Tais-toi quand tu parles, 2

Publié le par Louis Racine

Tais-toi quand tu parles, 2

 

En moins de deux Jules avait disparu dans la maison tel un rat. Je ne jurerais pas qu’il ne s’était pas faufilé entre les jambes de la matouze, mais je me méfie des effets de mon imagination associés à ceux des médicaments. Quand on l’a rejoint, moi bon dernier, on l’a trouvé penché sur Marie-Jo allongée sur le sol, le combiné du téléphone pendouillant auprès. Cette conne visiblement avait voulu s’asseoir et avait manqué le fauteuil.

« La petite pute ! Ah ! la petite pute, crachait-elle par saccades, si je me suis cassé quelque chose... »

Pendant ce temps des « Allô ? » de plus en plus pressants quoique nasillards résonnaient dans l’entrée. Marie-Jo a désigné le combiné à ma mère en la fusillant du regard, comme si elle était cause de tout ce cirque.

– Qui est-ce ?

– Roger. Il va te dire. La petite pute ! »

La matouze a pris l’appareil.

« Roger ? C’est Rolande. Qu’est-ce qui se passe ? »

Jules, jouant les experts en secourisme, ce qu’il était peut-être, tant cet homme regorgeait de talents, s’était mis à évaluer l’état de Marie-Jo, lui posant tout bas des questions, lui demandant d’effectuer certains mouvements. Quand il a été sûr qu’elle n’avait rien, il l’a aidée à s’asseoir dans le fauteuil, d’où elle n’a pas tardé à sévir de nouveau.

« Repasse-le-moi. »

Ma mère s’est dressée de toute sa hauteur.

« Pas avant que tu retires tes insultes. On parle pas comme ça de sa fille, ni même de sa belle-fille. »

Jules hochait la tête, hyper gêné mais solidaire, une main refermée comme machinalement sur une de mes cannes, craignant sans doute que je ne bastonne la mégère. Il a bien fait.

« Oh oui ! Donne-moi des leçons ! Quand on n’est pas capable d’élever son fils !

– Et la pilule ? C’est fait pour les chiens ?

– Tu entends, Roger ? Elle veut faire prendre la pilule à une gamine de quatorze ans ! Ah ! elle est belle, ta famille ! »

Sûrement que Roger entendait, mais nul n’eût ouï sa réponse.

Bon, je ne vais pas vous infliger la scène en détail. Je nous trouvais tous odieux, sauf Jules, qui souffrait le martyre sans pouvoir agir en quoi que ce fût. Il a fini par m’entraîner dehors, et on a fait les cent pas, moi un peu moins, au pied du perron, tout en devisant, obligés de hausser la voix pour couvrir celles des deux femmes, prêts à intervenir si nécessaire, surtout Jules, plus mobile et plus maître de lui.

« La Marie-Jo, quelle conne !

– J’ai bien peur, hélas ! qu’elle ne le soit pas au point que nous ayons quelque chance de l’influencer. Écoutez, Norbert, je suis vraiment navré de cette situation. J’y ai ma part de responsabilité, si, ne dites pas le contraire, vous le savez bien, j’ai été d’une maladresse insigne, vous m’accorderez aussi que depuis l’incident du restaurant j’ai tout fait pour m’amender, cela dit la partie se présente mal pour vous, qu’espérez-vous exactement ?

– De quoi parlez-vous ? De mes ennuis avec la justice ou de la grossesse de Carmen ? »

Il a grimacé. Jamais je ne lui avais vu cette expression. Ça m’a tellement impressionné que j’ai perdu l’équilibre et failli choir. Un bras court mais vigoureux m’a retenu.

« Attention ! Les fleurs de Marie-Jo. »

Fleurs virtuelles, en plein hiver. Mais il ne riait pas, même des yeux.

« Mon cher Norbert, vous semblez ne pas vous rendre compte que cette grossesse elle aussi peut vous valoir un procès. D’après Rolande, votre cousine n’a pas quinze ans. Vous êtes donc susceptible de tomber sous le coup de la loi, d’autant plus qu’officiellement vous êtes majeur. C’est d’ailleurs sur ces mots que vous m’avez quitté. »

J’en ai eu des sueurs froides.

« Elle vous a dit... ?

– Rolande m’a tout raconté.

– Vraiment tout ?

– Sous le sceau du secret. Non sans me préciser que mon frère était déjà au courant. Ni lui ni moi ne trahirons jamais sa confiance. Il est bien entendu par exemple que votre sœur ne doit pas savoir avant d’avoir atteint elle-même sa majorité. »

Ce n’était pas tout à fait ce dont la matouze et moi étions convenus. On avait parlé de la fin de l’année scolaire. Ma sœur était en quatrième et aurait quatorze ans en juillet, l’âge de Carmen. Ça ne m’avait pas semblé si jeune pour apprendre la vérité. C’est la matouze qui avait montré le plus de réticence, mais en même temps elle était pressée d’en finir, elle en avait assez de mentir. Bon, on s’était mis d’accord sur juin-juillet, pour l’anniversaire d’Annette, tiens. Tout d’un coup je concevais l’énormité de la chose. C’était monstrueux. Rien qu’à voir la façon dont j’avais réagi je pouvais me douter du traumatisme que ça risquait d’être pour ma petite sœur. Moins directement concernée que moi ? Tu parles ! C’était notre frère à tous les deux, le Norbert dont j’avais été nommé le remplaçant.

Ils avaient donc cent fois raison, la matouze et Jules, et peut-être aussi René. Mais – oh ! comme il me coûte de l’avouer – ça m’a mis en pétard que tout ça se soit décidé dans mos dos. Et, alors que j’avais commencé à me rapprocher de Jules, l’excellent Jules, avec qui je n’aurais jamais dû me brouiller, voilà que j’ai fait demi-tour pour embrasser la pire des résolutions.

Il ne m’en fallait pas beaucoup.

Mais je vais trop vite. Apprenez d’abord ce qui avait mis la Marie-Jo dans cet état. Vous l’avez peut-être deviné.

Ma cousine avait fugué.

Quand son père s’était pointé à son bahut pour l’embarquer comme convenu, on lui avait dit que mademoiselle Bourzeix était déjà partie.

Comment elle avait réussi à tromper la vigilance de ses gardiens ? C’est tout bête. La veille, ses parents lui avaient obtenu par téléphone une autorisation de sortie exceptionnelle, disant qu’ils viendraient la chercher en début d’après-midi. Un peu avant l’heure, elle avait fait appeler le lycée par un complice se faisant passer pour son père et prétendant l’attendre au coin de la rue, et hop ! salut la compagnie. À part ça personne ne s’était ému de la voir partir avec son bagage alors qu’elle était censée rentrer le soir. Vous imaginez le scandale. Une institution catholique d’excellente réputation !

Moi, cette histoire me laissait songeur. Carmen devait avoir formé son projet depuis plusieurs jours. Peut-être avait-elle eu d’abord l’intention de s’enfuir avec moi, ou du moins que ma visite surprise lui en avait suggéré l’idée, mais que quelque chose dans mon comportement l’avait fait changer d’avis. Elle n’avait pas eu assez confiance en moi. Ça, je pouvais le comprendre. Du reste, en admettant que ça me soit effectivement venu à l’esprit, je ne lui avais pas explicitement proposé de l’enlever. Le plus croustillant, c’est que je m’étais laissé ramener à la raison par l’attitude de ma cousine. Si j’avais su ! Je revoyais sa valise énorme, les victuailles dont elle l’avait garnie, c’était peut-être sa pratique habituelle mais ça n’interdisait pas de penser que sa fugue était déjà au programme. Du coup, ma visite n’avait peut-être rien à voir là-dedans. En tout cas j’ignorais où Carmen était allée, qui était ce mec qui l’avait aidée. Un jeune, un vieux ? Ne sachant pratiquement rien d’elle, je me suis mis à lui imaginer toutes sortes de fréquentations et d’aventures. Mais jamais, au grand jamais, je n’aurais eu à son sujet les mots de sa marâtre. Par égard pour les prostituées elles aussi. Je tenais déjà Marie-Jo en piètre estime, désormais je ne lui adresserais plus la parole. Et puis à aucun moment elle ne s’était inquiétée du sort de sa belle-fille.

Or il y avait de quoi flipper. Ne pouvait-on quand même parler d’enlèvement ? Ma cousine n’eût sans doute pas emporté ses affaires si elle n’avait pas fui de sa propre initiative, d’accord avec le garçon ou l’homme qui avait téléphoné, mais que savait-on de ses intentions à lui ?

Vous voyez, vous vous faites du souci. Eh bien ! confidence pour confidence, et là encore je ne suis pas fier de moi, j’éprouvais plus de jalousie que d’anxiété. Ça m’allait bien de conspuer Marie-Jo, moi aussi je ne pensais qu’à ma pomme. Il faut dire que Jules ne semblait pas croire au pire. Il m’avait communiqué, je ne sais comment, une espèce de calme. Je me suis même demandé s’il ne détenait pas des informations que selon son habitude il gardait pour lui, voire s’il n’était pas d’une manière ou d’une autre mêlé à tout cela. N’était-il pas le roi de l’illusion ? Ce soupçon ne faisait que renforcer en moi le sentiment d’avoir été joué et de l’être encore. Si sur ces entrefaites Carmen était parvenue à entrer en contact avec moi pour tout m’expliquer, je crois bien que j’aurais commencé par lui faire la gueule, et qu’éventuellement j’aurais continué.

Mais vous ne manquez pas de finesse, vous avez mieux compris que moi sur le moment ce qui m’arrivait, et vous m’êtes fidèles, alors maintenant que j’y vois plus clair je vous le concède de bonne grâce : je n’étais pas sûr de vouloir de cette condition de père que j’avais prétendu revendiquer.

C’est entendu, j’étais affaibli physiquement et moralement, j’avais toutes les raisons de douter de mes capacités, mais là n’était pas l’essentiel. Il me revenait des bribes de conversations avec des copains, de discours entendus ça et là, jusqu’en cours de philo ou d’allemand, sur ce que ça signifiait, ce que ça impliquait, faire un môme, je me rappelais m’être juré de ne jamais infliger l’existence à quiconque, moi qui m’y mouvais avec une aisance toute de surface et de mauvais aloi, dans une douloureuse, violente insuffisance, une servitude où croupissaient mes propres parents, lesquels par leurs erreurs et leurs mensonges ne pouvaient guère m’encourager à procréer à mon tour. Ajoutez à ça mes tendances paranoïaques – ne me sentais-je pas trahi par Carmen, par Jules ? –, vous reconnaîtrez que la balance penchait du côté de la dérobade. Sur l’autre plateau palpitait un pauvre cœur, bien trop patraque pour animer un héros.

J’en entends qui hurlent à l’imposture : on s’en fout de mon verbiage, de mes théories, le mal était fait, si mal il y avait, et j’y avais ma part de responsabilité, la moindre des choses c’était que je l’assume. Il ne s’agissait pas d’héroïsme, mais d’abdiquer l’égoïsme.

Oui, un autre Norbert peut-être aurait fait face, se serait démené pour que cet enfant naisse dans un foyer harmonieux, serait devenu du jour au lendemain un chef de famille digne de ce nom, pendant la grossesse de sa compagne aurait multiplié les petits boulots, économisant sou à sou, quitte à reprendre plus tard ses études, ne fût-ce que pour décrocher enfin son bachot. Qui sait même s’il n’eût su concilier les exigences de la Terminale et la nécessité de faire vivre son tout jeune ménage ? Oui, ce Norbert-là ne se fût pas abrité derrière de fumeux remparts, comme cette idée que s’il n’arrivait déjà pas à subvenir à ses propres besoins il en serait encore plus éloigné pour trois, il eût compris que c’était justement en relevant ce défi qu’il vaincrait définitivement son incapacité à se prendre lui-même en charge.

Mais ce Norbert-là n’existait pas, ou il était mort en très bas âge, et je ne le valais pas.

Vous m’en voudriez presque de ne pas me donner le beau rôle, de m’accabler. C’est pourtant la vérité, je n’ai pas agi ni réagi comme j’aurais dû. Que ma cousine doute autant de moi que moi-même – telles m’apparaissaient les raisons de sa fugue, qu’elle l’ait décidée avant ou pendant ma visite surprise – devait m’inciter à faire mes preuves, me galvaniser. Tout cela était peut-être délibéré. Et moi...

Une pensée que je n’avais pas encore eue s’est présentée à mon esprit avec une telle brutalité que j’ai vacillé, tandis qu’il s’y produisait un déclic assez sonore m’a-t-il semblé pour être entendu de Jules et de ses oreilles bien affutées.

Oh putain !

Ce complice, le type du coup de téléphone, ç’aurait dû être moi !

C’était à moi d’enlever Carmen. Bon, plus exactement, de favoriser sa fuite. Il n’était pas difficile, sinon de l’hôpital, du moins du café où nous avions déjeuné, d’appeler discrètement son bahut, puis un taxi, sans oublier une certaine personne que je vous dirai plus tard, qui accueillerait ma cousine et réglerait la course à son arrivée. C’était typiquement un plan dans mon style. Comment ne l’avais-je pas conçu plus tôt ? Carmen et moi on aurait repris là-bas forces et confiance avant de s’organiser pour l’avenir, d’affronter nos nouvelles obligations, d’aborder notre nouvelle vie.

Où, là-bas ?

Vraiment, vous donnez votre langue au chat ?

Guillaume vous remercie.

Ah ! mais vous pensiez peut-être aux Maillard. C’est vrai que j’aurais pu en profiter pour leur rendre leur fringues. Mais ça supposait que je m’en procure d’autres.

La matouze avait gagné : je n’étais pas en mesure d’élever ce chiard. Si Carmen s’en sentait capable, avec l’aide d’un autre, elle avait ma bénédiction, de même que l’autre en question s’il lui prenait le désir de reconnaître le môme. Le fantasme de propriété qui m’avait hanté quelque temps s’évanouissait comme un pet. Ce petit être qui grandissait dans le ventre de ma cousine ne m’appartenait pas, n’appartiendrait jamais à personne. On n’était plus au temps de l’esclavage. Ce qui importait, c’était de lui assurer une vie décente – et pour ça il y avait mieux que moi – ou de lui épargner une vie de merde – définitivement.

Vous êtes toujours là ? Sans vouloir vous flatter, vous avez bien du mérite. C’est vous dont il faut saluer le courage. Gardez-le, vous allez en avoir besoin.

À moins que vous préfériez vous taper le voyage de retour en Panhard.

On était là, Jules et moi, côte à côte ou plutôt tête à coude sur le perron, où on avait fini par ressortir tant l’atmosphère à l’intérieur était irrespirable, Marie-Jo cramponnée au téléphone et hurlant avec ma mère qui lui tournait autour en lâchant de temps à autre une exclamation de colère ou un rire assassin, à moins qu’elles n’échangeassent les rôles, notamment quand la matouze a enfin obtenu le privilège d’appeler Annette à Clichy, on promenait notre regard sur le parc correct aux mesquines pelouses, j’ai laissé le mien effleurer la Dyna Z, Jules l’a intercepté.

« Il vous déplaît, hein, mon Bucéphale ?

– Moins que son surnom.

– Je vous croyais féru de mécanique. Cette voiture est une merveille d’ingéniosité. Rapportée à ses performances, la cylindrée...

– Je sais, merci. Vous n’allez pas me resservir votre laïus de tout à l’heure.

– Évidemment, si vous aimez mieux les boîtes automatiques... »

Je n’ai pas saisi cette perche. Ça m’aurait pourtant intéressé, et vous aussi, de savoir ce que Jules savait. De faire avec lui le point, de recueillir ses éventuels conseils. Mais sa tranquillité, quoique relative, m’a suffi. S’il avait des choses à me dire, rien ne l’en empêchait. Je sentais en revanche croître en moi quelque chose comme un écœurement généralisé. Voilà pourquoi je n’ai pas remercié le petit homme d’avoir tu à ma mère mon équipée sauvage avec Caroline. Et, bien sûr, le sentiment de mon ingratitude m’a rendu encore plus abject.

Pour la première fois depuis le début de notre relation, Jules me semblait désemparé. Ça n’était pas fait pour me réjouir, sinon d’une joie mauvaise. Y compris quand il a dit, après une légère hésitation :

« Ne vous inquiétez pas pour votre cousine, elle a seulement besoin de se reposer quelques jours dans un endroit calme. Ce n’est ni au pensionnat ni auprès de Marie-Jo qu’elle aurait trouvé l’écoute ni le réconfort souhaitables.

– Auprès de qui, alors ? »

J’avais conscience de marquer ainsi comme Carmen m’était mal connue. Je m’en faisais presque une gloire. En tout cas, une excuse. Marre des cachotteries, hein, Jules ?

Mais pas plus que moi, à l’en croire, il n’avait idée de l’endroit où elle avait choisi de se cacher.

On était donc là comme deux pouilleux à attendre une improbable embellie à l’intérieur, en se gelant. C’eût pu nous rendre solidaires, mais vous l’avez constaté, la mauvaise graine en moi s’était mise à germer allégrement, insoucieuse des frimas, réchauffée par un terreau bien infernal. Solidaire, donc, on ne l’est pas tout seul, et Jules certainement n’eût pas mieux demandé que de m’assister, de ses conseils au moins, sauf que j’avais décidé de me débrouiller seul, et que solidaire, on ne peut pas l’être avec soi-même seulement, avec soi-même tout court.

Si encore j’étais demeuré sous l’emprise des analgésiques, vaguement sonné, diminué intellectuellement ! Au contraire j’avais recouvré mes facultés préférées. Dommage que je ne les ai mises à profit que dans une perspective aussi consternante. Mais c’est ainsi. Je commençais – enfin ! – à élaborer quelque chose comme un scénario. Petit à petit, les choses se mettaient en place, je voyais mieux où j’allais, je savais mieux ce que je voulais – moi, moi seul.

N’empêche que ça n’allait pas être de la tarte.

Pourtant le projet mûrissait, se précisait, avec quand même ses zones d’ombre du meilleur effet. Mais je me félicitais de pouvoir faire abstraction de certaines difficultés désormais négligeables. Exemple : Marie-Jo.

Pile à ce moment, la porte de la maison s’est ouverte et la maîtresse d’icelle est apparue, pathétique dans le désordre de sa toilette, tandis que derrière elle la matouze éructait quelque insanité.

« Ben restez pas dehors, elle a fait, vous allez attraper la mort. »

Je m’étais juré de ne plus lui parler, j’ai tenu bon. Je me suis tourné vers Jules.

« On va y aller, non ?

– C’est-à-dire ?

– On se casse.

– Sans attendre Roger ? » a glapi la pathétique.

« Cette couille molle ? » a commenté la matouze, apparaissant à son tour.

« Et ton René, c’est pas une couille molle ? »

Oui, ça ne vous peut-être pas frappé, mais c’était aussi le prénom de mon père. D’où une certaine gêne quand il était question du commissaire Laforgue.

Ma mère, vous le savez, détestait que l’on évoque son mari devant elle. J’ai cru qu’on était repartis pour un round. Cependant j’avais froid, j’ai poussé tout le monde à l’intérieur, fort de l’autorité de mes cannes, en criant :

« Je vais aux toilettes. À moins que Marie-Jo préfère que je compisse ses plates-bandes. »

Et j’ai mis le cap sur mon destin.

 

(À suivre.)

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