère avait passé plein de coups de fil, en vain. Finalement on avait décidé que j’habiterais Clichy, pas question toutefois de partager ma chambre avec ma sœur bien contente de se l’être appropriée, on était donc allés chercher un convertible chez le cousin Bourzeix. Et, lundi, alors qu’il aurait paru naturel que je m’accorde un petit congé, j’avais préféré regagner mon terrain de prédilection. Pour ma mère, je privilégiais le bac. En réalité, je ne me sentais bien qu’à flâner dans les rues de Paris, au quartier latin surtout.

Je n’avais pas revu Paula depuis le week-end. Il était convenu qu’elle serait la première à savoir ce qui se serait dit entre mon magicien et moi. On avait imaginé un dîner en tête à tête (à faire avaler à ma mère sous une forme adaptée), mais je ne pourrais pas dormir chez elle parce qu’elle avait du travail.

Je pensais à tout ça, évitant de regarder par la fenêtre pour ne pas me mettre mal à nouveau avec le prof, jetant juste de temps à autre un rapide coup d’œil dans la rue, des fois que qui vous savez serait réapparu. Mais non.

Sournoisement, subrepticement, une idée venait de repointer son museau dans les fourrés de mon esprit, où elle farfouillait sans vergogne, obsédante, déplaisante au possible, et d’autant plus qu’elle paraissait aller de soi.

À bien y réfléchir en effet, tous mes ennuis récents dataient de ma rencontre avec Jules Laforgue. Ce type que j’avais considéré d’emblée comme un ami n’était-il pas en vérité un être malfaisant ? J’avais beau me répéter qu’il avait pour frère un commissaire de police, je ne parvenais pas à vaincre mes soupçons rapport au suicide ou au meurtre de la Rondelle. C’était ce parapluie dans l’entrée. Je n’y avais pas fait suffisamment attention, mais il ressemblait beaucoup au sien. Et puis mes clés avaient disparu. Il avait très bien pu me les subtiliser pour s’introduire chez ma logeuse. Enfin la mention de son nom et son surgissement dans mon champ de vision venaient de m’occasionner des ennuis. N’y avait-il pas du Diable là-dessous ? Ce Laforgue-là m’avait conquis par son bon sourire. Mais de quelle séduction le Malin n’est-il pas capable ?

Jamais encore le doute ne s’était insinué en moi à une telle profondeur ni avec une telle acuité. Surtout, il commençait à modifier mon opinion sur Paula. Je ne m’étais ouvert qu’à elle de mes soupçons. Elle les avait toujours apaisés, avec une gaieté communicative. Mais cette fille si mûre pour son âge et incroyablement facile de relations ne pouvait-elle être une créature surnaturelle, une manipulatrice démoniaque ?

Mon angoisse est encore montée d’un cran. Je me suis vu entouré d’ennemis. Et soudain le visage de Joseph, ses lunettes noires et son rictus édenté sont venus s’imposer à mon imagination avec tant de violence que j’ai hurlé : « Arrête, conne ! »

Isabelle Messmer s’est retournée d’un bloc en criant elle aussi. Puis elle s’est mise à pleurer. Le prof m’a viré. Je me suis dit que si ç’avait été une femme, j’aurais eu du mal à la convaincre qu’elle n’était pas visée par mon intervention. J’ai pensé aussi à ce que je dirais pour plaider ma cause. Je ferais valoir la fatigue, les épreuves. Je raisonnais comme il faut, j’étais juste à bout de nerfs. Accompagné de la déléguée, je suis sorti sous les regards apeurés ou goguenards de mes petits camarades, ces gosses de riches pour la plupart, j’ai fait un clin d’œil à Douvenou, et arrivé chez le surveillant général j’ai fondu en larmes.

 

 

Comme prévu, l’incident a été vite clos. J’avais de solides arguments, tant mieux, car sinon on aurait certainement enquêté pour savoir si je ne me droguais pas. Or je me droguais, si l’on veut, comme beaucoup de mes camarades, à raison d’un ou deux pétards par semaine, d’un grain de crack de temps à autre, d’un ou deux comprimés de Valium ou d’Optalidon à l’occasion, ça n’allait pas plus loin, mais ça aurait suffi aux champions de l’ordre et de la morale pour me créer des embêtements. D’un autre côté, ma mère payait rubis sur l’ongle, malgré toutes mes défaillances j’avais parmi les profs des défenseurs, peu nombreux mais influents autant qu’irréprochables, pas la prof amoureuse ou le vieil anar, mais monsieur Graindorge, maths, et monsieur Klostermann, allemand. Le premier était persuadé que j’aurais mon bac, mais il s’exagérait l’importance de sa matière et le poids relatif de mes notes de français, pardon de vous avoir déçu, cher monsieur, mais quand j’ai décidé de ne rien foutre c’est du sérieux, le second me prenait pour un bon germaniste parce que je connaissais par cœur quelques poèmes en version originale et que ma prononciation n’était pas trop pourrie, désolé si j’ai pu faire illusion, maître, je ne voulais pas vous donner de faux espoirs.

On m’a autorisé à réintégrer le cours, mais ça sonnait dans cinq minutes alors je me suis dirigé vers la sortie. Je n’avais pas envie de revoir tout de suite mes condisciples, avec mes honoraires j’avais de quoi me payer un bon sandwich voire inviter Joseph à qui je devais en quelque sorte réparation, autant filer aux 4S, à pied bien sûr, pas seulement par économie mais parce que je n’ai jamais bien supporté le transport en boîte, que ce soit sous terre, sur terre ou dans les airs, quant au sous-marin je n’ose même pas y penser, bref, j’adore marcher, une chance.

J’ai fait un petit signe au portier, qui ne s’est pas méfié, si près de la sonnerie. Il m’a ouvert, et j’ai débouché sur le trottoir, parmi les péquins venus attendre au frais qui leur progéniture, qui celles ou ceux qui leur en donneraient une un jour, qui un frangin, une frangine, qui un simple copain, une simple copine, je m’arrête là parce qu’on va m’accuser de tirer à la ligne. Moi, personne ne m’attendait, et j’ai longé la rue en direction du bout de trottoir où j’avais aperçu mon magicien, c’était mon chemin, et c’est alors que j’ai vu, venant à ma rencontre, pas lui, non, mais son opposé en quelque sorte, je ne l’ai pas reconnu avant de distinguer son visage, et là j’ai compris qu’il était venu me cueillir à la fin des cours sans savoir que je sortirais en avance, il a dû me voir aussi car il a pressé le pas, moi instinctivement j’ai ralenti, puis j’ai repris mon allure initiale pour ne pas augmenter le malaise, néanmoins j’aurais bien aimé avoir plus de temps pour réfléchir aux enjeux de l’inévitable rencontre, plus qu’une poignée de secondes, pas de doute, c’était Jean-Guy, comme pour valider la sentence il m’a lancé un bonjour très sonore, très gendarme, rehaussé d’une pointe d’accent méridional et d’aménité, la Rondelle était parisienne d’origine mais je me suis rappelé qu’avec son défunt mari, natif d’Albi, la famille avait longtemps vécu à Toulouse, ça y était, j’étais devant lui, il n’avait pas une gueule des plus avenantes, on s’est serré la main.

« Vous êtes attendu quelque part ? » il a dit.

« À plus ou moins long terme, comme tout le monde », aurais-je répondu à un copain ou s’il s’était agi de séduire l’assistance, mais ce n’était ni l’un ni l’autre point. J’ai répondu par la négative en baissant timidement les yeux, pour qu’il croie que je regrettais la table de sa mère et sa mère elle-même et ne voie pas que je me réjouissais de cette probable invitation à déjeuner. C’en était une, en effet. Dans un sursaut de dignité, j’ai exhibé les dix francs de Douvenou, mais bon, je me suis laissé faire et on s’est retrouvés dans une grande brasserie à choucroute où on servait la bière dans des verres énormes, comme en Allemagne. Oui, ça fait coup sur coup deux références à l’outre-Rhin, je vous expliquerai !

On s’est regardés en chiens de faïence, mais ça ne désaltère pas son homme, après quelques gorgées de blonde alsacienne les langues se sont déliées, celle de Jean-Guy d’abord, c’était logiquement à lui de commencer.

« Alors comme ça, il a fait, tu es le fils de René. »

Vous, c’est le prénom qui vous a surpris, et peut-être le tutoiement. Moi, c’est qu’on me parle de mon père. Et que ce soit quelqu’un que je ne connaissais pas. Mais qui l’avait connu lui. Il m’a éclairé. Sa mère, la Rondelle, donc, était une cousine par alliance de ma grand-mère maternelle. C’est à ce titre qu’ils avaient été invités au mariage de mes parents. Le marié s’était lié avec le gamin qu’il était à l’époque, ils avaient causé spéléologie et correspondu un temps. Jean-Guy ne savait pas que mes parents s’étaient séparés. Lui-même avait hésité à sauter le pas, mais il venait de prendre sa décision, il divorçait d’avec sa femme. Elle ne s’était pas faite à la Nouvelle-Calédonie, à la vie d’épouse de gendarme, à la spéléo, à lui. Sa mère les croyait heureux quoique sans enfants, mieux valait en effet qu’ils n’en aient pas. Il finissait en revenant sur sa relation avec mon père, un type extraordinaire, pour lui un grand-frère, peut-être même un père. Et moi, qu’est-ce que je racontais ?

Tout en bâfrant, j’avais religieusement pris note de ces éléments, content d’apprendre que mon père avait pu en être un. De là à considérer Jean-Guy comme un frère, il y avait un gouffre, même si j’avais dormi pendant quelques semaines dans son lit. Je me demandais par ailleurs pourquoi il me faisait toutes ces confidences, et quel était le véritable motif de son invitation. Mais c’était mon tour de me répandre, j’ai roté un bon coup, saluant à la cantonade la qualité de l’établissement, une publicité comme une autre, et me suis lancé dans un vibrant hommage de ma logeuse. J’ai bien dû répéter vingt fois que son suicide me demeurait incompréhensible. Certes, elle ne causait pas beaucoup, elle s’exprimait de préférence en maniant ses casseroles, un genre de musicienne, ne parle-t-on pas de batterie de cuisine, je me suis gardé d’ajouter que ce qui accréditait surtout le caractère purement esthétique de ce remuement c’est qu’en matière culinaire elle était loin de faire le maximum, j’ai souligné à l’inverse qu’une de ses dernières activités, hélas interrompue, ç’avait été de me préparer un de ces dîners fins dont elle avait le secret, et puis j’ai dit tout le bien qu’elle ne disait pas mais qu’elle pensait manifestement de son fils, dont elle époussetait matin et soir la photographie, non, je n’en avais jamais vu de leur couple (comme s’il avait répété la scène, il a sorti de son portefeuille une photo de sa femme, et j’ai su me retenir d’éclater de rire en constatant que c’était le sosie d’Isabelle Messmer), elle m’avait bien recommandé de ne pas toucher aux affaires que son Jean-Guy avait laissées dans sa chambre, et qui tenaient dans un grand carton coincé entre l’armoire et le plafond, et je n’ai menti que par omission, car le carton je l’avais descendu et ouvert, mais regarder n’est pas toucher, et puis le moindre contact avec ces vieux jouets m’aurait levé le cœur plus sûrement que le beurre rance du dîner, et plus je m’employais à rassurer mon commensal, plus je me rendais compte que c’était ce qu’il demandait. Mes soupçons à son égard grandissaient d’autant. Encouragé par la bière, mais aussi par le souci qu’il avait marqué d’établir entre nous une saine camaraderie, j’ai joué mon va-tout.

« En fait... » j’ai amorcé après un silence.

« Oui ? » il a quémandé, avec une désinvolture mal feinte.

« Je n’ai pas dit la vérité aux flics.

– Ah ? »

Ce n’était plus mal feint, c’était à chier.

« Quand je suis rentré, vers sept heures et demie, j’ai trouvé la porte de votre maman ouverte. »

Là, il est devenu tout rouge, puis tout blanc, il a porté les mains à son cou comme s’il cherchait à se débarrasser d’un boa constrictor ou d’un tentacule de pieuvre, ses yeux se sont révulsés, et il s’est écroulé sur la banquette.

 

(À suivre.)

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