Tous les pigeons s’appellent Norbert, 26

Publié le par Louis Racine

Tous les pigeons s’appellent Norbert, 26

 

Le dimanche matin, on faisait le grand ménage, Annette et moi, jusqu’à ce que le fumet du poulet rôti puis des frites nous signale qu’il était temps de nous succéder à la salle de bains pour une toilette rapide. Même du temps où j’habitais chez la Rondelle la semaine, je me prêtais de bonne grâce à l’entretien du logement familial, une manière comme une autre de diminuer mon éloignement. Et, chaque fois que je passais l’aspirateur, antiquité maintes fois rafistolée dont je connaissais par cœur la psychologie, je pensais à Rémi. Je vous devais son histoire. La voici, brièvement, car nous avons un poulet au four, des frites entre deux bains elles aussi et une affaire criminelle à résoudre.

Rémi était le fils aîné d’une famille si modeste que ni ses parents ni ses nombreux frères et sœurs n’avaient vu la mer. Lui avait eu cette chance, grâce à son protecteur, dont il m’a souvent parlé. Mais il n’a jamais pu ou vraiment voulu me présenter à lui, ni me montrer la chambre qu’il avait occupée à titre gratuit au fond du sombre appartement, tout encombré de livres, de monsieur Calmejane.

Rémi était en CM2 quand son instituteur avait proposé cet arrangement à ses parents. Leur fils était de loin le meilleur élève qu’il eût connu. Il lui voyait un brillant avenir, mais pour cela il fallait qu’il monte à Paris. Aucun établissement scolaire n’était trop bien pour lui. Ce serait Henri IV ou rien. Il en avait parlé à un très bon ami à lui, un vieux professeur qui vivait seul et avait accepté de loger Rémi du collège à la khâgne. Voilà comment le petit provincial s’était retrouvé coupé des siens, dont il n’était évidemment pas question qu’ils quittent Aubusson pour la capitale. Il rentrait aux vacances. Et il mettait un point d’honneur, durant ses séjours dans sa famille, à prendre part aux tâches ménagères. C’était sa façon à lui de prouver qu’il n’avait pas renié son milieu. Quand je racontais ça à ma propre mère, elle en était transportée d’extase. Je crois que si j’ai tardé à inviter Rémi chez nous, c’est par jalousie.

Son protecteur aussi était tombé amoureux de lui, ça devait arriver. Rémi a dû prendre ses distances, mais les choses se sont relativement bien passées. À l’entrée en hypokhâgne, il est devenu interne. Il continuait de voir monsieur Calmejane, lequel le conseillait dans tous les domaines de la vie. S’il n’avait pas fini par se montrer un peu trop entreprenant, on aurait pu voir en lui un modèle de désintéressement. Rémi lui était plus que reconnaissant de ce qu’il lui avait apporté sur le plan intellectuel. Il ne l’évoquait jamais sans une émotion communicative. De même pour l’instituteur à qui il devait son élévation. Un jour peut-être je narrerai la suite de l’histoire, mais vous sentez cette bonne odeur de bouffe ?

Après le déjeuner, où Annette et moi on a réussi à éviter tout sujet délicat et surtout à ne rien dire de l’espion fantôme, j’ai obtenu l’autorisation d’appeler Paula à Clermont. C’était la première fois que j’entendais sa voix au téléphone. Surréaliste. J’avais l’impression de redécouvrir la modernité. Je refusais juste de comprendre que la bizarrerie que je sentais venait de ce que ma copine n’avait pas le moral. Je lui ai servi l’histoire du cartable, puis la rencontre chez Sadoul, puis l’illumination par les aveugles. Elle pigeait si vite que j’aurais pu croire que c’était elle qui m’expliquait les choses. Et pour finir c’est elle qui me les a expliquées ! C’est génial tout ça, elle a dit, tu vas faire du cinéma, bravo ! (Là, j’ai perçu chez elle ce que j’ai pris pour du dépit, alors que j’étais resté très évasif sur Paméla.) Mais, Norbert, je suis furieuse ! Pas à cause de cette fille sur laquelle tu restes très évasif, comme si ça pouvait me rassurer ! Non, c’est cet autre jeu que tu joues avec les flics. (Brusquement, il m’a semblé revivre l’engueulade du fameux soir.) Et je m’en veux de t’avoir accompagné donc encouragé dans ton délire. Il faut que tu ailles voir d’urgence le commissaire et que tu lui racontes tout, la porte entrouverte, le vol du cartable, etc. Il ne s’agit pas de choisir entre Jules et son frère, mais entre ta vie et... Je t’aime, Norbert ! »

Elle s’est tue, je ne disais rien, je ne pouvais pas. J’ai baissé les yeux sur le bout de papier que je faisais tourner entre mes doigts. C’était le plan dessiné par Jules et où, sur le quai de la gare, j’avais hâtivement griffonné le numéro de Paula, non loin de celui du magicien, tracé de sa petite main précise, et de celui de Paméla, calligraphié par mézigue avec un zèle qui maintenant me révoltait.

« Moi aussi, Paula », j’ai fini par articuler.

« Je n’aurais pas dû partir si tôt. Noël ce n’est que mercredi. Je t’ai laissé tomber. En plus ici c’est l’horreur. Tu sais quoi ? Je ne vais pas aller à Étretat chez Constant, je vais rester avec toi. Je rentre jeudi. D’ici là essaie de voir le commissaire. Et appelle-moi dès qu’il y a du nouveau. Une dernière chose : le voleur sait où tu habites, tu vois ce que je veux dire ? Promets-moi d’être prudent. »

Je lui ai promis et je lui ai souhaité bon courage pour affronter le climat familial de Clermont, que je sentais plutôt lourd.

« Plutôt, oui. Mes parents divorcent. »

Oui, tout se tenait.

J’ai raccroché. Ma mère et ma sœur regardaient la télé à bas volume dans le salon, des scrupules plus gros que les leurs me travaillaient. J’étais devenu un danger pour mon entourage. Si les flics avaient connu ce détail de la porte entrouverte, qui sait s’ils n’auraient pas depuis longtemps élucidé l’affaire ? Peut-être même Jean-Guy serait-il encore de ce monde. Ça, c’était beaucoup moins sûr, évidemment, c’était me torturer pour rien, pour le plaisir. Mais j’avais mauvaise conscience, et quand le téléphone a sonné j’ai pensé « C’est le commissaire ».

C’était lui. Il m’a reconnu, m’a salué, a demandé à parler à ma mère.

« Vous êtes sûr ? » j’ai fait. « Parce qu’elle ne s’est pas encore remise de votre dernier coup de fil. Et j’aurais, moi, des choses à vous dire.

– Moi aussi, mais on va commencer par votre maman. »

J’ai vu un éclair de panique traverser les yeux de la matouze, puis une lueur de colère, puis la curiosité l’a emporté. J’ai fermé la porte derrière moi et je suis allé m’asseoir près d’Annette sur le canapé. Quelques joies télévisuelles plus tard ma mère et moi on a opéré le mouvement inverse. Elle avait l’air soulagée. Je me suis isolé à mon tour.

« À nous deux, Norbert. Si j’ai osé vous déranger un dimanche, c’est que j’avais hâte de m’excuser auprès de votre maman de mes propos d’hier. J’en profite pour bavarder un peu avec vous. Vous avez cinq minutes ?

– Allons-y.

– Vous d’abord. Vous vouliez me parler. De votre cartable, peut-être ? »

J’ai accusé le coup.

« C’est votre frère qui... ? »

Trop tard, j’avais gaffé.

« Écoutez, Norbert, si vous pouviez vous souvenir de ne jamais évoquer ce personnage dans nos conversations, je vous en saurais un gré infini. Alors, ce cartable ? On vous l’a rendu ?

– Oui, vendredi après-midi. J’ai cherché à vous joindre, vous n’étiez pas là. Mais comment... ?

– Le patron du café où il a été retrouvé a téléphoné rue Fabert – au commissariat du septième. Il avait relevé vos coordonnées. Ce n’est pas qu’il n’avait pas confiance dans son client pour vous le restituer, mais il se sentait obligé de signaler le vol.

– Si je comprends bien, toutes les informations me concernant vous parviennent. On me surveille.

– Ou on vous protège.

– Contre les voleurs ? Pas très efficace comme protection.

– Vous préférez le receln ? La dissimulation ? »

J’ai saisi la perche.

Je lui ai dit pour la porte entrouverte. Dans la foulée, j’ai précisé que c’était apparemment ce détail qui avait causé le malaise de Jean-Guy au restaurant.

« Vous allez m’engueuler », j’ai fait. « M’arrêter, peut-être.

– Nous avons bien failli le faire. Nous savons que vous êtes entré chez madame Rondeau après sa mort. Mais j’apprécie cet aveu.

– Vous savez ? Comment ?

– Vos empreintes, Norbert. Sur le parapluie. Qui en portait d’autres.

– Celles de... ?

– De l’assassin, oui. »

Il m’a laissé souffrir quelques secondes avant de reprendre.

« J’ai envie de vous laisser une chance. En échange, dites-moi si vous n’avez jamais rien emporté de chez votre logeuse qui ne vous appartenait pas.

– Rien », j’ai fait. « Ou je l’ai rendu. »

Je pensais au portemonnaie.

« Concentrez-vous. Rappelez-moi dans un quart d’heure si c’est nécessaire. Je suis au commissariat.

– Non, ça devrait aller. »

Si je pouvais reconstituer une partie de go ou d’échecs, je devais être capable...

« Je sais ! » j’ai crié.

« Qu’est-ce qui se passe ? » a râlé ma mère.

« Je vous rappelle, j’ai fait. Le temps de vérifier quelque chose. »

J’ai couru dans le salon, contourné ma mère et ma sœur éberluées et protestant que je les dérangeais dans leur extase, et commencé à fouiller le petit meuble qui me servait de table de chevet. J’y avais fourré en vrac le contenu du baluchon des plus sommaires que j’avais formé le fameux soir. Dans la précipitation, j’avais attrapé ce qui me tombait sous la main, y compris l’unique bouquin que j’avais trouvé dans le carton des affaires de Jean-Guy, et que je m’étais promis de remettre en place après l’avoir lu, L’Île au trésor, un grand classique disait-on y compris comme film, donc un truc à connaître, bon, je l’avais emporté avec le reste, sans réfléchir, je me rendais mieux compte maintenant de ma malhonnêteté, et surtout...

En feuilletant fébrilement les pages, j’en ai fait jaillir un bout de papier portant une série de chiffres.

C’est tout juste si je n’ai pas enjambé le canapé pour retourner dans l’entrée. Ma mère était folle. Sans l’écouter, j’ai rappelé le commissaire.

« Déjà ?

– Il y avait un coffre chez elle ?

– Vous l’ignoriez ?

– Je ne mettais pas le nez dans ses affaires.

– Mais vous avez la combinaison.

– Comme ça on va savoir ce qu’il y a dedans.

– Nous le savons. Heureusement pour vous ils y sont encore.

– Quoi ?

– Les napoléons. Cent-six exactement. Elle était riche, cette dame. »

 

 

Jamais le commissaire ne le reconnaîtra, mais c’est grâce à son frère qu’il a pu coincer l’assassin de la Rondelle. Jules m’a tout raconté. Il avait filé le voleur jusqu’à son hôtel, avait réussi à fouiller sa chambre en son absence, y avait découvert cinquante mille francs en billets de cinq cents. Il a prévenu anonymement les enquêteurs. Ils sont allés interroger le suspect. Arrivé de Nouvelle-Calédonie la veille du meurtre, il était incapable d’expliquer le motif de son voyage comme l’origine de cet argent. Sa qualité d’amant d’Annabelle Rondeau a pu être établie. Ses empreintes ont permis de le confondre.

Quant à moi, je dois aux révélations de Jules, à nos séances de méditation avec Paula et aux confidences du commissaire d’avoir compris ce qui s’était passé le jour du faux suicide.

Annabelle savait par son mari trop confiant que la Rondelle était riche à millions. Il lui avait aussi parlé des napoléons. Ce magot secret parce que d’origine douteuse n’entrait pas officiellement dans l’héritage, qui à soi seul restait intéressant, mais le tout échapperait à l’épouse une fois le divorce prononcé. Peut-être même Gisèle n’attendrait-elle pas qu’il le soit pour se venger de sa vilaine belle-fille. Les deux amants ont décidé de l’éliminer avant même l’entrevue du fils et de la mère. Pour être reçu, l’assassin s’est présenté comme un ami de Jean-Guy. Il a tué la Rondelle, a déguisé le meurtre en suicide, et a entrepris de fouiller l’appartement, avec autant de minutie que de discrétion : il ne fallait pas éveiller les soupçons. Il a mis la main sur les billets (j’ignore encore où elle les avait planqués), mais n’a pu trouver la combinaison du coffre avant de devoir quitter les lieux. Jean-Guy n’allait pas tarder ; à un moment le téléphone a sonné, c’était lui, justement, pour dire qu’il arrivait ; pris au dépourvu, le voleur a répondu en faisant croire à une erreur, a raccroché et mis le téléphone hors d’état de sonner. Comme il allait partir, il m’a entendu monter. Il a cru que c’était le mari cocu. Pas question de se montrer – ils se connaissaient –, trop tard pour fermer la porte sans attirer l’attention. Il s’est contenté de la rabattre et de se réfugier dans les étages supérieurs – en oubliant son parapluie, qui portait ses empreintes. Dès que la voie a été libre, il a quitté l’immeuble. La suite, vous la connaissez.

Les premiers jours, Jean-Guy a réellement cru au suicide. C’est qu’il n’avait pas comme moi trouvé la porte entrouverte. Puis il a eu des doutes, a voulu vérifier que les napoléons étaient bien dans le coffre. Quand on a levé les scellés, que la famille a pu prendre de quoi préparer le cadavre pour l’inhumation, il a constaté la disparition du bouquin. Sa mère changeait régulièrement la combinaison, mais pas sa cachette, depuis longtemps convenue entre eux. Il m’a aussitôt soupçonné. Toutefois, me dénoncer aux flics c’était révéler l’existence du magot. Il a préféré me rencontrer avant. L’histoire de la porte entrouverte lui a fait un choc. Sa mère avait pu être assassinée. Il a dû penser à un coup de son épouse en relation avec son projet de divorce. Et il s’en est voulu au point de ne plus pouvoir supporter de vivre.

Vous vous rappelez le mot de Rémi : Nous sommes trop lâches, mon bon. J’ai pensé à l’époque que c’était par une forme de lâcheté que Jean-Guy s’était dérobé devant ses responsabilités. Plus tard, on a appris qu’il souffrait d’une grave dépression. Depuis son arrivée sur le Caillou, disent certains. D’autres soutiennent que ça venait de plus loin. Toute une histoire, qui s’explique selon eux par ses relations avec son père. Ce n’est peut-être pas un hasard s’il s’était attaché au mien.

Toujours est-il que Jean-Guy s’est suicidé. Pour de vrai. Sans laisser de message pour la postérité. De ça aussi il a été incapable.

Entre-temps, j’étais devenu l’objet d’un espionnage constant. Annabelle et son amant, qui n’avaient pas renoncé aux napoléons, se demandaient si je ne pourrais pas les mener au code. L’assassin a commencé à me surveiller, Jules a eu tôt fait de le repérer ; il a suivi les choses de plus loin, jusqu’à la récupération de mon cartable.

L’inconnu de l’appartement d’en face, c’était donc l’assassin. Il guettait une occasion de s’introduire chez nous. En attendant, il n’a pu s’empêcher de terroriser ma sœur. Ou il voulait l’intimider, ou il a cédé à ses penchants pervers. Le soir du couscous, il aurait peut-être profité de notre absence, s’il n’avait déjà été arrêté.

Je me suis demandé comment Annette réagirait en apprenant la vérité. Ben, je le savais, elle a fait entre ses sanglots, que ça pouvait pas être lui.

Le ticket du Vieux Campeur, c’est juste qu’il s’était acheté une couverture de survie pour le cas où il se gèlerait trop. L’autre couverture, celle qui lui servait de rideau, elle appartenait à son hôtel.

 

 

Les choses donc avaient commencé à s’éclaircir, mais Noël approchait et je n’avais toujours pas de cadeaux pour mes proches. Quant à les confectionner moi-même, je manquais d’idées et rester enfermé ne stimulait guère mon imagination. Dès le lendemain lundi je me suis donc mis en chasse, laissant ma sœur à la maison avec son mange-disques, l’album Lisette de ma mère et la télé. Ça me pinçait le cœur de voir qu’elle ne s’était pas fait de copines dans son nouveau collège, mais apparemment cette solitude ne lui déplaisait pas, en tout cas pas ce jour-là.

C’est pendant le trajet jusqu’au Petit Suisse que j’ai eu l’idée. Un trait de génie. Restait à convaincre le principal intéressé, mais c’était dans la poche ! Tout revigoré, j’ai longuement causé avec Jérôme, je lui ai raconté Paméla François, tout ça, j’étais joyeux, lui de son côté semblait ému que je tienne à payer ma dette, et me voilà reparti.

J’ai trouvé l’immeuble d’Isabelle Messmer moins imposant que la première fois. J’ai remarqué deux ou trois détails qui ne m’avaient pas frappé, une fêlure dans l’angle d’un miroir, une tache sur le tapis de l’escalier, un anneau de cuivre manquant. C’est Isabelle elle-même qui avait répondu à l’interphone, elle avait henni de surprise, en montant je sentais mon excitation monter elle aussi, j’ai entendu la porte s’ouvrir, Isabelle m’a presque happé à l’intérieur, puis m’a entraîné le long d’un couloir interminable et compliqué jusque dans sa chambre, sur son lit, je regardais autour de moi, luxe, calme et volupté, pas mal d’affiches, dont une reproduction des Mouettes de Nicolas de Staël, je connais ça, j’ai fait, sans préciser, elle ne m’écoutait pas, elle avait disparu. Isabelle ?

Elle a surgi devant moi, entièrement nue.

 

 

Que croyez-vous qu’il arriva ? Isabelle ne m’a jamais pardonné l’étrange ramollissement dont j’ai été affecté ce matin-là. Elle m’a à peine laissé le temps de me rhabiller avant de me mettre dehors. Pas question de lui demander le fin mot de l’affaire des caractères chinois. Je me disais ça en arpentant le trottoir du boulevard, ça m’a redonné le sourire, petit à petit je suis passé de la honte qui tord les tripes à une douce allégresse, la foule se densifiait, j’approchais des grands magasins, un père Noël s’abattait sur sa proie, un bambin les bras écartés sur son manteau en toupie, flash d’appareil photo, le mioche inconsolable, la mère en pétard, j’allais passer mon chemin quand j’ai croisé le regard du père Noël.

Et le regard c’est important.

 

(À suivre.)

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