Tais-toi quand tu parles, 20

Publié le par Louis Racine

Tais-toi quand tu parles, 20

 

Le bar était plein à craquer. La tension de l’air égalait celle des nuques, toutes les têtes levées vers l’imminence de la révélation. Cinq... le sommet d’un crâne dégarni – merde ! Giscard –, quatre... un front, trois... deux... un... François Mitterrand est élu président de la République.

Une immense clameur. La liesse. La fête. La dernière, à l’heure où j’écris. (Nous sommes le 20 mars 1989. Hier, à l’issue du second tour des élections municipales, André Duroméa, sortant, a été réélu au Havre, dernière grande ville de France à avoir un maire communiste. Ce sera son quatrième mandat.) Le 8 mai 1988 n’a pas vu semblable joie. Loin s’en faut. Vous dites ? Le charme n’y était plus ? Ni l’attrait de la nouveauté ? Si ça peut vous suffire...

Retour au 10 mai 1981. La place de la Bastille envahie. Le concert. Toute une nuit à chanter, à danser, à embrasser des inconnus. On partait dans l’ivresse.

J’y étais, et j’ai vibré, plus qu’ému – chaviré par la folle ambiance.

Je me suis senti bien seul aussi, pour des tas de raisons.

D’abord j’avais vécu, comme témoin, certes, mais ça me donnait justement un certain recul, la révolution portugaise et la transition démocratique espagnole. La victoire de Mitterrand a ravivé en moi de récentes douleurs. En les exaspérant : il s’agissait de la France, du pays qui, que je le voulusse ou non, était le mien. Je l’avais quitté ignorant de la politique, j’y revenais plus instruit, grâce à mes lectures d’exil. Avec un aplomb détestable, un culot d’enfer, et souvent pour moi-même, faute d’interlocuteurs, je doutais ouvertement : on ne me la faisait pas.

Mon malaise se nourrissait de la conscience que j’avais de mon importunité. Il tournait au complexe du rabat-joie. Si j’ai applaudi à l’abolition de la peine de mort par Badinter, j’allais répétant que le Portugal avait cinq ans d’avance en la matière, et que la France était le dernier pays de la CEE à renoncer à cette barbarie.

C’est que Mitterrand m’était odieux, non sa personne, le pauvre vieux, mais tout ce qu’elle représentait de mépris de classe. L’homme ? Intelligent, certes, non dénué de faconde, mais surtout habile et parfois retors. Je me disais que j’avais toutes les qualités d’un tel Président, sauf le goût du pouvoir, dont cependant j’étais convaincu qu’il me serait venu très vite. Ce n’était pas ça le problème. C’était que dès le début, malgré l’état de grâce, ou derrière ce paravent de l’Histoire, malgré la bonne volonté de telle ou tel ministre et de bon nombre de députés, les classes laborieuses, auxquelles ce notable sans noblesse devait sa victoire, étaient en train de se faire couillonner.

Je n’avais pas connu mai 68, du moins pas directement. Il y avait bien eu cette agitation, ces grèves, tous ces discours autour de moi – mais pas chez moi, où mes parents étaient en pleine crise conjugale, où nous n’avions pas encore la télé, où mon père venait tout juste de rafistoler un vieux poste de radio qu’il nous a laissé plus tard mais qu’à l’époque il était le seul à écouter, où je n’attrapais de l’actualité que ce que me fournissait, grâce au même, Le Canard enchaîné, lecture discontinue parce que relativement clandestine et surtout en raison de mon excessive sensibilité (certains articles m’ont marqué à vie) – bref, il me manque cinq ans pour avoir été en phase avec ce printemps-là. Mais, indépendamment de la comparaison avec les souvenirs de ma parenthèse ibérique, j’ai eu très tôt conscience de la médiocrité, de la tristesse, de l’hypocrisie et de la mauvaise foi de l’ère Mitterrand. J’avais beaucoup menti et j’avais décidé d’arrêter. Je repérais mieux les bobards des autres et leur en voulais davantage.

Je ne songe évidemment pas une seconde à insulter l’espérance de ceux qui ont cru et œuvré ni à nier de réels progrès. Mais, en toute objectivité, et dans bien des domaines, la décennie qui s’est ouverte là aura été, en France, moins émancipatrice et inventive que la précédente. Les radios libres, par exemple, sont un merveilleux moyen d’expression, sauf que, cette liberté octroyée, il n’y a plus rien à exprimer. Il serait pourtant utile de dire et de répéter que tôt ou tard, si l’on n’y prend garde, le marché non seulement reprendra ses droits mais accroîtra encore son emprise en réquisitionnant tous les canaux. Il faut être incroyablement naïf ou malhonnête pour ne pas voir ou pour nier que peu à peu tous les médias ou presque redeviennent la propriété des milieux d’affaires à travers quelques grands groupes de presse ou pas seulement. Il est du reste extraordinaire comme le mot concentration peut en même temps renvoyer à l’horreur des camps et signifier pour certains, y compris des socialistes, le progrès par la rationalité. Et comme on oublie que laisser se concentrer les outils de production, d’information et de divertissement entre les mains de quelques entreprises privées, c’est nécessairement mettre en crise, à moyen terme, le capitalisme libéral, mais pas de manière à le renverser, non : en favorisant l’ultralibéralisme au plan économique, la dictature au plan politique. Modération, mon cul. Le ni-ni fait le lit de la démesure institutionnelle.

Quant à la création artistique, musicale en particulier, de cette période, elle ne vaut pas celle des années soixante-dix. Je parle de la France, bien sûr. Et je ne préjuge pas de la décennie qui vient.

Même Pilote était devenu chiant.

Il y avait pire. Il suffisait de lire Le Matin de Paris deux semaines de suite pour toucher le fond de la dépression. Les années quatre-vingt furent désespérément mollassonnes, gentillettes en apparence, en réalité perverses, toutes les libertés conquises en soixante-huit se délitaient peu à peu, ou n’en subsistaient que leurs avatars les plus dégueulasses, comme la complaisance à l’égards des pédophiles, des manipulateurs ou la participation des femmes à leur propre domination par les hommes. J’étais encore au Portugal quand a eu lieu à Lyon la révolte des prostituées menées par Ulla, je vous assure que ça avait de la gueule, là, ça bougeait, là, quelque chose était peut-être en train de changer. Dix ans après, on avait sombré dans une confortable indignation, loin d’être sortis d’une ère où les combats des opprimés étaient perdus d’avance, même (surtout ?) sous un gouvernement de gauche. D’un côté le fatalisme progressait ; de l’autre, l’extrême-droite poussait ses billes.

La liberté, c’était surtout pour les oppresseurs. Les opprimés payaient plus cher qu’ils ne croyaient le peu qu’ils en avaient grappillé. Et la licence de vos mœurs pouvait vous valoir d’attraper le sida. Il est vrai qu’une simple transfusion sanguine aussi.

En dehors de la lutte contre le VIH, le seul combat dont la naissance date de ces années-là et qui n’ait pas été initié en vain, c’est la lutte contre le silence entourant l’inceste. À pas lents et laborieux et insuffisants, tant l’adversaire est solide, un conservatisme dont la droite n’a pas l’apanage, ça avance. Mais nous n’en sommes qu’au début. Et je gage qu’en l’an 2000 il restera beaucoup de chemin à faire pour libérer la parole des victimes, juger les coupables, comprendre, prévenir.

Quant à cet autre fléau, le machisme, les violences que subissent les femmes, la génuflexion devant l’autorité masculine, il n’émeut guère l’opinion. On semble considérer que sous Mitterrand le problème ne peut être vraiment sérieux ou se réglera de lui-même.

Tel est le paradoxe de notre époque : parce que tout ne peut qu’aller mieux, on néglige de traiter le mal. Ou on l’ignore. On croit à la magie du socialisme. L’ennemi n’a même plus besoin de faire illusion. Il se renforce à l’ombre de notre candeur.

Je ne donne pas deux ans à Rocard pour être remplacé.

Par qui ? Badinter ? Bérégovoy ? Dumas ? Une femme ? Pour la première fois en France ? Mais quelle politique fera-t-elle ? Quelle Europe voudra-t-elle ? Quel pouvoir laissera-t-elle aux patrons ? À la finance ? Comment prétendra-t-elle réduire le chômage ? Tout en protégeant l’environnement ?

Nous sommes dans une impasse, parce qu’on a ouvert des autoroutes au capitalisme mondial. On continue, d’ailleurs. Et un beau boulevard aux fachos.

Comment ne pas déplorer que se soit ainsi étiolé le programme du Conseil national de la Résistance ? Vous savez quoi ? Les larmes de Mendès France étaient prémonitoires. Telles celles d’un père envoyant son fils mourir au front ou mariant sa fille à une brute ou à une crapule.

L’erreur d’une grande partie de la gauche a été de prendre la victoire de Mitterrand pour un aboutissement, alors que tout restait à faire et que l’ennemi (y compris les alliés de circonstance) ne dormait pas même d’un œil. À cet égard, l’état de grâce a été une cruelle mystification.

Je ne voudrais pas me faire plus malin que je ne suis. J’ai ma part dans ce désastre. J’étais décidé à contribuer, dans la mesure de mes moyens. Peut-être même étais-je un tout petit peu dupe – en tout cas je ne tenais pas spécialement à ce qu’on puisse m’accuser de sabotage.

D’une bien plus grande conséquence pour mon engagement ont été certains événements personnels.

Nous sommes le 10 mai, vers minuit, aux abords de la place de la Bastille. Je me suis lié à un type de mon âge, à la fois surexcité, cynique et tendu. Il n’a pu s’empêcher de venir faire un tour par là, histoire d’y être, jamais il n’a ressenti un tel enthousiasme collectif, néanmoins il doute et ironise autant que moi, alors qu’il n’a pas vu se faner les œillets portugais. Je crois surtout qu’il flippe parce qu’il était censé se coucher de bonne heure : demain il passe son dernier écrit de l’agrégation de grammaire (ça existe, ça ?), la version latine, une épreuve où il se défend, encore faut-il être en forme.

Comme il commence à me gonfler avec ses angoisses, je cherche à me débarrasser de lui. Sur un banc près de là est assise une jeune femme, vraiment jeune, au visage poignant de désespoir, d’un gris très clair mais terne, contrastant avec ses yeux fiévreux ; au même moment, je perçois une forte odeur d’éther. La fille voit que je l’observe et son regard devient franchement hostile. Je détourne le mien.

Pas assez vite pour ne pas remarquer qu’elle est enceinte.

Instantanément la révolte me submerge. Partagé entre deux élans, l’un vers la fille – il faut la tirer de là –, l’autre sous la première voiture qui passe. Je me mets à hurler, et le copain (j’ai oublié son nom) est obligé de me ceinturer. Puis il fait un truc totalement inattendu, il plaque sa bouche sur la mienne. Je me fige d’étonnement, il me relâche doucement, recule de quelques pas. « Calme-toi, il me fait, on n’y peut rien. » Je sens la vérité de cette parole, mais j’ai trop de colère, alors je me précipite sur lui pour le frapper, et au dernier moment je l’étreins et pleure contre son épaule.

On est bien restés comme ça cinq minutes. Les gens autour de nous passaient sans faire attention à nous, pas plus qu’à la fille du banc, qui s’était allongée, et dont on voyait qu’un des deux pieds était nu, malgré la crasse qui en colorait la plante.

Quand mes larmes se sont taries, ou que j’en ai eu assez de souiller de morve son manteau, j’ai remercié le copain : Va dormir, t’en as besoin.

Je l’ai raccompagné chez lui, à pied, il habitait un studio près de Censier, il m’a proposé de monter, j’avais ma défense toute prête, Je vais te faire perdre ton latin, il a souri, on s’est séparés sans se toucher, je lui ai seulement dit Merde et il a souri de nouveau.

Je ne l’ai jamais revu. J’ai appris par la suite que, conformément à l’oracle de la sévrienne, Mitterrand avait rajouté des postes aux concours de recrutement des profs. Si ça se trouve, le mec a raté sa version latine, ça lui a coûté l’agreg’, mais il a été repêché par le Président dont il avait trop fêté l’élection. Ou alors c’est un petit génie qui m’a embrassé cette nuit-là, il a été reçu premier.

Si ça se trouve, sans cette épreuve le lendemain, on aurait couché ensemble. Ç’aurait été ma première expérience avec un mec, sinon ma première occasion.

Mais je ne suis pas sûr d’avoir été dans les bonnes dispositions pour ça. Reste qu’il aurait pu profiter de mon désarroi, je n’avais personne à qui me confier. Et que, sans le savoir, il m’a aidé à retrouver mes esprits.

On allait traverser la Seine quand il m’a demandé où j’habitais.

C’est vrai, ça, où habitais-je ?

J’avais quelque espoir d’être hébergé par Agnès, une copine. J’avais fait sa connaissance en fouinant chez Gibert, à la recherche de bouquins sur l’Italie (faute d’avoir pu y aller, j’essayais de donner un tant soit peu de réalité à mon voyage imaginaire). J’avais passé deux ou trois nuits chez elle, dont une à lui caresser le dos pour la consoler d’un chagrin d’amour.

« Rue de la Huchette. »

On était maintenant sur le pont. Nouvelle question : qu’est-ce que je faisais dans la vie ?

C’est vrai, ça, qu’est-ce que je faisais ?

La réponse s’est imposée.

« J’écris.

– Quoi ?

– Mes mémoires.

– Tu as donc tant vécu ?

– Et pour cette infamie ! »

Ça l’a fait marrer.

« Écrire m’aide à vivre. Je crois même que je ne vis plus que par l’écriture. Ce que je prouve en écrivant ma vie.

– Alors ce ne sont pas des mémoires. Un journal, peut-être.

– Je reviens sur mon passé. Tu n’as jamais essayé ?

– Non, moi, je tiens un journal.

– J’y serai ?

– Certainement.

– Et la fille à l’éther ?

– Aussi. Et moi, je serai dans tes mémoires ?

– Certainement. »

 

 

De la rue du Fer-à-Moulin à la rue de la Huchette, le chemin était plutôt sympa, je suis passé par la rue Linné, la rue Jussieu, fier de ma mémoire, vaniteux que j’étais, à Maubert j’ai quand même eu un petit coup de flip, trop de souvenirs, sinon ça allait plutôt bien, je ne croisais que des gens radieux, ceux que chagrinait le résultat de l’élection ne traînaient pas dehors, occupés à se barricader ou à mettre leurs économies en lieu sûr, nos échanges de sourires me réjouissaient, en plus du fait d’avoir été désiré, mais surtout j’avais maintenant un projet.

Et quel projet !

J’esquivais mes remords : si je n’y avais pas pensé avant, c’est que je n’étais pas prêt. Mais je reconnaissais ma responsabilité dans le sort de Paula. C’est bien joli d’accuser les autres de déni quand on n’est pas capable d’admettre ses torts. Sans mon exil délibéré, elle n’aurait probablement pas eu le même destin. Elle serait peut-être agrégée, en poste à l’étranger, elle qui rêvait de l’École française d’Athènes. J’avais causé un beau gâchis. Eh bien ! Il n’était pas trop tard pour rattraper ça. Au moins montrer à Paula que je ne l’avais pas oubliée, qu’au fond je n’avais jamais cessé de l’aimer, que j’avais mûri, retrouvé mon équilibre, que je n’avais rien perdu de mes talents, que j’avais même considérablement accru la somme de mes connaissances et qu’avec mon dynamisme retrouvé, dans une période aussi porteuse, je pouvais espérer faire de grandes choses, auxquelles je serais ravi de l’associer, si elle le souhaitait, et si elle voulait encore de moi.

Cette pêche que j’avais !

J’étais tellement euphorique que si Agnès n’avait pas été chez elle ou m’eût refusé l’hospitalité j’aurais pris la chose en riant et serais allé dormir dans un square ou sous un pont. J’en aurais été quitte pour aller me décrasser aux bains-douches, une pratique à laquelle j’étais habitué depuis mon retour à Paris, ou à l’Armée du Salut, où pourtant j’avais juré de ne pas remettre les pieds. Tout m’aurait convenu, du moment que le lendemain je pouvais partir à la recherche de Paula. Tout, sauf de me manifester auprès de mes anciens amis. On verrait ça plus tard. Paula d’abord. Jamais je n’aurais osé affronter leur regard avant de l’avoir revue.

Et ta sœur ?

Haha. Oui, j’y pensais, vous pensez.

Plus tard aussi. Mais quand même, j’appellerais. La matouze devait être contente de la victoire de Mitterrand. Ça me ferait un prétexte. Je n’étais pas obligé de dire que j’étais à Paris depuis bientôt deux mois.

Et Carmen ? Et l’enfant ?

Bon, je vous trouve un peu casse-couilles. Mais je ne peux pas vous juger mal de mal me juger. Disons qu’à l’occasion de mon coup de fil, je demanderais des nouvelles de la Boissière. Là, ça vous va ?

Comment ? Non, je ne voulais pas voir mon fils. Encore moins depuis qu’un jour ma mère m’avait lâché, alors que je ne lui demandais rien, qu’il me ressemblait.

De toute façon, il était baptisé, donc sauvé.

Et moi j’apercevais déjà les fenêtres d’Agnès, au dernier étage. Elles étaient éclairées, celle du salon ouverte, comme de pas mal d’autres logis du quartier d’où jaillissaient de la musique et des éclats de voix. Elle devait faire la fête avec des copains. Tant mieux. Plus on est de fous.

Alors, mes aïeux !

La foudre ! Juste au bout de la rue ! Le ciel violet ! Un coup de tonnerre assourdissant, et le déluge ! Un de ces orages ! Historique ! Ça, c’était du baptême.

Je me suis engouffré dans l’immeuble et je suis monté. C’était un beau bordel là-haut, toutes ces chambres de bonnes, dont certaines étaient réunies en deux-pièces, comme chez Agnès, semblaient ne former qu’un seul appartement aux portes béantes, où l’on allait et venait, parmi les ris et les cris, à mon arrivée j’ai été intégré dans une troupe de jeunes dansant sur le palier et il m’a bien fallu trente secondes pour m’apercevoir que j’avais Agnès juste en face de moi. Elle riait tellement que je ne l’avais pas reconnue.

Finalement ce n’est pas chez elle que j’ai dormi, si j’ai dormi. Bon, c’était au même étage. Au matin elle est passée me faire un petit bisou avant d’aller bosser. Elle travaillait au secrétariat de la Sorbonne. Je l’ai vue à travers une espèce de brouillard. Délicatement, j’ai repoussé la fille blottie contre moi (elle, franchement, je ne l’avais jamais vue), je me suis levé, guidé par une délicieuse odeur de café et d’œufs frits j’ai abouti dans une chambre où autour d’une table minuscule deux nanas dont une à poil et un mec discutaient en chuchotant, du moins en essayant, le mec n’y arrivait pas, les filles lui faisaient régulièrement chut, mais ça m’a fourni un sujet de conversation.

« Tu es Brésilien ? »

On a sympathisé. Tous les quatre. Le type était batteur dans un groupe, la fille à poil (notre hôtesse) traductrice indépendante, l’autre fille pigiste à Libé. J’ai dit que je vivais de petits boulots, en attendant de pouvoir mettre à exécution un projet que j’avais.

J’ai tapé une clope à la pigiste.

« Je la fumerai plus tard. »

Je n’avais pas dit mon dernier mot !

 

(À suivre.)

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