Bakounine n’est pas rentré, 17

Publié le par Louis Racine

Bakounine n’est pas rentré, 17

 

Le temps de prendre conscience, j’ai eu l’impression d’être enfermé dans mon propre esprit, n’essayez pas d’imaginer ce que ça peut faire, c’est très désagréable, la pensée qui a suivi ne l’était pas moins, C’est moi qui leur porte la poisse, ou quoi ? Bon, j’ai retrouvé assez de lucidité pour demander :

« Elle est blessée ? »

À ce mot, les filles se sont tues, j’entendais les bruits d’eau dans la salle de bains tandis que le commissaire m’expliquait que Géraldine avait été agressée à son domicile vers quatre heures du matin, qu’elle avait eu plus de chance qu’Isabelle, que ses jours n’étaient pas en danger mais que l’intervention de son père avait été décisive. J’enregistrais chaque information sans vraiment l’interpréter, j’avais presque envie de dormir, ou de descendre du manège, Paula est venue agenouiller près de moi son regard doré, je lui ai pris la main, je ne savais plus où ni qui j’étais, je me suis rendu compte que depuis un moment je répétais les paroles du commissaire, après tout pourquoi pas, il pouvait penser que je le faisais exprès, à des fins de transmission, et Paula objectivement en profitait, d’ailleurs de sa main libre elle a noté le nom de l’hôpital, elle qui avait si bonne mémoire elle voulait évidemment donner le change, tromper l’horreur, montrer sa solidarité. Et quand j’ai eu raccroché elle m’a aidé à reconstituer l’enchaînement des faits, je crois que je n’y serais pas arrivé tout seul, m’étant reposé sur elle. J’étais tellement diminué que j’avais différé l’expression de mes craintes concernant Sophie Trunck. Le commissaire m’avait relancé : Mais vous aviez quelque chose à me dire. J’avais répondu que j’essaierais de le rappeler dans la matinée, que ça ne pressait pas. En fait, j’étais paumé.

Et puis la matouze allait paraître d’un moment à l’autre, elle verrait bien à nos mines qu’on était soucieux, peut-être même qu’elle avait entendu des bribes de la conversation téléphonique, il serait difficile de ne pas lui raconter Géraldine, de le faire sans lui parler d’Isabelle, et elle risquait de mal prendre qu’on lui ait caché cette première histoire.

Tant mieux pour vous, vous serez aux premières loges. Ma mère, qui pourtant était pressée de partir bosser, a trouvé le moyen de s’asseoir, ne me dites pas que vous qui n’avez rien d’autre à faire (à vous en croire) vous n’allez pas vous installer confortablement pour entendre avec elle le compte rendu naturellement très exact et complet de Paula. À qui je ne pourrai jamais assez témoigner ma reconnaissance pour tout ce que je lui dois.

Comme Isabelle, Géraldine avait été agressée pendant son sommeil par un inconnu. Mais elle avait réussi à lui échapper, elle avait appelé à l’aide et son père était accouru, mettant en fuite l’agresseur, qui était reparti par où il était venu, par la porte d’entrée, sans laisser sur place aucun indice qui eût permis de l’identifier. Bien qu’ayant allumé le plafonnier, le père n’avait pu voir ses traits, masqués par un foulard, il avait tenté de l’arrêter, en vain, l’autre l’avait écarté avec une grande violence, beaucoup plus agile et costaud que son adversaire, et quand quelque temps après j’ai rencontré le père de Géraldine j’ai aussitôt reconnu l’homme paisible et fluet que je m’étais imaginé ce jour-là.

Géraldine était donc vivante, mais elle avait été frappée, au visage notamment, et je ne pouvais détacher mon esprit de son délicat minois, plein de grâce aérienne, de son charmant petit nez retroussé, de son incroyable regard bleu, de ses yeux de ciel sur la terre. J’espérais de toutes mes forces que ma copine ne sortirait pas défigurée de cette agression, qui rappelait celle d’Isabelle par ses modalités. C’est justement pourquoi le commissaire s’y était intéressé en personne. Il ne m’avait rien révélé à ce sujet, se bornant à justifier sa présence sur les lieux par le fait que cette fois la scène du crime se situait dans son secteur, mais Paula et moi commencions à entrevoir les véritables dimensions de l’affaire. Je vous dirai bientôt, pour l’instant la matouze doit s’en aller, elle est presque en retard et vu ses rapports avec son patron en ce moment il vaut mieux éviter.

Un peu secouée par tout ça mais heureuse que ses enfants à elle soient hors de danger, et confiante dans la valeur professionnelle de René, après d’ultimes recommandations à sa fille et à sa nièce et des bises à tous, Paula comprise (oui), elle s’est mise en route.

Nous, pour faire le point, on avait besoin d’un nouveau petit dej’, le troisième, en ce qui me concerne. Les cousines n’étaient pas les moins excitées par l’idée de jouer aux détectives, et quand on leur a livré le produit de nos élucubrations on a vu leurs yeux briller d’un enthousiasme contagieux.

Vous vous rappelez les paroles du commissaire me remerciant de mon aide – sans plus d’explications. Vous vous rappelez aussi qu’il avait sur les bras une affaire ardue. À bien y réfléchir, j’avais pu l’amener à envisager une relation entre des crimes apparemment disjoints, mais qui avaient en commun l’absence de mobile. Ressemblance fortuite ou marque d’un lien plus solide ? Tous les quatre, on est vite tombés d’accord.

« Un tueur en série ! » s’est écriée Paula.

« Il s’en prend aux blondes ! » a complété ma brune de sœur. Sa blonde cousine a frémi, moins de peur que de plaisir.

« Le requiem des blondes », j’ai embrayé comme par réflexe. C’était le titre d’un de ces polars que lisait mon père, et tout ce que je connaissais de ce bouquin.

Déjà, avant les vacances, j’avais eu l’attention attirée par cette constance de la blondeur. Il ne s’agissait pas de meurtres – je devrais dire d’assassinats, car la préméditation ne faisait aucun doute –, mais dès cette époque Sophie Trunck semblait constituer le pivot d’un système dont la logique m’échappait complètement, et dont j’ai pu vérifier qu’il était en effet une simple illusion produite par le hasard. Depuis, le puzzle s’était compliqué d’une nouvelle pièce, le numéro de téléphone bidon.

Jules avait été le premier à supposer un rapport entre Isabelle et la mystérieuse visiteuse, que nous pensions maintenant être Sophie. Ceci bien sûr restait à confirmer, et il n’y avait rien de plus facile. Il suffirait de téléphoner à l’intéressée. Mais la hâte de savoir se mêlait en moi à une forme de dégoût. Je répugnais aussi à charger Rémi de jouer les entremetteurs, pour se racheter de la bonne fortune que je lui devais. L’idéal eût été de disposer d’une photo de la demoiselle et de la montrer à ma mère. Si vous avez une meilleure idée, ne vous gênez pas.

Le coup de téléphone que j’étais prêt à passer tout à l’heure, touché par une subite illumination, me paraissait moins utile maintenant. J’ai cependant jugé préférable d’en parler aux filles, et comme d’habitude j’ai eu l’impression que Paula m’avait devancé dans mon raisonnement. Mais ce qui m’a étonné, c’est que les autres avaient suivi le même. Vous aussi, peut-être.

Pourtant, il y avait un sacré hic.

On était à la fois comblés et frustrés. L’hypothèse d’un tueur en série avait tout pour nous séduire, et nous tenions le coupable, sauf que justement non. On voyait très bien Maurice dans ce rôle, et là il n’était plus question de vol, c’était autrement plus grave. Sophie Trunck avait été bien mal inspirée de convoquer Derambure dans son bobard. Ce simple détail et ce numéro bidon avaient déclenché une catastrophe. Par mon entremise. Moi aussi, à ma manière, j’étais un go-between. Derambure s’était affolé, et il avait éliminé une première blonde. Puis il en avait visé une autre. Dans les deux cas, des copines à moi. Toujours cette désagréable impression d’avoir servi d’intermédiaire, entre les victimes et un maniaque du renseignement.

Sauf que dans les deux cas Maurice avait le plus solide des alibis. La première fois il était à Étretat, la seconde, les flics le surveillaient.

Quelque chose décidément nous échappait. Cependant nous ne voulions pas renoncer à cette conviction, qui nous était commune, semblait-il, avec Jules : il y avait un lien entre la visite et les deux crimes. Lesquels s’ajoutaient à d’autres, et peut-être s’éclairaient par eux, comme nous l’avait laissé entendre la semi-confidence du commissaire.

D’où mes craintes au sujet de Sophie Trunck. Je ne la fréquentais pas, Maurice ne pouvait par moi remonter à jusqu’à elle, mais cette écervelée lui avait laissé de quoi se passer de ma pomme. Si Annette avait vu juste – or son explication nous avait tous convaincus –, il s’était seulement agi d’un coup de dé. Soit le message me parvenait, et elle avançait ses pions, soit il arrivait d’abord à Derambure, qui n’était pas censé le comprendre – un coup pour rien. Elle était loin de se douter que ce galimatias ferait sens pour lui.

Ce que j’avais pensé dire au commissaire, donc, c’est que Sophie Trunck était en danger. Certes, même pour un Derambure, la retrouver à l’aide des quatre derniers chiffres de son numéro de téléphone prendrait du temps, et voilà pourquoi je ne m’étais pas trop mis la rate au court-bouillon, mais tôt ou tard l’ennemi arriverait à ses fins.

Vous voyez, je continue à impliquer Maurice dans l’affaire, alors même qu’il lui avait été matériellement impossible d’agir. Quelque chose comme une certitude, renforcée de ce que nous la partagions, nous empêchait de le mettre hors de cause.

Beaucoup de questions toutefois restaient à résoudre, et nous en avons dressé la liste, que je reproduis ci-dessous. C’est facile, je l’ai sous les yeux. Pardonnez mon émotion en revoyant l’écriture de Carmen, qui, à notre grande surprise, sans exclure la sienne, s’était proposée comme secrétaire de séance. Quant à ses inadvertances graphiques, vous n’aurez qu’à les imaginer.

 

TUEUR DE BLONDES ???

 

Questions :

D’autres meurtres ou tentatives de meurtres de blondes à Paris ces derniers temps ?

→ Se renseigner auprès des agences de presse : A, C

Pourquoi fille blonde danger pour MD ? Rapport avec d’autres meurtres ?

→ idem

La fille au numéro bidon : ST, à 99% ; comment en être sûrs ?

→ N demande détails physiques à Rémi

Comment être sûrs de son mobile ?

→ ? (N refuse de l’appeler)

MD connaissait-il Isabelle ?

→ N demande au comm.

De quoi Isabelle avait-elle peur ?

→ En savoir plus long sur cette arme → N et P enquêtent avec l’aide de Jules et d’Alassane

MD a-t-il passé des coups de téléphone d’Étretat ? Complices à Paris ?

→ N en parle au comm.

MD a-t-il bien été sous surveillance toute la nuit de Géraldine ? Attention : agression vers quatre heures du matin.

→ idem

Comment le meurtrier a-t-il pu entrer chez les victimes ?

→ N ou P demande à Jules comment il a eu son passe ; modèle facile à trouver ? à utiliser ?

La dernière question était de loin la plus pénible :

Quel rôle joue exactement Norbert dans cette affaire ?

(Entendez : quelle signification donner au fait que les deux dernières victimes étaient de mes copines ?)

→ en discuter avec Jules ?

 

Il y avait un autre point à élucider, mais l’opération s’annonçait trop délicate pour trop peu de fruit. Vous aussi, vous aimeriez savoir ce que Maurice avait dit à ma sœur au téléphone. Vous en serez pour vos frais. En échange de ma promesse de ne plus l’embêter avec ça, Annette m’a juré que ça ne pouvait pas nous aider pour notre enquête. Le mieux que j’ai obtenu (et son expression quand elle a prononcé ces mots décourageait toute insistance), c’est : Ça prouve simplement qu’il est fou.

Du reste, vous m’accorderez que je n’ai pas pour habitude de vous dissimuler les informations nécessaires à l’intelligence du récit. Je vous les livre au contraire au fur et à mesure qu’elles me sont parvenues, et les rares fois où il m’arrive d’en retenir une quelque temps, c’est pour faire durer le plaisir, le vôtre comme le mien.

J’ai bien sûr un certain recul par rapport aux événements, mais ne croyez pas que cela me donne une supériorité particulière sur vous. Je suis souvent le premier étonné, quand je me relis, d’y avoir semé malgré moi tant d’indices que mon texte finit par être plus transparent pour quiconque d’un peu perspicace que pour moi. Magie de l’écriture.

Groupés autour de la table de la salle à manger, où on s’était transportés pour ce petit déjeuner de travail, on contemplait notre œuvre, agrémentée de mignons gribouillis, vous les imaginerez aussi, on n’était pas beaucoup plus avancés, mais regonflés à bloc par notre solidarité à toute épreuve, entre nous et avec Géraldine. Elle était devenue notre amie commune, et, si on ne projetait pas de débarquer en quatuor à l’hôpital, c’était pour la ménager. J’irais seul, Paula ayant d’abord pensé m’accompagner puis ayant changé d’avis. Je me suis douté qu’elle avait une idée derrière la tête, ce qu’elle a confirmé en prenant un air à la Paula. Attends, j’ai dit, les courses, on les fait ensemble. On s’était en effet tous deux vu confier cette mission par la matouze, qui avait invité Paula pour le réveillon, une grande première. Assurément, elle a répondu (il n’y avait qu’elle pour employer ce genre de terme sans que ça paraisse une blague ou un truc de snob). On n’a qu’à se retrouver à Saint-Lazare vers seize heures, on se fournira dans le quartier et on rentrera en métro.

Moi qui m’étais demandé à quoi on allait pouvoir employer notre temps après notre retour anticipé d’Étretat ! Toutefois le programme plus haut défini ne devait pas nous faire oublier nos devoirs à l’égard de Constant, et on a appelé l’hôpital de Nemours pour avoir des nouvelles de ses parents, qui devaient sortir le lendemain. On trouvait bizarre que notre copain ne nous ait pas téléphoné, mais peut-être qu’il l’avait fait et qu’il était mal tombé, à plusieurs reprises même, vu que depuis notre retour ça n’avait pas arrêté, les coups de fil plus ou moins tragiques.

Ce qui a été sympa, c’est que Constant était justement dans la chambre de sa mère, où on le tolérait bien que ce ne fût pas l’heure des visites, et qu’il a pu nous parler, sans toutefois trop entrer dans le détail sur l’état de la patiente, mais on a compris que sa sortie à elle il n’en serait pas question avant un moment, elle avait été beaucoup plus grièvement atteinte dans l’accident que son père, voilà pourquoi ils n’étaient pas dans la même chambre, lui il était tiré d’affaire, il gambadait, enfin façon de parler, sans doute que ce qui se profilait c’était que Constant le ramènerait le matin même, quitte à ce qu’ils retournent tous deux à Nemours en fin de semaine, peut-être aussi que sa mère serait transférée dans un hôpital parisien, on verrait.

Il parlait d’une voix lasse et contrainte qui ne lui ressemblait pas, et je lui ai demandé si on ne pouvait pas le joindre ailleurs plus tard, là où il logeait, mais il nous a dit qu’en fait il était rentré à Paris dès le dimanche soir et retourné à Nemours ce mardi pour aider son père dans ses démarches rapport à la voiture, à l’expertise, tout ça, et pour son éventuelle sortie. Je lui ai proposé sans réfléchir de réveillonner avec nous, il a refusé poliment, mieux valait qu’ils passent la soirée tous les deux ensemble, déjà que loin de sa mère ce serait dur (il s’est troublé, avec Paula qui avait pris l’écouteur on se regardait peinés), ce qu’il ferait, il nous rendrait une visite éclair vers les sept heures, ou carrément plus tard, après minuit, si on n’était pas couchés, Tu rigoles ? j’ai dit, et je lui ai demandé ce qu’il avait fait de son lundi parisien, histoire de causer, ça l’a achevé, il a baissé la voix, Mon père est atrocement chiant, je dois m’occuper des suites de l’incendie avec les assurances et tout, le voilà, je raccroche, je te rappelle dans l’après-midi.

C’était à vous dégoûter d’avoir un père.

Et le mien, au fait, où il réveillonnerait, et avec qui ?

Bon, je m’en foutais. Plus qu’aujourd’hui. Enfin, si à l’époque on m’avait posé la question, j’aurais dit : Je m’en fous. Mais c’est peut-être parce que je ne pouvais rien dire d’autre. Aujourd’hui je peux dire que je ne m’en fous pas tant que ça de ce qu’il vivait, et que si ça se trouve c’était déjà le cas, mais je ne peux plus rien pour lui. Sauf lui rendre ce bizarre hommage. La seule pente qu’il ait jamais remontée, au sens figuré, c’est celle-là : il est remonté dans mon estime. Mais quand je l’avais vu faire le trottoir en père Noël fin soixante-quatorze il y était vraiment tombé très bas, et le demi qu’il m’avait offert était loin de pouvoir sceller notre réconciliation.

Allez, on va rire maintenant.

Au déjeuner, sommaire pourtant et vite expédié, j’ai amusé la galerie, Carmen se marrait tellement que j’ai eu peur qu’elle nous fasse un malaise, Annette était au-delà du spasme, elle lévitait silencieusement dans une autre dimension, avec comme seul signe d’agitation ses narines palpitantes, Paula nous regardait en souriant les yeux écarquillés, ce qui lui donnait l’air d’une loutre en plein trip, que voulez-vous, on avait besoin de se détendre. Après, chacun s’est attelé à sa tâche, moi j’ai mis le cap sur l’hôpital Lariboisière.

J’avais oublié comme le métro pouvait être oppressant, mais en bus ç’aurait été trop long. J’étais de plus en plus ému, l’émotion m’aidant à surmonter l’oppression, comme si j’avais eu deux cœurs, deux corps, et puis la ligne est devenue aérienne, quelle bonne idée, enfin je suis descendu de la rame, j’ai dévalé les escaliers, pris la rue Papin, et brusquement, sans prévenir, un bourgeon qui sans doute y grossissait depuis un moment a éclos dans mon cerveau, y créant un joyeux bordel, mais pas le moment de flancher, pas le temps d’y réfléchir, Géraldine d’abord, voici l’hôpital, j’y entre en courant, je m’oriente sans presque rien demander à personne, comme je croise des gens avec des bouquets (à propos de bourgeons !) ou des cadeaux pour la plupart riches en théobromine je me traite de mufle d’arriver les mains vides, trop tard, on ne refait pas l’histoire, La chambre de mademoiselle Parmentier, s’il vous plaît ? Numéro tant ; vous êtes de la famille ?

La question m’a surpris, j’ai répondu je ne sais quoi et j’ai tracé tandis que quelqu’un criait dans mon dos, arrivé devant la porte j’ai frappé et je suis entré, malgré la pénombre et les pansements j’ai reconnu Géraldine allongée sur le lit, j’ai reconnu ses longues mains fines, je ne savais pas que je me rappelais si bien ses mains, elle a tourné la tête vers moi et j’ai pensé m’évanouir.

 

(À suivre.)

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